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Dans cet épisode de Face à face , SabineGirault , gérante chez HMG Finance explique la genèse du nouveau fonds HMG Japan : Contexte : Le Japon sort de 30 ans de stagnation, avec une.
Gérald : Bonjour à tous et bienvenue sur Zoom Invest dans un nouvel épisode de Face à Face, l’émission dans laquelle nous recevons des gérants et leur posons des questions pour essayer de décortiquer leur expertise. Bonjour Sabine, bienvenue.
Sabine : Bonjour Gérald, merci de m’accueillir.
Gérald : Première question : pouvez-vous nous dire quelques mots sur HMG Finance, nous rappeler ce que vous faites et quels encours vous gérez ?
Sabine : HMG Finance est une petite société de gestion de portefeuilles indépendante. Nous gérons un peu moins de 500 millions d’euros, avec une équipe d’une douzaine de personnes et sept ou huit OPCVM. Plus récemment, nous avons lancé le fonds HMG Japan.
Gérald : C’est un nouveau fonds dans la gamme. On ne vous attend pas forcément sur cette géographie, puisque vous êtes connus pour les petites et moyennes valeurs, pour votre façon de gérer assez particulière, et également pour les émergents. Pourquoi avoir décidé de vous lancer sur cette géographie un peu méconnue des investisseurs français, alors qu’il y a plein de choses à faire ?
Sabine : Pourquoi le Japon ? On part d’un constat relativement simple : la consommation repart, le pays sort de la déflation, le yen est à un niveau historiquement bas, les sociétés communiquent de plus en plus en anglais. Et pour la première fois en 2023, depuis 1990, le Nikkei a enfin retrouvé son niveau de 1990.
Il y a quelque chose qui se passe en ce moment au Japon, depuis quelque temps déjà, même depuis deux ans sur les performances. Il y a donc un aspect opportuniste pour aller saisir de nouvelles choses qui se produisent là-bas.
Cela fait 30 ans qu’il ne se passait quasiment rien au Japon. Là, avec les observations que nous faisons depuis un an, nous sentons un marché qui frémit.
Gérald : Qu’est-ce que vous pensez pouvoir apporter, chez HMG Finance, par rapport à votre expertise, vos habitudes de gestion et vos process, sur ce marché particulier et différent de ce que vous connaissez jusqu’à présent ?
Sabine : Chez HMG Finance, nous avons une expertise depuis plus de 30 ans sur la gestion des petites et moyennes capitalisations fortement décotées. Justement, au Japon, ce qui nous a intéressés depuis plus d’un an, c’est que malgré la forte progression des grandes capitalisations en Bourse, les petites et moyennes devraient suivre, mais leur démarrage se fait un peu plus lentement.
Il y a surtout un déclencheur assez fort : le Tokyo Stock Exchange, qui joue à la fois le rôle de place de marché et de régulateur, a mis en place un certain nombre de réglementations pour pousser les sociétés à se revaloriser. Actuellement, on estime qu’environ la moitié des sociétés de la cote, qui compte plus de 3 000 à 4 000 sociétés, cotent en dessous de leur valeur d’actif net comptable.
Gérald : Ce n’est pas quelque chose de nouveau sur le marché japonais. On entend parler depuis des années du fait que ce n’est pas vraiment valorisé. C’est donc cet effet de régulation qui peut recréer ce rattrapage de valorisation selon vous ?
Sabine : Oui, tout à fait. Il y a une forte incitation. La prise de conscience a eu lieu en 2020, si ma mémoire est bonne, mais la pression a vraiment été mise début 2024, très précisément, écrite noir sur blanc par le Tokyo Stock Exchange, pour participer à la revalorisation des sociétés.
Cela peut passer par des rachats d’actions, des dividendes ou toute autre opération visant à mieux valoriser les sociétés cotées, qui ont énormément de cash, parfois plus que leur capitalisation boursière. C’est une anomalie capitalistique que nous cherchons à exploiter.
Gérald : Le portefeuille HMG Japan doit-il avoir une coloration petites et moyennes capitalisations ? Comment avez-vous commencé à le positionner ?
Sabine : Le portefeuille actuel compte un peu toutes sortes de capitalisations, parce que cette réglementation s’applique à tous les secteurs et toutes les tailles de capitalisation. Mais il y a effectivement une teinte un peu plus prononcée sur les petites et moyennes capitalisations, parce qu’elles sont actuellement beaucoup plus décotées, un peu comme ce qui se passe en France par rapport aux grandes capitalisations.
Gérald : Sur l’organisation, vous êtes la gérante de ce fonds. Avez-vous un analyste pour vous aider ?
Sabine : Je suis la gérante du fonds, mais je vais être aidée par un analyste britannique avec qui nous travaillons. Il n’est pas japonais, mais il a passé un peu plus de 30 ans de sa vie au Japon, connaît bien le pays et parle japonais, même si aujourd’hui les sociétés nous disent de plus en plus que ce n’est pas un prérequis pour investir au Japon. Il a vraiment une connaissance du terrain qui nous sera précieuse. La gestion, nous la ferons chez HMG comme nous le faisons avec les autres fonds.
Gérald : Une question brûle les lèvres de beaucoup d’investisseurs : si je gagne sur le marché japonais, ne vais-je pas perdre sur la devise ? Le yen peut se déprécier et, à la fin, cela peut devenir un jeu à somme nulle. Que répondez-vous à ces investisseurs, sachant que vous ne couvrez pas le change dans ce portefeuille ?
Sabine : Nous avons deux méthodes pour contrer cela. La première, c’est que naturellement, aujourd’hui, le yen est à un niveau historiquement bas. La marge à la baisse est donc assez petite a priori, et une revalorisation de la devise devrait être attendue.
La deuxième, c’est que comme nous investissons dans des sociétés particulièrement décotées, le potentiel de progression à la hausse devrait couvrir, et même plus que couvrir nous l’espérons, toute problématique sur la devise.
Gérald : On peut donc être un investisseur en zone euro et bénéficier quand même de l’appréciation et des réformes structurelles du marché japonais. Dernière question : combien avez-vous de Japon dans votre portefeuille personnel ?
Sabine : Pour l’instant, encore relativement peu, autour de 2 %.
Gérald : Donc plutôt sous-pondéré. Il va falloir en mettre.
Sabine : Tout à fait. Le fonds existe, nous l’avons lancé le 23 janvier 2025. Il est encore relativement récent.
Gérald : Est-il déjà en configuration de course en termes de construction de portefeuille ou reste-t-il encore à peaufiner ?
Sabine : Il reste encore à peaufiner. Pour l’instant, il est investi à hauteur de 40 % seulement. Nous avons déjà travaillé sur la constitution du portefeuille, les idées sont là, et l’investissement se fait progressivement. Il en va de même pour mon investissement personnel.
Gérald : Le fonds sera-t-il pleinement investi ou conservera-t-il un volant de cash ?
Sabine : L’idée est plutôt de l’investir pleinement parce que le potentiel est véritablement là. Nous l’avons déjà constaté sur les positions actuellement en portefeuille. Mais nous réservons toujours une petite poche de cash au cas où, entre 0 et 5 %. De toute façon, le fonds peut être débiteur jusqu’à hauteur de 10 % si besoin.
Gérald : Parfait, merci beaucoup Sabine.
Sabine : Je vous en prie Gérald, merci à vous.
Gérald : Merci à tous de nous avoir suivis. Nous vous donnons rendez-vous pour une nouvelle émission de Face à Face sur Zoom Invest.