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Le mini débat Actions / Obligations avec Adrien Barbanchon (M&G Investments) et Laurent Chaudeurge (BDL Capital Management) lors du MidSommar 2024 organisé par la CNCGP .
Benjamin : Bonjour, en direct du Midsommar de la CNCGP. Nous avons le plaisir de recevoir Adrien Barbanchon, de la société M&G Investments. Bonjour Adrien.
Adrien Barbanchon : Bonjour.
Benjamin : Et Laurent Chauder, de BDL Capital Management. Bonjour Laurent.
Laurent Chauder : Bonjour.
Benjamin : Messieurs, vous allez nous dire dans un premier temps dans quel contexte vos sociétés évoluent aujourd’hui, notamment le contexte politique et géopolitique, que ce soit les résultats des élections européennes ou même la potentielle victoire demain de Donald Trump aux États-Unis. Est-ce que cela a un impact dans votre gestion au quotidien ? Adrien ?
Adrien Barbanchon : Effectivement Benjamin, nous avions en 2024 un timing politique déjà chargé, et il s’est avéré qu’il y a pas mal de surprises. On a les élections américaines, les européennes ont été une surprise, et les législatives s’ajoutent en termes de date.
Tout cela va créer de la volatilité et de l’incertitude. On a des perspectives d’inflation qui se stabilisent moins vite que prévu, une croissance qui est toujours assez forte. Au niveau des investisseurs, ce sont des incertitudes qui vont créer des flux et des mouvements sur l’univers obligataire.
Nous trouvons cela extrêmement attractif. Nous allons être constructifs et positifs sur la classe d’actifs. Nous avons des équipes de gestion très larges dans le monde, 130 gérants analystes sur près de 200 milliards. Il va falloir s’adapter dans ce contexte, puisque la volatilité va aussi apporter des opportunités.
Sur l’univers obligataire, nous avons des socles de rendement, des bases de rendement élevées pour construire une allocation : environ 4 % sur les dettes d’État et à peu près 6 % sur les dettes d’entreprise. C’est la base, et c’est ce qui va déterminer la performance moyenne sur le long terme.
Sur le plus court terme, cette volatilité va permettre de créer de l’alpha et des arbitrages, puisqu’il y a de la dispersion au niveau des valorisations et des courbes de taux. Donc nous sommes plutôt opportunistes.
Benjamin : Merci Adrien. Laurent, pour vous, comment ça se passe ? Est-ce qu’il y a un impact ?
Laurent Chauder : Chez nous, à contrario de M&G, nous ne faisons que des actions, et seulement des actions européennes. C’est vraiment de la micro, de la rencontre d’entreprises. Nous ne sommes donc pas tellement sensibles au risque géopolitique.
Nous regardons évidemment les élections européennes et l’impact sur la France. Nous simulons sur le portefeuille l’exposition France, mais nous sommes moins sensibles que dans de grandes classes d’actifs.
Ce que nous voyons dans l’environnement actuel est favorable selon nous, parce que nous voyons la reprise économique en Europe. Les entreprises nous en parlent lors des points du premier trimestre. Elles nous expliquent que le déstockage est terminé. Nous voyons aussi une inflation maîtrisée, la BCE qui a commencé à baisser ses taux, les bénéfices des entreprises qui s’infléchissent à la hausse, et tout cela dans un marché de fusions-acquisitions et d’introductions en Bourse qui redémarre.
Pour nous, l’environnement macroéconomique est très favorable à la classe d’actifs actions.
Benjamin : Quelle est votre stratégie dans les prochains mois ? Vous en avez déjà un peu parlé, mais pouvez-vous entrer un peu plus dans le détail, sur l’Europe par exemple ?
Laurent Chauder : Traduire cette vision optimiste sur l’économie, c’est être exposé au marché actions. Nous avons un fonds long/short, BDL Rempart, dont l’exposition nette est à peu près à 60 % en ce moment. C’est plutôt dans le haut de la fourchette historique. Cela traduit cette opportunité macroéconomique.
Cela traduit aussi le fait que non seulement les conditions économiques s’améliorent, mais que les marchés actions européens restent décotés. On est quasiment à 30 % de décote par rapport aux marchés mondiaux, alors qu’historiquement on est plutôt à 15 %. C’est la première façon dont nous traduisons cette opinion positive.
La deuxième façon d’en profiter, c’est qu’à l’intérieur de ces marchés européens, il y a beaucoup de disparités et beaucoup d’entreprises, même large caps, très décotées, alors même que les marchés sont au plus haut. Il y a donc de vraies opportunités d’arbitrage entre des valeurs très chères et des valeurs très décotées.
Benjamin : Merci Laurent. Adrien, chez vous, comment se passe la stratégie dans les prochains mois ?
Adrien Barbanchon : Si l’on prend par exemple notre fonds M&G Lux Optimal Income, qui est en quelque sorte notre vitrine sur l’obligataire, puisqu’il est totalement flexible sur la courbe des taux et sur le risque crédit, nous avons dernièrement augmenté la duration. Nous maintenons une duration élevée, à près de sept ans, ce qui est élevé historiquement pour le fonds.
Tout simplement parce que nous avons des rendements et des portages très attractifs. Sur le crédit, nous avons à peu près 40 % sur l’investment grade. Sur le high yield, nous sommes de plus en plus sélectifs. Nous avons pris une partie de nos profits, nous sommes environ à 17 %.
Nous allons être extrêmement sélectifs pour avoir des sociétés résilientes, capables de faire face à leur coût de refinancement. C’est l’un des gros enjeux de la fin de l’année 2024 et de 2025.
Ensuite, nous allons opérer des arbitrages entre le marché primaire et secondaire, les différentes zones géographiques et les secteurs, parce que la volatilité a occasionné de très fortes dispersions. Il y a donc des distorsions au niveau des valorisations, et pour une gestion active, c’est une vraie matière première à travailler, source d’alpha pour les années futures.
Benjamin : Dernière question, messieurs. Dans ce contexte, quelle solution ou quel produit mettez-vous en avant en ce moment, et peut-être pour les semaines et mois à venir ? Adrien, on commence avec vous.
Adrien Barbanchon : Le véhicule peut-être le plus long terme et le plus utilisé par nos partenaires, qui correspond à une délégation de gestion sur l’obligataire, reste M&G Optimal Income Fund, accessible partout. Aujourd’hui, il offre 4,5 % de rendement, avec une notation entre triple B et A, donc une amélioration de la qualité de notation.
Pour un investisseur qui chercherait plus de rendement en allant sur le high yield avec un peu plus de risque, nous avons un fonds qui s’appelle M&G Lux Global Floating Rate High Yield, référencé dans la grande majorité des contrats.
Sa particularité, c’est du high yield, avec environ 80 % de senior secured, donc une bonne garantie du capital. Nous avons un rendement de 9,5 %. Autre particularité : ce sont des taux variables, donc il n’y a pas de duration.
La question qui se pose, avec les incertitudes politiques et d’inflation, c’est l’évolution des taux, de l’inflation, des annonces de banques centrales et des impacts des futures élections. Un investisseur qui chercherait à se protéger totalement du risque de taux peut y trouver une très belle solution dans une allocation, également décorrélée des autres fonds obligataires.
Benjamin : Merci Adrien. Laurent, j’espère que vous allez me dire que c’est plutôt actions.
Laurent Chauder : C’est évidemment plutôt actions. C’est le fonds dont je parlais juste avant, BDL Rempart. C’est notre fonds historique, avec 18 ans de track record et plus d’un milliard d’euros d’encours.
C’est un fonds long/short actions européennes, avec trois moteurs de performance : la poche longue, qui achète des entreprises sous-valorisées ; la poche short, qui vend des entreprises trop chères ; et l’exposition longue aux marchés dont nous parlions.
Sur les trois dernières années, le fonds fait un peu plus de 9 % par an. Grâce à cette variabilité de l’exposition nette, il peut permettre d’accélérer ou de ralentir en fonction des chocs de marché, y compris potentiellement des aléas politiques ou géopolitiques.
Vu l’incertitude actuelle, je pense que c’est le bon fonds pour investir en ce moment.
Benjamin : Messieurs, merci beaucoup. On vous souhaite un très bon Midsommar, de belles rencontres avec les partenaires CGP, et à très bientôt sur Zoom Invest.
Adrien Barbanchon : Merci beaucoup.
Laurent Chauder : Merci, à bientôt.