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Entretien avec Thomas Giudici sur « Le portage va être la principale source de rendement dans les mois à venir. » Zoom sur les..
Thomas Giudici : Et non, l’obligataire n’est pas mort. Et on va vous dire pourquoi.
On va dire que je prêche ma paroisse, mais la réalité, c’est qu’on a toujours du rendement sur l’obligataire. C’est vrai que l’on n’a plus les niveaux exceptionnels de l’année dernière, mais c’est finalement assez normal. On a connu une phase de normalisation après les excès de 2022.
Quand on regarde par rapport aux dix ou douze dernières années, on est quand même sur des points historiquement hauts. Pour donner quelques chiffres, sur l’Investment Grade euro, on est aux alentours de 3,5 % à 4 % de rendement. Ce ne sont pas les 5 % de l’année dernière, mais, mis à part cela, on est quand même sur les niveaux de 2012, donc plus de dix ans.
Sur le high yield, on est plutôt aux alentours de 6 %. Il y a quand même une forte disparité entre les différentes notations, donc il faut faire attention. On était plus proche des 8 % l’année dernière, mais, là encore, si l’on regarde ce que l’on a connu sur les dix dernières années, on est plutôt sur des points hauts.
Autant on pouvait légitimement se poser la question de savoir si l’on devait faire de l’obligataire quand les taux étaient proches de zéro, autant aujourd’hui, cela me paraît difficile de ne pas mettre de l’obligataire dans des allocations, qu’elles soient prudentes ou patrimoniales.
Sur les taux, nous considérons qu’ils sont relativement bien pricés. La petite hausse que l’on a connue dernièrement est pour nous plutôt un bon moyen de se repositionner et de rajouter un peu de duration dans les portefeuilles.
Le risque sur les taux européens est quand même assez limité. Nous avons une économie qui tourne au ralenti, une inflation qui continue de décroître et une BCE qui va continuer de baisser ses taux. Nous voyons mal les taux continuer à monter. Remettre de la duration dans les portefeuilles est surtout un bon moyen de se protéger contre les chocs de marché.
Sur les spreads de crédit, ils sont relativement bas, mais on remarque qu’ils ont été assez résilients depuis le début de l’année dès qu’il y a eu des chocs. Nous les voyons mal s’écarter, parce que nous avons d’un côté une BCE qui va baisser ses taux, ce qui est plutôt favorable à la reprise économique, et nous sommes plutôt dans le creux de la vague en Europe. S’il n’y a pas de choc majeur exogène, il n’y a pas de raison que les spreads de crédit s’écartent.
Concrètement, que faisons-nous dans les portefeuilles ? Nous remettons de la duration, mais plutôt sur des actifs non risqués. Sur du high yield, nous allons plutôt rester sur du moyen terme. Mais surtout, nous essayons d’augmenter et de maximiser le portage de nos portefeuilles, parce que nous considérons que cela va être la principale source de rendement dans les mois à venir.
Chez Auris, nous avons trois fonds obligataires qui permettent de jouer le portage de façon différente.
Le premier, c’est Auris Rendement Sélection 2030. C’est un fonds daté 2030, comme son nom l’indique, qui se distingue de la concurrence par un profil beaucoup plus défensif : minimum 50 % d’Investment Grade, pas de triple C en portefeuille et pas de perpétuelles.
Le deuxième fonds, c’est Auris Investment Grade. C’est un fonds différent parce qu’il déploie une gestion systématique. Nous investissons avec un levier cible de trois sur l’indice Trax Mail, un indice administré par Remark, totalement public, qui regroupe les 125 émetteurs les plus représentatifs de l’univers Investment Grade. C’est l’indice le plus liquide sur ce segment. Avec ce fonds, nous allons chercher le taux de portage du high yield, avec une volatilité similaire, mais sans le risque crédit du high yield.
Enfin, le dernier fonds, c’est Auris Euro Rendement. C’est notre fonds flagship. C’est un fonds flexible sur l’obligataire euro. Flexible signifie que l’on peut investir sur l’ensemble des sous-segments du marché : le high yield, les hybrides, les subordonnées financières. C’est finalement un fonds tout terrain pour investir sur l’obligataire.
C’est un fonds qui a été multi-récompensé cette année, notamment parce que la flexibilité nous a permis d’être très résilients en 2022 et de bien rebondir depuis.