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Analyse des tendances marchés actions : Le point sur Atlas Titan : la stratégie long/short Actions Internationales proposée par Pictet AM.
Benjamin : Bonjour, bienvenue dans le Talk Marchés Zoom Invest. Aujourd’hui, on a le plaisir de recevoir la société Pictet Asset Management, en la personne de Yann Louin. Bonjour Yann.
Yann Louin : Bonjour Benjamin.
Benjamin : Yann, tu es directeur commercial de Pictet Asset Management France. Pictet, c’est une maison de nos amis helvètes que l’on connaît très bien, surtout très connue pour sa gestion thématique. On connaît la stratégie Water, la stratégie Digital, il y a même eu la stratégie Timber avec les investissements dans les bois et forêts.
Ce que l’on connaît peut-être un peu moins, c’est votre stratégie Atlas. Il y avait une stratégie initiale, Atlas, qui, de ce que tu me disais, était un peu trop défensive. Vous avez donc créé une nouvelle stratégie, la stratégie Titan. Pour moi, Titan fait plutôt penser à la mythologie, mais j’imagine que là tu vas me parler de marchés financiers et de stratégie financière. Est-ce que tu peux revenir sur la stratégie Atlas et nous parler de la stratégie Titan ?
Yann Louin : Oui, merci beaucoup Benjamin. Effectivement, Pictet est plus connu pour son savoir-faire en matière de gestion thématique, puisque nous avons été pionniers dans les années 90. Aujourd’hui, environ 65 milliards d’euros d’actifs sont gérés au travers de ces stratégies d’investissement.
Depuis 2004, nous sommes déployés sur les stratégies alternatives cotées, avec notamment des stratégies de gestion long/short. En l’occurrence, une stratégie de gestion long/short actions internationales plutôt prudente avec Atlas, lancée en 2016, avec cette vocation d’offrir une stratégie SRI 2, donc avec un niveau de volatilité plutôt faible, autour de 2 %.
Cette stratégie avait aussi la capacité à absorber les baisses de marché, les fameux drawdowns, dans les phases un peu plus compliquées. C’est la raison pour laquelle la stratégie avait plutôt très bien fonctionné en 2019, 2020, 2021 et 2022, puisque les baisses de marché avaient été plutôt très bien absorbées.
Depuis, l’environnement a un peu évolué. Les taux ont bien progressé. Aujourd’hui, le taux sans risque étant à des niveaux plus élevés, il est compliqué de battre le taux sans risque avec une stratégie aussi prudente qu’Atlas.
C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de lancer la stratégie Atlas Titan, qui est exactement la même stratégie en termes d’investissement. Nous avons exactement le même book short, le même book long, la même équipe de gestion. La seule différence étant que nous doublons les positions.
Nous allons donc avoir deux fois plus de performance que sur Atlas, deux fois plus de volatilité, deux fois plus de drawdown nécessairement. L’idée est d’avoir une stratégie SRI 3, qui embarque environ 4 % à 4,5 % de volatilité et qui va véritablement être compétitive par rapport au taux sans risque, et surtout rémunérer le risque pris par l’investisseur.
Cette stratégie vient compléter la gamme de stratégies déployées par Pictet, et apporte surtout une nouvelle solution en matière de gestion plutôt équilibrée dans les portefeuilles, plutôt prudente, aux côtés peut-être des obligations datées ou d’autres types de stratégies complémentaires.
Benjamin : C’est finalement une réplique, mais un peu plus dynamique. Avec les fonds euros qui reviennent sur le devant de la scène grâce à l’augmentation des taux, on peut avoir des fonds euro de compagnies d’assurance autour de 3 %. Il peut être dur, pour une stratégie historique comme Atlas, de venir battre ce fonds euro aujourd’hui, sans même parler des offres de boost proposées par certains assureurs. Cela a donc du sens de lancer cette gestion Titan.
Qu’est-ce qui s’est passé dernièrement ? Je crois que vous avez un peu changé les allocations il y a un mois. Est-ce que cela a été bénéfique par rapport à ce qui s’est passé, par exemple, la semaine dernière sur les marchés ?
Yann Louin : Oui, c’est vrai que nous avions pris une exposition au marché assez dynamique. L’exposition nette au marché était d’environ 60 %, et d’environ 67 % actuellement. On l’a légèrement augmentée en termes d’exposition nette au cours du mois dernier.
En revanche, ce qui est important de noter, c’est que l’exposition brute, c’est-à-dire les positions longues plus les positions shorts, a fortement augmenté, de 140 % à 170 %. Cela signifie que nous avons repris un biais short. Nous avons couvert certaines lignes, couvert certaines positions, ce qui a permis de bien résister lors des dix dernières séances de bourse, qui ont été plutôt délicates à gérer pour les marchés boursiers, avec une baisse d’environ 2,5 % du MSCI.
La stratégie s’est bien comportée et a bien amorti cette phase un peu plus compliquée. Globalement, on est dans un entre-deux assez compliqué à gérer pour les marchés, avec une certaine asymétrie dans le comportement des investisseurs. Le premier trimestre a été très bon, les marchés ont bien progressé, et nous attendons maintenant les publications.
Il y a toujours un sujet qui anime les marchés : celui des taux et cette fameuse première baisse de taux qui interviendra ou pas en juin. Nous sommes donc dans cet entre-deux, entre un premier trimestre qui s’est très bien passé et un troisième trimestre pour lequel nous attendons la première baisse de taux, qui sera certainement volatile. Dans ce contexte, avoir une stratégie plutôt dynamique, mobile et réactive nous semble cohérent.
Benjamin : Si l’on parle long/short, il doit y avoir des positions acheteuses et des positions vendeuses. Est-ce que tu peux nous donner quelques exemples de positions longues, donc plutôt acheteuses, et quelques exemples de positions vendeuses, short, dans les stratégies ?
Yann Louin : Bien sûr. Ce qui est important de noter, c’est que nous avons repositionné la stratégie sur des investissements directs, sur des titres en direct, ce qui n’était pas forcément le cas il y a deux ou trois ans. Lorsque les taux étaient plus faibles, plus bas, il était compliqué de générer de l’alpha à la fois sur la partie longue et sur la partie courte du portefeuille.
Aujourd’hui, le potentiel est bien meilleur et les opportunités sont plus nombreuses. Nous avons donc principalement des expositions titres en direct et beaucoup moins d’expositions indicielles.
Sur la partie longue du portefeuille, nous allons plutôt être positionnés sur des valeurs technologiques. Nous avons encore, dans le top 5 du portefeuille, des cas d’investissement comme Microsoft ou TSMC, par exemple.
Nous aimons les valeurs de croissance, plutôt de croissance défensive également. Nous allons retrouver quelques sociétés de luxe qui se sont plutôt très bien comportées, notamment des cas d’investissement comme Hermès ou Ferrari, qui ne subissent pas vraiment le ralentissement de la consommation.
En revanche, sur la partie courte du portefeuille, nous allons plutôt retrouver des entreprises industrielles, des entreprises qui ont des risques bilanciels plus élevés, donc des entreprises endettées, avec des durations assez faibles également.
Ce n’est pas une position que l’on a, mais il y a beaucoup d’entreprises que l’on a shortées parce que leur structure d’entreprise faisait que, dans l’environnement économique ambiant, nous étions un peu moins confiants sur la pérennité de la croissance sous-jacente.
Benjamin : Yann, merci. Je crois que l’on a bien évoqué la stratégie Atlas Titan. Si je me réfère à mes cours de physique, le titane, c’est très solide, très robuste. On invite donc tous les partenaires à venir découvrir cette stratégie solide de chez Pictet. Merci à toi pour cet éclairage. On vous souhaite évidemment une belle année et forcément de bonnes performances.
Yann Louin : Merci beaucoup Benjamin, et à très bientôt.
Benjamin : Merci Yann. Au revoir.