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Dans ce face-à-face Zoom Invest, Gérald échange avec Louis Déforge, responsable du développement pour la France de Jupiter Asset Management, autour des stratégies market neutral et du fonds Jupiter Merian Global Equity Absolute Return, également appelé GEAR.
L’échange revient sur le rôle de ces stratégies dans une allocation, leur logique de décorrélation, la construction long-short des portefeuilles et l’intérêt d’un modèle quantitatif et systématique pour sélectionner les titres.
Pour un CGP ou un investisseur professionnel, cette vidéo apporte des repères utiles pour comprendre dans quels contextes une stratégie de performance absolue peut compléter une allocation traditionnelle actions-obligations.
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau face-à-face sur Zoom Invest. Comme vous le savez, les marchés financiers, et notamment actions, se portent plutôt bien depuis quelques années. Néanmoins, on peut avoir des périodes de volatilité qui sont un peu élevées avant d'avoir des retours plus simples, plus tranquilles. Mais pour autant, certains investisseurs se posent la question de comment ils pourraient lisser cette volatilité et éventuellement être moins sensibles à l'évolution des marchés, notamment actions. Là-dessus, on a eu une réponse de la part des gérants alternatifs qui est le « market neutral », la non-exposition au marché directionnel. Et pour ce faire, on va en parler aujourd'hui avec Louis Déforge, responsable du développement pour la France de Jupiter Asset Management, qui va s'appuyer notamment sur un fonds que vous connaissez probablement, le Jupiter Merian Global Equity, Absolute Return. Bonjour Louis. Bonjour Gérald. Première question. J'aimerais tout simplement savoir pourquoi aujourd'hui, des investisseurs doivent s'intéresser ou peuvent s'intéresser à des fonds dits « market neutral », sachant que les fonds actions performent bien et qu'on pourrait être tout simplement directionnel. Oui, tout à fait. Dans votre mot d'introduction, Gérald, vous évoquez beaucoup de points qui sont extrêmement pertinents et qui répondent
à cette question. Moi, je considère que c'est quasiment une classe d'actifs à part entière. Parce que, comme on efface l'effet marché, l'objectif, c'est d'avoir un outil d'investissement, une brique d'allocation qui ait sa vie propre et donc de jouer évidemment la diversification, mais dans la diversification, de jouer la décorrélation. Parce qu'en fait, c'est ça qu'on va chercher. Le malheur des investisseurs de ces dernières années, c'est que quand on faisait de la diversification en mettant de l'actif action et de l'actif obligataire dans des allocs, le jour où les inquiétudes grandissaient, les deux classes d'actifs se recorrelaient. 2022 par exemple. Mais même très récemment, même très récemment, sur les épisodes de la guerre en Iran, on a vu que les deux classes d'actifs ont un peu cédé. Alors pas dans les mêmes proportions, elles ont chacune leur vertu. Mais l'idée de la performance absolue faite de manière absolument neutre par rapport au marché, c'est d'avoir une brique dans son allocation qui continue d'avoir sa vie propre potentiellement et d'avoir une performance qui va continuer d'aller dans la bonne direction si on fait bien le job et de manière absolument décorrélée. Alors, OK. Donc ce qui veut dire que si on enlève l'exposition au marché ou en termes un peu
financiers le bêta, il faut faire de la perf avec l'alpha, c'est ça ? C'est exactement ça. Donc là, on va rentrer, c'est un peu technique. On va essayer de faire un peu de pédagogie. Donc quand j'achète des actions, ma performance est alpha plus bêta. Si j'achète un portefeuille d'actions françaises, mon s'il CAC 40 est très positif. En fermant les yeux, sans même regarder mon portefeuille, il y a de fortes chances que je sois positif. Ça, c'est l'effet marché, c'est le bêta. L'alpha, c'est toutes mes décisions d'investissement qui vont venir modifier cette performance. L'alpha peut être négatif d'ailleurs. Et en fait, ce genre de stratégie, les stratégies de performance absolue, market neutral, long short, market neutral, ce qu'elles font, c'est qu'elles effacent tout l'effet bêta, tout ce qui vient du marché pour se concentrer sur l'alpha, c'est-à-dire sur la performance que je crée moi-même grâce à mes choix. Et en fait, ce qu'on fait, c'est qu'on va avoir deux portefeuilles concomitants, on va faire une sélection des titres les plus pertinents pour jouer la hausse, c'est le portefeuille long, c'est le portefeuille acheteur, et des titres les plus pertinents pour jouer la baisse. Donc les titres les plus faibles,
ceux qui vont avoir les performances les moins séduisantes. Mais comme nous, on va être court, on va avoir la performance inverse. Au final, quand le marché baisse, mon portefeuille court est positif, mon portefeuille long est négatif, mais ma performance, c'est l'écart entre mes deux portefeuilles. Et c'est pareil. Exactement, c'est l'écart de performance entre ces deux portefeuilles, parce que, en tout cas, dans notre manière de faire, nos deux portefeuilles font exactement le même poids. Et quand le marché est positif, mon portefeuille long est positif, mon portefeuille court va être négatif. C'est l'écart de perf qui fait ma performance. Alors si j'entends bien les deux portefeuilles, mais pour ces deux portefeuilles, il faut les construire. Pour les construire, vous utilisez donc Jupiter Merian Global Equity Absolute Return, qu'on va nommer GEAR, qu'on vit en team, ça va les filer vite. Donc dans GEAR, vous utilisez un process quantitatif qui permet cette sélection de titres dans les deux portefeuilles. Mais est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus quels sont les critères principaux que vous regardez ? Alors effectivement, GEAR est un fonds qui est géré de manière quantitative et systématique. Les deux mots ont une importance. Quantitatif, ça veut dire que 100% de la sélection, de la construction
de portefeuilles repose sur la donnée, et systématique. Ça veut dire qu'on applique systématiquement ce que nous dit de faire le modèle. Donc c'est vraiment... Ce n'est pas de subjectif du gérant. C'est justement les vertus d'un modèle quantitatif. Alors ça, c'est pas pour dévaloriser le reste, mais ce qu'on va chercher dans le quantitatif, c'est la capacité à gérer beaucoup de données, avoir des portefeuilles très diversifiés, plus diversifiés que ce qu'on serait capable de faire si on travaille entre guillemets à l'ancienne. Et effectivement, d'enlever tout biais émotionnel, tout effet moutonnier, tout ce genre de choses, par une décision qui repose que sur la donnée. Alors quelles sont les données qu'on regarde ? Là, je vais vous décevoir parce qu'on ne réinvente rien. On applique de manière quantitative ce que font les gérants traditionnellement. Donc on regarde la valorisation, évidemment. On regarde les perspectives de croissance des résultats des sociétés. Et on regarde évidemment la qualité du management. Ça, c'est ce qu'on appelle des critères fondamentaux qui sont liés à la société. Et puis on va regarder deux autres grands critères qui sont un peu la patte de Jupiter dans cette approche-là. C'est des critères de marché. C'est l'évolution des analystes. Donc comment les analystes révisent les perspectives de
croissance des résultats ? C'est un critère plutôt de momentum. Et ça, on va regarder les flux, ce genre de choses. Et puis on regarde aussi évidemment l'analyse technique. Mais bon, on voit cinq grands piliers d'analyse qui sont des piliers qu'on retrouve quand même très très fréquemment. La particularité de l'approche de Jupiter, c'est que ce modèle, par le biais de ces deux derniers piliers de momentum, c'est un modèle qui va essayer d'adapter sa méthode au contexte de marché. Parce qu'on voit bien qu'il y a des phases de marché qui sont propices à certaines méthodes. La baisse des taux, en général, c'est très favorable à la croissance, par exemple. Bon, autant avoir une couleur de style plutôt croissance quand on est dans un contexte propice à ça et inversement. Et donc le modèle par le biais de ces critères de momentum est capable, a été rendu capable de lire le contexte de marché et donc du coup d'adapter la méthodologie et le biais de style de manière absolument indépendante, sans biais, sans affect, de s'adapter à ce contexte de marché. Alors, la promesse des fonds dits de performance absolue et notamment des neutres au marché, market neutral, c'est de se dire,
vous l'avez dit au départ, qu'on va chercher de la décorrélation. Parfois, on peut être déçu sur cette promesse. Comment est-ce que chez Jupiter, on s'assure qu'il y ait une forme tout de même de décorrélation et est-ce qu'il y a des critères particuliers qui sont regardés lorsqu'on construit les deux portefeuilles sous-jacents ? Comment ça fonctionne ? En fait, la promesse du portefeuille, c'est d'être neutre en permanence. Si je ne suis pas exposé au marché, ma performance ne dépendra pas de la direction du marché. Les mots ont une importance, on dépend du marché toujours de ce qui se passe sur le marché, mais on ne dépend pas de la direction du marché. C'est une évidence, mais la promesse, c'est tous les matins, l'exposition est remise à zéro. Et l'exposition est remise à zéro aussi en bêta. Je peux être à zéro et avoir en valeur absolue une poche qui est un bêta plus élevé que l'autre. Et là, je recréerai un biais directionnel. Donc là aussi, on corrige les bêta des poches pour s'assurer que jamais la performance ne va dépendre de la direction pour le marché. On ne fait jamais de pari sur le marché. La prochaine question, c'est d'essayer de comprendre au niveau des environnements de
marché qui peuvent être porteurs pour cette stratégie. Si on vous écoute, c'est tout le temps. Vous avez parlé du momentum, on va essayer d'avoir ce critère qui peut aider, mais il n'empêche, parce que sinon toute la place, on n'investit qu'en GEAR. Il y a des moments où ça peut être un peu en sous-performance, ça peut rattraper derrière. C'est ce qui s'est passé d'ailleurs en début d'année, où la performance était un peu moins sympathique après deux années qui étaient très très bonnes, il faut le dire. Effectivement, mais les deux dernières plus particulièrement. Mais du coup, quand il y a des moments un peu plus compliqués comme ce début d'année qui sont d'ailleurs qui est en train de se reprendre depuis quelques semaines, qu'est-ce qui fait qu'il y a des moments comme ça où on peut être un peu déçu et il faut tenir probablement cette position ? Oui, j'aime beaucoup cette question parce qu'elle est fondamentale, quel que soit le fonds qu'on regarde, il faut toujours regarder en fait, c'est quoi le contexte qui ne lui va pas à ce fonds-là pour comprendre ce que je peux en attendre dans mon allocation. Donc c'est fondamental. Et effectivement, sur une stratégie comme celle-là,
c'est un peu compliqué, comme on est market neutral, c'est difficile de voir quel est l'environnement de marché qui va lui être propice. Le fonds, techniquement, il y a 2% du fonds qui changent tous les jours. Ça veut dire qu'il faut à peu près trois semaines pour s'adapter à un contexte de marché qui aurait évolué. Typiquement, sur cette année en cours, sur 2026, le début de l'année a été difficile parce qu'avec le début de la guerre en Iran, on a vu des alternances de phases de marché très resserrées avec un coup on fait la paix et puis finalement, il n'y a pas la paix, et puis si, les négociations reprennent. Et en fait, on a des alternances par rapport à l'ajustement du portefeuille. Exactement. Et donc on a eu des séquences de marché comme ça très restreintes qui ne laissaient pas forcément le temps au portefeuille, enfin là, au modèle de s'adapter et de reconstruire l'allocation en tenant compte de ce changement de paradigme. Donc ça a pris effectivement plus de temps. Nous, ce qu'on a l'habitude de dire, c'est qu'il faut environ trois semaines au fonds pour s'adapter à un contexte de marché comme ça qui pourrait changer de manière un peu radicale. Là, ça a pris
un petit peu plus de temps, ça a pris quasiment deux mois. Effectivement, maintenant, on sent que le modèle s'est recalé sur un nouveau paradigme de marché plus volatile avec des niveaux d'incertitude assez élevés. Qu'est-ce qu'a fait le modèle ? En fait, il est sorti, enfin il a sous-pondéré plutôt les ratios très liés à la valorisation. Il s'est concentré plutôt sur les ratios de momentum. Il a réduit considérablement tous les paris sectoriels qui pouvaient être identifiés dans le portefeuille. Donc il s'est resserré sur une position plus neutre au marché et plus momentum en attendant un environnement de marché plus clair, plus lisible où derrière, on peut reprendre des positions plus affirmées en termes de méthodes et de styles. Avant ma dernière question, qui sera une ouverture comme souvent, un petit mot sur la performance de GEAR depuis, vous aviez dit, effectivement depuis cinq ans, ça se passait bien. Des chiffres, c'est possible ? Si je suis là, c'est sûr que c'est que le fonds a beaucoup d'arguments très solides. Déjà, les objectifs de notre stratégie, c'est monétaire plus 5%. Dans le contexte actuel, ça veut dire qu'on est satisfaits si on finit l'année entre 7 et 8% de performance.
Sur un an, c'est ça qu'on essaie de délivrer. Sur cinq ans, on est sur une performance d'un peu plus de 10% annualisée. Donc on est évidemment plutôt content des résultats obtenus. Le deuxième objectif, c'est d'avoir une volatilité inférieure à 6%. Aujourd'hui, on est sur une volatilité plutôt de l'ordre de 4,5% en fonction des périodes, des fréquences de chiffres qu'on regarde, etc. Donc là aussi, on est évidemment satisfait de ce couple obtenu. Et puis moi, il y a une dernière statistique que j'aime bien montrer. Depuis la création du fonds, on a décomposé la performance du MSCI World, donc des actions internationales de manière mensuelle, tous les mois calendaires. Et derrière, on distingue les périodes où le MSCI World a été positif et les périodes où le MSCI World a été négatif. À chaque fois que le MSCI World a été négatif, on regarde ce que fait le fonds. Et ce qu'on constate, c'est que dans 73% des cas, quand le MSCI World était négatif, le fonds était positif. Et dans 60% des cas, quand le MSCI World était positif, on a été positif en même temps. Alors pas du tout dans les mêmes proportions. Mais déjà, c'est des statistiques qui montrent qu'on est bien complètement décorrélé, c'est que la
direction du marché ne donne pas notre performance. Puis on voit quand même qu'on a une régularité de la performance qui n'est pas systématique. Et évidemment, c'est même rassurant aussi de voir qu'il y a des périodes aussi où ça consolide et on peut être un peu en décalage. Mais en tout cas, la série de long terme, elle est quand même très convaincante et je pense qu'elle répond à cet objectif de décorrélation qui est le centre de la stratégie. C'est d'avoir une perf qui ne dépend pas du tout de la direction d'importe quelle classe d'actifs que vous pourriez avoir dans vos allocations. C'est donc très clair pour cette partie market neutral. Maintenant, vous avez lancé également depuis quelques temps une stratégie long-only, donc pas de portefeuille vendeur cette fois-ci, mais qui va appliquer la même stratégie de sélection de titres. Est-ce que vous pouvez nous en dire un petit mot pour conclure ? Oui, c'est exactement ça. Donc on a un portefeuille actions internationales qui est géré par ce même modèle quantitatif. Et en fait, déjà l'historique de perf est très convaincant. Alors là, ce qu'on veut proposer aux investisseurs, c'est deux choses. D'abord, ce n'est pas forcément d'avoir une stratégie qui va chercher des
surperformances absolument colossales dès que le marché le permet. Au contraire, ce qu'on vise, c'est une surperformance peut-être moins importante, mais très régulière, donc d'avoir une stratégie très coeur de portefeuille. Et la deuxième chose qui séduit les investisseurs auxquels on parle en ce moment sur ce sujet-là, c'est cette adaptabilité en termes de style. C'est de dire, mais en fait, encore une fois, comme je disais tout à l'heure, il y a des contextes de marché qui sont plutôt favorables au momentum, parfois au GARP, parfois à la value, parfois à la croissance. En fait, on a un modèle qui montre aujourd'hui sa capacité à s'adapter au contexte de marché et quelque part, ce n'est pas toi qui auras à le faire dans ton allocation. Donc là, à découvrir en contactant Louis, éventuellement, pour plus d'informations, puisqu'on a plutôt parlé de GEAR. Mais voilà. Avec grand plaisir. Merci à tous de nous avoir écoutés encore une fois sur ce face-à-face avec Zoom Invest, et on se retrouve très rapidement.