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Entretien avec Romain Lippe sur « Il y a des opportunités historiques sur le crédit Investment Grade des pays émergents ! » Zoom..
Romain Lippe : De nombreuses opportunités sur l’Investment Grade émergent dans un format à échéance, on en parle tout de suite.
On fait d’abord des obligations émergentes pour la diversification géographique. On est sur plus de 50 pays, avec des dynamiques propres, sectorielles également, avec des secteurs très complémentaires à ce que l’on peut trouver sur les pays développés.
Il y a aussi une diversification sur la courbe des taux US, puisqu’on est sur des obligations libellées en dollars. Même si l’on couvre cette exposition dollar, on reste exposé au niveau et à la dynamique de la courbe des taux US, qui est actuellement très attractive par rapport à la courbe des taux euro, sur laquelle les investisseurs sont majoritairement exposés.
C’est la première raison. La deuxième raison, qui fait particulièrement sens dans le cadre d’une stratégie de portage à échéance, c’est que les obligations émergentes présentent de meilleures rémunérations du risque crédit que les obligations des pays développés pour une même notation.
Une obligation émergente offrira plus de rendement qu’une obligation des pays développés et offrira également de meilleurs fondamentaux. L’émetteur présentera de meilleurs fondamentaux crédit qu’un émetteur des pays développés de même notation. C’est donc particulièrement attractif de faire de l’émergent dans le cadre d’un fonds daté.
On parlait de rémunération du risque structurellement bonne sur les émergents. C’est particulièrement le cas aujourd’hui. Au niveau des rendements, on a un contexte de taux aux États-Unis historiquement haut, qui compose la majeure partie de ces rendements.
Le taux US cinq ans est à 4,3 %. On est très proche des 4,4 % atteints au pic de la crise obligataire de 2022. La dernière fois que l’on a eu ces niveaux de taux aux États-Unis, c’était en 2007. Au niveau de la rémunération, c’est donc un bon moment pour aller ancrer de la valeur sur de nombreuses années au niveau des taux.
Au niveau du risque crédit, c’est également historiquement bon sur les émergents. Sur le rendement, on est sur des émetteurs qui sont deux fois moins endettés que les émetteurs des pays développés. Sur l’Investment Grade, c’est encore plus le cas : les émetteurs sont trois fois moins endettés que les émetteurs Investment Grade des pays développés, avec des leviers d’endettement de 0,9 fois dette sur EBITDA sur les émergents, tandis qu’ils sont à presque trois fois sur les émetteurs Investment Grade des pays développés.
Autrement dit, il faut moins d’un an d’EBITDA aux émetteurs notés Investment Grade émergents pour rembourser la totalité de leur dette, ce qui est très rare et très réconfortant dans le cas d’une stratégie de portage à échéance.
C’est tout l’intérêt d’une stratégie à échéance : avoir une bonne visibilité, ce qui est assez rare, sur la performance qui va être générée, en s’appuyant sur le niveau de rendement du fonds au lancement ou à la souscription.
Compte tenu du contexte de taux très attractif que l’on connaît actuellement, le fonds, qui sera en moyenne Investment Grade, dont triple B minimum, va commencer avec un rendement de 6,6 % brut en dollars, soit presque 5 % en euro compte tenu du coût de couverture, ce qui est colossal pour ce niveau de notation.
À titre de comparaison, le triple B européen est aujourd’hui à 3,3 %. C’est donc une diversification très attractive d’une exposition obligataire traditionnelle, avec la diversification des émergents : plus de 30 pays et de nombreux secteurs très complémentaires à ce que l’on va avoir au niveau du mix sectoriel des pays développés.