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L’interview de Frédéric Leroux, responsable Equipe Cross Asset, Gérant, à Patrimonia. Carmignac souligne le retour en force de la gestion active dans un cycle marqué par l’IA et l’inflation.
Stéphane : Je reçois le représentant d’une société de gestion qu’on ne présente pas, la belle maison Carmignac. Frédéric, bienvenue.
Frédéric : Bonjour.
Stéphane : Je ne crois pas que ce soit ton premier Patrimonia, mais comment ça se passe cette année ? Il y a beaucoup de monde.
Frédéric : Tu me poses toujours la même question tous les ans. Je crois que je l’ai fait quasiment depuis le premier. En tout cas, 2003, je m’en souviens, peut-être 1997 ou 1998 si ça existait.
On sent toujours le même enthousiasme, la même énergie. Il y a probablement même encore plus de monde dans les travées que d’habitude, mais je pense que c’est dû à la météo. Il y a moins de gens qui font terrasse sur les marches.
C’est un bon événement, et le moment est bon aussi pour nous. Je suis très content d’être là parce que je pense que les investisseurs et les partenaires comprennent l’intérêt d’une vraie gestion active dans une économie dont le cycle revient.
Stéphane : Tu le sens comment, le contexte ?
Frédéric : Le contexte, je le sens cyclique. Il y a deux idées importantes à avoir en tête. D’un côté, il y a l’IA, qui focalise un peu les attentions de tout le monde. Si vous n’en avez pas dans vos portefeuilles globaux, vos performances ne sont que ce qu’elles sont.
Tout le monde sait qu’un jour ou l’autre, il y aura parfois des corrections. Mais aujourd’hui, c’est vraiment la tendance de fond. Nous avons toutes les semaines des nouvelles extrêmement importantes qui arrivent dessus et qui semblent justifier que l’on reste exposé à la thématique.
C’est une partie du portefeuille. L’autre partie sur laquelle je focaliserais nos intérêts, et c’est ce que l’on fait, c’est que l’on retrouve cette cyclicité économique, menée par une inflation que l’on a crue morte après quarante ans de désinflation, et qui revient d’une façon quelquefois douce, en tout cas cyclique.
Cela justifie que l’on soit exposé à cette potentielle inflation un peu plus élevée dans les années qui viennent, et donc que l’on mixe à ces investissements technologiques des investissements qui pourront, au contraire, s’indexer positivement à une inflation plus élevée.
C’est exactement ce que l’on fait dans notre gestion obligataire. Si l’on raisonne sur Carmignac Patrimoine, il y a une exposition à la technologie qui reste élevée aujourd’hui, et dans le même temps, une partie taux complètement gérée avec cette idée d’une inflation demain un peu plus forte.
Donc une indexation à l’inflation future, peu de duration, voire pas de duration sur les emprunts gouvernementaux, et du crédit pour profiter du carry qu’il amène toujours. Avec cela, nous avons ce qu’on appelle un barbell qui nous permet cette très belle performance, où l’on bat l’indice de 10 ou 11 % pour ce grand fonds.
Cela ne nous était pas arrivé depuis longtemps, mais nous l’expliquons autrement que par la chance : par le retour du cycle, l’aptitude du gérant actif à bien performer, et une équipe qui gère ce fonds, un setup de gérants tout à fait exceptionnel et extrêmement prometteur.
Stéphane : On ne va pas faire toute la gamme de Carmignac, parce qu’elle est très large, mais quelle gamme conseillerais-tu à mes confrères CGP en ce moment, adaptée à cette analyse du contexte ?
Frédéric : La gestion active est évidemment de retour. Il y a une classe d’actifs dont on sait tous qu’elle rémunère plus que n’importe quelle autre : les actions. On a souvent peur d’aller sur les actions parce que, de temps en temps, il y a de gros accidents.
En général, quand il y a un gros accident, on est très tenté de vendre tout en bas. Donc non seulement on matérialise une perte, mais on s’empêche le rebond.
Carmignac Investissement Latitude est un fonds exposé à 100 % aux actions internationales. Il est investi à 95 % dans Carmignac Investissement, mais il met en œuvre une couverture de 0 à 100 qui a vocation à très largement réduire la volatilité et notamment à éviter ces gros accidents de marché.
Cela permet d’empêcher l’investisseur ou le partenaire de faire l’erreur de quitter les actions au pire moment. Et sur la grande question du timing d’entrée dans le marché actions, c’est le gérant qui le fait pour l’épargnant. On permet donc vraiment à l’épargnant d’aller sur les actions tout en réduisant sensiblement le niveau de risque qu’il aurait sur un investissement actions pur.
Stéphane : Est-ce qu’on peut avoir les deux, Carmignac Investissement et Carmignac Investissement Latitude, ou ce n’est pas nécessaire ?
Frédéric : Carmignac Investissement, c’est pour celui qui accepte les drawdowns. Carmignac Investissement peut descendre son exposition jusqu’à 70 %, mais il n’aura pas honte de cela. Il peut gérer le fonds pour être composé de valeurs un peu plus défensives que celles sur lesquelles il est investi aujourd’hui.
Christopher Barrett a montré dans le passé son aptitude à bien réduire les baisses, mais cela sera toujours plus volatil qu’un investissement en Latitude. Celui qui a un horizon d’investissement à 10 ou 15 ans peut très bien aller sur Carmignac Investissement, à partir du moment où il accepte les moments un peu stressants.
Stéphane : Est-ce que tu as une autre idée de fonds à conseiller en ce moment à mettre en portefeuille ?
Frédéric : J’ai une idée formidable : Carmignac Portfolio Inflation Solution. Tous ceux qui me suivent un peu savent que depuis quatre ans, j’ai cette conviction forte que le cycle de l’inflation renaît.
Nous avons connu une première jambe d’inflation jusqu’en 2022. Nous avons désinflationné. Un jour ou l’autre, une deuxième vague va redémarrer. Cette gestion, ce fonds inflation, c’est exactement la diversification dont on a besoin dans les portefeuilles.
Quand l’inflation monte, les obligations baissent, les actions baissent, les fonds diversifiés baissent. Avec un fonds inflation bien géré, on peut avoir quelque chose qui, au contraire, en profite beaucoup. Cela apporte donc une diversification très importante dans une allocation d’actifs.
Le fonds a été ouvert en juillet et il est maintenant accessible partout dans le monde.
Stéphane : Merci Frédéric pour ces conseils et pour ton analyse. Bonne fin de salon.
Frédéric : Merci, à bientôt.