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Dans ce Face à Face, Amandine Gérard explique comment Arc Actions Rendement sélectionne des sociétés matures capables de retourner durablement de la valeur à leurs actionnaires. La stratégie combine filtres quantitatifs, analyse fondamentale, gestion active de l’exposition et recherche d’opportunités dans les valeurs de rendement.
<p>Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau Face à Face sur Zoom Invest. Alors que les valeurs technologiques américaines affichent depuis 3 ans des performances stellaires, c'est vrai que parler gestion rendement peut paraître un peu désuet. Pourtant, quand on regarde notamment les performances de la value européenne, dans lesquelles la gestion rendement peut être considérée comme très présente, cette performance est largement supérieure aux valeurs de croissance sur 3 ans, quasiment 35 % d'avance. Et donc on trouvait intéressant aujourd'hui de parler de cet univers. Et pour ce faire, nous allons recevoir Amandine Gérard, présidente de La Financière de l'Arc et gérante du fonds Arc Actions Rendement. - Bonjour Amandine. - Bonjour Gérald. Une première question: pour toi, c'est quoi le rendement?</p>
<p>Le rendement, c'est le retour à l'actionnaire dans son ensemble suite à la création de valeur de l'entreprise. Quand on parle rendement, pour moi on parle performance, on parle dividendes, on parle rachat d'actions principalement. Très bien. Du coup, j'imagine que pour dénicher les valeurs qui répondent à ces critères-là, on va mettre en place des filtres quantitatifs? Tout à fait, spécifiquement pour le dividende et la croissance du dividende. Et tu peux nous en dire un peu plus? Comment tu équilibres entre payout, par exemple, ce que payent les entreprises en termes de pourcentage de dividendes de retour à l'actionnaire, le pourcentage en tant que tel, le dividende, et cette croissance qui est importante? Quand on parle de dividendes, souvent on parle de sociétés matures, de forte génération de cashflow.</p>
<p>Le payout doit se situer à minima autour de 40 %, mais typiquement aujourd'hui, on a un portefeuille qui a un payout supérieur à 50 %, et donc supérieur à celui de son indice de référence. On regarde la stabilité de ce dividende sur un horizon passé entre 5 et 10 ans, et la capacité des entreprises à générer le cashflow nécessaire sans avoir recours à l'endettement, puisqu'on l'a vu par le passé, pour distribuer ce dividende, mais également le futur avec la croissance future de ce dividende ou à minima le maintien du rendement. Donc d'abord, des filtres quant qui vont déterminer un premier univers de valeurs éligibles à ce contexte et ces caractéristiques de dividende. Et ensuite, il faut les faire rentrer dans le portefeuille. J'imagine qu'il y en a beaucoup moins qui rentrent. De la watchlist au portefeuille réel, comment ça se passe?</p>
<p>Et qu'est-ce qui va discriminer les valeurs entre elles? La watchlist, c’est environ 400 valeurs. Pour cela, on utilise notamment les données de S&P et des sociétés à dividendes aristocrates, donc supérieures à 3 % de distribution. Après, on va se retrouver avec un peu moins de 200 valeurs éligibles au portefeuille. Comme on a une gestion assez concentrée sur ce fonds-là, on a un maximum de 60 valeurs en portefeuille et généralement on est entre 40 et 45. Aujourd’hui, c’est 42. Après, c’est une analyse classique des sociétés, sur leur business model, la pérennité, etc., pour arriver à ce fameux portefeuille de 40 à 60? Oui, après ça rentre dans le process classique de La Financière de l’Arc.</p>
<p>On a une gestion fondamentale et on attache beaucoup d’importance aux rencontres management toujours aujourd'hui, malgré le fait qu'on soit en environnement... Tu as le temps encore de rencontrer les entreprises ou de faire des réunions d'analystes qui te permettent d'accéder à ce management? On est trois gérants et on fait environ 250 meetings par an. Ça fait du boulot. Mais on peut les faire à distance, les communications sont plus normées des IR et des sociétés. C’est plus simple qu’il y a 10 ou 15 ans. Arc Actions Rendement est un portefeuille classifié actions internationales. Il est néanmoins éligible au PEA, donc il y aura toujours un minimum de 75 % d’actions européennes, mais tu peux t’autoriser à aller chercher d’autres choses, notamment des valeurs américaines. Tu parlais de rachats d’actions, peut-être qu’elles en font partie?</p>
<p>Elles en font partie, mais comme on a "ce minimum" qui n'est pas obligatoire, on essaie de tangenter à minima les 3 % de retour... C’est moins le cas car les sociétés américaines distribuent moins. Exactement. Il y a aussi le risque de change qu'on doit couvrir et qui a un coût. Aller chercher des sociétés hors PEAble, on va plutôt aller en Angleterre ou en Suisse aujourd’hui. J’ai vu, sur le dernier reporting disponible, que ton taux d’exposition est autour de 80 %. Tu utilises donc cette possibilité de bouger le curseur d’allocations aux actions. Comment ça se pilote, ce curseur? On a affaire à des sociétés matures. L’Europe continentale est notre zone de prédilection, notamment avec l’Allemagne et la France.</p>
<p>Aujourd’hui, il y a une instabilité politique en France, donc on réduit notre exposition à la fois avec le cash, qui est un véritable outil de gestion, mais aussi via des futures à titre de couverture. Vous vendez des futures sur indice pour diminuer le taux d’exposition quand nécessaire? Exactement. Je vais poser une question un peu provoc, il en faut. On sait tous que les ETF sont en plein essor, on entend des chiffres passer toutes les semaines là-dessus. Il y a de plus en plus d’ETF spécialisés, de niche, et des ETF dividendes. On a compris, il y a une différence potentielle avec un ETF dividende, c'est qu'il y a le taux d'exposition qui peut varier. Un ETF, lui, sera toujours investi à 100 % en actions, bien évidemment.</p>
<p>Pourquoi est-ce que je n’irais pas faire, au-delà de ce point-là précis, un ETF dividende qui me coûterait moins cher? Parce qu’on a une moindre concentration, quelque part. On parlait de l’instabilité en politique en France, aujourd’hui le secteur bancaire est très affecté. Il a surperformé. Dans le poids des indices, il est prépondérant aujourd’hui en zone euro. Donc tu vas te retrouver surpondéré très probablement en financière. Or, nous étions surpondérés en financière il y a encore 12 mois. Aujourd’hui, on a un alignement avec notre benchmark sur ce secteur parce qu’on a pris des profits. C’est là où la gestion active joue son rôle. Pour autant, on le sait, il est difficile de surperformer l’indice.</p>
<p>Mais depuis quelques années, depuis que le marché est moins directionnel, suite au changement de politique monétaire, ça a plus de sens d’avoir un fonds rendement. Tu parlais des financières. Si on sort un peu de ce secteur qui est très important dans tout ce qui est gestion value/rendement, quels sont les deux ou trois autres secteurs que tu mets en avant aujourd’hui dans le portefeuille? Et quels sont, au contraire, ceux qui sont moins représentés? On parle d’énergie forcément aussi quand on parle de rendement. C’est vrai que les télécoms ont surperformé, aujourd’hui on va aller plus vers de l’énergie. On a refait "de manière très manichéenne" du Total récemment, qui est redevenu la première ligne du portefeuille.</p>
<p>Et dans un marché un peu stressé comme actuellement sur le CAC, aujourd’hui Total est en hausse et nous permet d’avoir une approche défensive. Parce que c’est aussi ça. Dans ce fonds actions, les valeurs de rendement et la forte génération de cash que produisent ces sociétés matures, ça permet d’avoir une volatilité inférieure à une gamme actions classique. Total, c’est un bon exemple. Peut-être pour terminer, une dernière question sur un ou deux exemples de titres. Total, tu l’as évoqué. Peut-être un autre, moins emblématique, de la stratégie rendement que tu affectionnes en ce moment? On parlait du process de gestion global de la société de gestion. On a quand même un gros point qualitatif qui est le niveau de valorisation des entreprises.</p>
<p>Une société qu’on a récemment rentrée en portefeuille, c'est KONE, l’ascensoriste, qui a connu beaucoup de difficultés, notamment parce qu'elle était très présente sur le marché chinois immobilier. Aujourd’hui, il y a un nouveau management venu de chez Schneider, donc on sent de cette équipe de management l’envie d’impulser un projet long terme et une revalorisation du business de la société. C’est un cadre de retournement qui nous plaît, car on a un niveau de valorisation faible. On s’approche des 4 % de rendement, on a une histoire à raconter et on une vraie vision stratégique de la nouvelle équipe dirigeante. C’est rare sur ces niveaux de marché de trouver un potentiel pour nous à minima de 50 % sur un dossier à horizon de deux ou trois ans.</p>
<p>Si je comprends bien, et te connaissant, je sais tu aimes aussi les valeurs tech américaines, les semi-conducteurs, il y a aussi une vie en dehors de ces valeurs et en allant chercher des belles boîtes de rendement pour le fonds que tu gères? Tout à fait. C’est moins facile, on va dire, mais ça existe. En tout cas, on peut faire de la perf, vous pouvez aller voir, il y en a. Merci beaucoup Amandine pour ces explications. Et de notre côté, je vous donne rendez-vous très bientôt pour un nouveau numéro de Face à face. - Merci. - Merci Gérald.</p>