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Entretien avec Kelly Herbert sur Dette privée, fonds sur les ABS… M&G Investments apporte ses expertises historiques dans les actifs..
Stéphane : Je suis très content de vous recevoir tous les deux, Kelly et Adrien. On va reparler de vos actualités, de vos produits et du marché M&G. Adrien, M&G à Patrimonia, tu peux nous en parler ?
Adrien Barbanchon : Bonjour Stéphane. Tout d’abord, nous sommes ravis d’être là sur Patrimonia. C’est le grand retour de M&G. Nous revenons en force avec un stand tout nouveau, beaucoup de digitalisation et de connexions à nos partenaires. Nous sommes venus en force, avec 12 personnes.
La France reste un marché stratégique pour M&G Investments. Nous avons près de 4,5 milliards d’euros au total, dont 2 milliards sur nos partenaires intermédiaires : les indépendants, les réseaux. C’est extrêmement stratégique et nous couvrons différentes expertises : les actions, les obligations, les actifs privés, l’impact avec l’ESG et différentes thématiques.
Ce que l’on voit, c’est un retour de nos partenaires, énormément d’échanges et de questions. Ils sont à la recherche de solutions et surtout de conviction. On sort un peu des carcans des allocations d’actifs que l’on a connus pendant un an, peut-être trop typées fonds euros. Ils recherchent de la valeur ajoutée dans leurs allocations. Nous développons aussi les actifs privés, ce qui suscite beaucoup d’intérêt.
Stéphane : C’est aussi important d’être sur place pour prendre la température du marché retail.
Adrien Barbanchon : Le marché retail est extrêmement concurrentiel. C’est là où M&G est très bien positionné. Nous avons une marque emblématique, nous sommes parfaitement référencés dans l’ensemble des contrats d’assurance vie sur nos fonds actions et obligations. Nous continuons d’innover en apportant des solutions sur les fonds datés, sur les actifs privés, et sur des fonds obligataires avec plus de rendement, ainsi que des solutions d’attente par rapport aux fonds euros.
Le marché cherche des relais de performance après s’être peut-être trop longtemps positionné sur la gestion passive ou sur des solutions garanties en capital, que ce soit le fonds euro ou d’autres. En termes de perspectives macroéconomiques, beaucoup se posent des questions.
Stéphane : Quels sont les gros marqueurs macroéconomiques sur lesquels vous allez avoir un œil dans les prochains mois ?
Adrien Barbanchon : Il y a une tendance très claire : la croissance économique est visible, stable, en expansion. C’est le premier point positif. Le deuxième point sur lequel nous avons une vigilance particulière chez M&G, en raison des expertises que nous mettons en avant, c’est l’inflation et l’évolution des politiques monétaires des banques centrales.
L’inflation va rester à des niveaux plus stables et plus faibles. Elle sera supérieure à ce que l’on a connu dans les décennies passées, mais il n’y a plus de risque d’emballement. Les banques centrales ont toute la marge de manœuvre pour poursuivre les baisses de taux, ce qu’elles ont commencé à faire. La Fed a même surpris avec une baisse de 50 points de base, supérieure aux prévisions.
Aujourd’hui, le marché du travail est un peu challengé, notamment aux États-Unis. La Fed doit continuer d’agir. On avait très peur des ménages américains et de leur consommation. On voit que les réserves de dépôts ou de cash sont épuisées : ce qui avait été mis de côté a été consommé. Cela ne pourra plus emballer l’inflation. Au niveau des revenus, il y a moins de pression, car le marché du travail est plus challengé. Les ménages restent endettés, notamment via les cartes de crédit et les coûts de refinancement.
La Fed doit donc agir, et la BCE également. Nous avons des indicateurs très clairs de baisse de taux. C’est profitable pour les actifs de duration, les obligations d’État que nous renforçons dans nos portefeuilles avec des durations longues, et également les infrastructures.
Stéphane : Kelly, peux-tu nous parler des actualités que tu as envie de mettre en avant ?
Kelly Herbert : Adrien a commencé à en parler, mais nous avons une actualité chargée. M&G, dans le paysage français, est évidemment très connu sur le retail, notamment avec le travail que nous faisons depuis plus de 15 ans auprès des CGP. Mais nous avons aussi plus de 90 milliards d’euros sur les actifs non cotés, qui étaient plutôt le privilège des clients institutionnels, et auxquels nous allons pour la première fois donner accès.
L’actualité, c’est que nous avons lancé il y a quasiment un an un best of de la dette privée. Pour les premiers investisseurs qui aimeraient aller sur le non-coté, nous avons le fonds M&G Credit Opportunities, avec une liquidité mensuelle, qui donne aujourd’hui un rendement entre 9 % et 10 %. Cela apporte de la décorrélation et du rendement.
Dans un environnement de taux qui va être en baisse, cela va peut-être laisser de la place aux investisseurs pour aller sur des actifs plus risqués ou décorrélés. Les actifs et marchés privés sont très bien positionnés. Ce sont des stratégies sur lesquelles nous avons en général des track records de plus de 20 ans.
Nous venons également avec une stratégie qui demandera un peu de démystification : les ABS. Nous lançons un fonds avec une valorisation quotidienne, investment grade double A. Pourquoi est-ce intéressant aujourd’hui ? Parce qu’aller sur les ABS donne globalement le double du rendement que vous pourriez avoir sur la même obligation double A traditionnelle. C’est un rendement aujourd’hui d’environ 5 %. C’est une stratégie idéale, même dans des contrats d’assurance vie, pour de la liquidité ou de l’attente. C’est une stratégie innovante que nous avions depuis plus de 20 ans pour notre clientèle institutionnelle et que nous mettons à disposition du plus grand nombre.
Enfin, pour aller chercher du rendement aujourd’hui, il y a les émergents. Les annonces de la Chine en début de semaine devraient plutôt soutenir cette région. Sur la dette émergente, vous avez encore des rendements de 9 % à 10 %. Nous avons un fonds un peu go anywhere, qui peut investir dans les corporates, les taux, les devises locales et les devises dures. C’est vraiment le gérant et son équipe qui allouent en fonction de l’environnement de marché. Encore une fois, ce sont des rendements quasiment à deux chiffres sur de la dette plus classique, mais dans les émergents.
Stéphane : Si vous deviez chacun citer un fonds avec lequel repartir de Patrimonia, lequel choisir ?
Adrien Barbanchon : Chez M&G, il y a une classe d’actifs sur laquelle nous sommes très reconnus et historiquement présents. Notre véhicule phare, c’est M&G Optimal Income. Sa vocation est de s’adapter quel que soit le contexte macroéconomique.
Il a très bien bénéficié d’une première petite baisse de taux, mais surtout du resserrement des spreads de crédit et du portage. Il a procédé à des arbitrages : il a allégé, pris des profits sur le crédit, notamment sur le high yield, pour être un peu plus défensif et sélectif. En revanche, nous augmentons assez considérablement la duration. Nous étions à sept ans, nous sommes maintenant à 7,3 ans. C’est une duration très longue qui devrait bénéficier de la baisse des taux, en plus du portage. La gestion active sur plus de 300 lignes en portefeuille devrait permettre d’apporter du rendement, du portage et de l’alpha.
Kelly Herbert : Je vais partir du côté actions, sur un fonds qui a été fortement plébiscité : les infrastructures cotées. C’est une classe d’actifs qui a été chahutée ces 18 derniers mois, parce qu’elle est perçue comme très sensible aux taux, en partie à juste titre. On voit d’ailleurs un très bon rebond ces derniers jours et ces dernières semaines.
Les infrastructures, si vous avez un horizon d’investissement à cinq ou dix ans, représentent des flux très conséquents, parce que tous les gouvernements et tous les partis politiques, partout dans le monde, sont d’accord sur les investissements nécessaires. C’est donc vraiment structurel.
Cela correspond aussi à beaucoup de besoins en termes de caractéristiques d’investissement d’un portefeuille. Aujourd’hui, vous avez des revenus indexés à l’inflation, du dividende, avec un dividende embarqué sur la stratégie de 4,5 %. C’est généralement très décorrélé de pas mal de classes d’actifs. C’est une stratégie globale, elle-même exposée à plusieurs secteurs d’activité, qui donne une exposition à une croissance structurelle assez forte à venir.
Stéphane : Parfait. Merci à tous les deux pour cet exercice. Bon salon, à très bientôt.
Kelly Herbert : Merci beaucoup.
Adrien Barbanchon : Merci.