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Entretien avec Marc Riez sur « Baisse des taux / élections américaines : on entre dans une phase très propice pour les marchés..
Stéphane : Là, on est presque en famille, en direct de Patrimonia. Marc, merci encore de te rendre disponible pour venir répondre à nos questions. D’abord, la sempiternelle question : encore un Patrimonia qu’on partage ?
Marc Riez : Oui, encore un Patrimonia qu’on partage. Ça reste pour nous un moment important de l’année. Depuis qu’on se connaît, tu as vu que VEGA est passé de 2 à 19 milliards d’euros d’encours. On a bien fait de venir, même si je ne dis pas que c’est uniquement grâce à Patrimonia. C’est important pour nous d’aller à la rencontre des conseillers, des clients et de tous nos apporteurs.
Cela permet de prendre un peu la température du marché de la distribution, de voir les nouveaux acteurs, les innovations, la vitalité du marché, les cabinets qui se rapprochent les uns des autres. Il y a beaucoup de choses à suivre ici.
Stéphane : Parle-moi un peu du contexte. Il s’est passé pas mal de choses sur les taux, les élections, les risques géopolitiques. Quelle est ton analyse globale pour un CGP ?
Marc Riez : Pour nous, la période qui précède immédiatement une élection présidentielle américaine est toujours un peu perturbée. Nous avons donc allégé un peu nos positions à la fin du mois d’août, suite au rebond, dans la perspective de cette échéance électorale.
Par contre, on sait aussi qu’une fois que le président sera choisi, cela va redémarrer, quel qu’il soit. Que ce soit celui qui va baisser les impôts ou celui qui va relancer l’économie, ce sont en général des périodes très propices pour les marchés d’actions.
Cette fois-ci, c’est d’autant plus propice que nous sommes dans une phase où les grandes banques centrales ont commencé à baisser leurs taux d’intérêt. C’est très rare que les marchés actions ne répercutent pas le début de ces phases de baisse des taux, sauf s’il y a une récession vraiment importante. Pour l’instant, notre stratégie est de racheter juste avant les élections américaines pour être plus exposés dans cette période de fin d’année, où l’on vise un retour du CAC sous les 8 000.
L’idée, c’est donc d’alléger après le rebond pour revenir juste avant les élections et profiter de ces baisses de taux. Avec une inflation revenue près de 2,6 % aux États-Unis et près de 2 % en Europe, les taux d’intérêt n’ont plus rien à faire sur des niveaux de 4 %. Nous sommes confiants sur le fait que cette baisse des taux va continuer à se poursuivre et qu’elle va favoriser la valorisation à la fois des obligations longues et des actions.
Stéphane : Les annonces de la Chine et ses réactions dans les prochains jours ou semaines pourraient-elles avoir un impact sur cette tendance de baisse d’inflation et donc de baisse des taux ?
Marc Riez : Chez eux, il n’y a pas du tout d’inflation, donc je ne pense pas que cela ait un impact de ce point de vue. En revanche, leur économie nécessite vraiment des mesures de relance plus sensibles. Politiquement, un gouvernement chinois qui laisserait la croissance baisser serait vraiment menacé. Nous attendons donc, comme nos confrères, des mesures de relance beaucoup plus marquées sur la Chine.
Dans cette perspective, ce n’est pas tellement l’impact sur l’inflation qui nous inquiète. Jusqu’à maintenant, nous étions plutôt sur des valeurs défensives pour jouer ce ralentissement macroéconomique chinois. Et nous sommes en train de revenir sur des valeurs beaucoup plus cycliques, qui ont d’ailleurs bien morflé ces dernières semaines.
Je pense évidemment à l’automobile, au luxe, à certaines valeurs industrielles exportatrices, et dans une certaine mesure à certaines valeurs technologiques. Elles ont bien corrigé maintenant, et nous avons envie de jouer un peu un point bas, avec des bases de comparaison qui vont devenir plus favorables.
Stéphane : On sent l’ADN de VEGA, dans le bon sens du terme : l’opportunisme. Vous aimez participer à la croissance économique.
Marc Riez : On aime ça. Le jeu défensif, on le fait par période, un peu à contrecœur quand ça ne marche pas bien. Mais notre idée, c’est quand même de faire profiter nos clients de la croissance économique.
Stéphane : Pour finir, un petit tour d’horizon des produits que tu aurais envie de mettre en avant ?
Marc Riez : Pour les clients qui ont envie de se repositionner et de reprendre du risque, nous avons un très beau fonds de croissance actions européennes, VEGA Europe Conviction. Depuis le début de l’année, il a environ 11 % de performance. Il a déjà bien marché, alors que le CAC n’a pas fait grand-chose et les actions européennes non plus. Grâce au positionnement que nous avons fait évoluer pendant l’année, il a déjà bien marché et nous pensons qu’il a encore un beau potentiel sur les six à neuf prochains mois, avec un rebond des actions françaises et européennes.
Pour des clients plus timorés, nous avons une version plus prudente : VEGA Patrimoine. C’est un fonds 45 % actions, 55 % obligations. Pendant très longtemps, quand les taux étaient à zéro, toute la partie taux ne rapportait rien et pénalisait la performance globale du produit. Là, avec la baisse des taux d’intérêt, la poche obligataire de VEGA Patrimoine va elle aussi apporter de la performance. Pour un client qui veut s’exposer modérément, c’est un bon choix, parce que les deux moteurs du produit, actions et obligations, sont allumés.
Stéphane : On parle un peu des nouvelles technologies ?
Marc Riez : Tu penses évidemment à l’intelligence artificielle. Nous sommes convaincus que c’est une révolution extraordinaire pour les années qui viennent. Comme toutes les révolutions extraordinaires, cela ne se fait jamais de manière linéaire et tranquille. Il y a toujours des à-coups. Avec le ralentissement de la Chine, nous avons vécu un de ces à-coups.
C’est une thématique qui reste très intéressante à jouer. Il faut trouver des points d’entrée et les bons chevaux. Je pense que Nvidia va rester le principal canon de l’écurie.
Stéphane : Marc, merci encore.
Marc Riez : À bientôt.