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Découvrez l’interview complète de Thomas Chandat, Cross Asset Sales - Produits Structurés. Les produits structurés continuent de séduire : en 2024, près de 65 milliards d’euros ont été placés, avec.
Stéphane : Je suis bien content. On va parler maintenant d’une classe d’actifs que j’aime beaucoup, qui m’est chère : les produits et les solutions structurées, avec un petit acteur qui démarre, Natixis CIB. C’est évidemment une blague pour ceux qui, dans notre profession, ne vous connaîtraient pas.
Thomas, merci de me rejoindre sur Patrimonia 2025. Comment sens-tu un peu ce salon et cette version 2025 pour commencer ?
Thomas : Très bien, très beau salon, beaucoup de dynamique, beaucoup de partenaires que l’on avait envie de revoir et qui sont là. Nous sommes ravis, que ce soient les inspecteurs chez les assureurs ou nos amis CGP, présents aujourd’hui en nombre. C’est toujours un moment particulier d’être à Lyon.
Stéphane : Avant de parler des opportunités, est-ce que tu es d’accord pour me faire un petit bilan à mi-année chez Natixis, chez les clients, dans le business du structuré ?
Thomas : Le bilan à mi-année est plus que positif. Le produit structuré, c’est humblement la classe d’actifs la plus plébiscitée cette année, comme c’était déjà le cas l’année dernière par les CGP.
On a à peu près 65 milliards d’euros au global qui ont été placés sur les structurés en 2024, et 2025 s’annonce sur la même tendance. Évidemment, nous sommes ravis de pouvoir faire partie de cette aventure exceptionnelle.
Il faut rappeler que ce sont des rendements en moyenne actuellement autour de 8 % à 8,5 %, des rendements actualisés. C’est donc une classe d’actifs qui plaît beaucoup. Les performances passées ne présagent pas des performances futures, mais c’est le constat de ce que nous avons pu faire en 2024 et de ce qui se passe en 2025.
Là-dedans, Natixis représente 15 % de part de marché. Cela fait quelques milliards d’euros. Nous sommes donc ravis et contents de pouvoir accompagner les partenaires.
Je rappelle aussi, c’est important de le dire, que nous avons une ligne directe avec la salle de marché. Les partenaires qui souhaitent travailler en direct avec Natixis peuvent le faire. C’est l’équipe Agapanthe Solutions que je représente aujourd’hui.
Stéphane : Est-ce le contexte de marché, depuis deux ans, deux ans et demi ou trois ans, qui offre vraiment ces opportunités pour le structuré ? Ou a-t-il fallu que ma profession se prépare davantage à l’expliquer aux particuliers ?
Thomas : C’est un tout. Je pense que le régulateur a été un moteur important, parce qu’il y a eu un cadrage très fort depuis maintenant une quinzaine d’années.
Il y a eu un travail très important avec le régulateur au fil du temps, que ce soit les émetteurs ou les intermédiaires comme les brokers, qui ont beaucoup œuvré pour clarifier la documentation, rendre la classe d’actifs plus visible, plus compréhensible.
On a apporté beaucoup plus de transparence et finalement une standardisation de l’offre. Il y a eu une appropriation de la part des partenaires des grandes formules des produits structurés.
Aujourd’hui, la classe d’actifs est mature, assez mûre, et les partenaires l’ont vraiment adoptée. Il y a encore dix ans, les produits structurés étaient quelque chose de marginal dans le portefeuille, dans une allocation. Aujourd’hui, c’est une grande partie des allocations de beaucoup d’épargnants, évidemment avec prudence. On le rappelle, la diversification reste la base.
Stéphane : Justement, nous sommes en septembre, c’est la rentrée des classes pour nous aussi. Quel est le market timing ? Qu’est-ce qu’il faut faire en ce moment ? Qu’est-ce qui fonctionne par rapport à ce qui a fonctionné ? Y a-t-il des variations potentielles dans les prochaines semaines ?
Thomas : Le constat que l’on peut faire avec l’équipe Natixis, c’est que le marché actuellement, à la rentrée de septembre, se porte plutôt bien. Il n’y a pas eu de choc particulier.
Si l’on fait un petit bilan rapide sur les taux américains, on peut estimer que, compte tenu du contexte, du marché de l’emploi qui n’est pas exceptionnel et éventuellement d’un contexte désinflationniste qui peut durer, on ne voit pas forcément une grosse baisse sur les taux aux États-Unis.
En Europe, on sait que l’on est sur une tendance plutôt baissière, où l’on voit encore une petite baisse de 25 points de base d’ici la fin de l’année.
Sur les actions, en revanche, cela va très bien. Nous sommes sur un marché extrêmement haut, le CAC est à 7 900. Nous sommes donc sur des niveaux très élevés. Il faut être sélectif, soit dans le stock picking, soit aller chercher des thématiques sur lesquelles on peut estimer qu’il y a des relais intéressants.
Le structuré, justement, dans ces conditions de marché, avec des taux qui ne vont pas forcément beaucoup bouger, qui vont rester assez hauts, et des marchés actions qui peuvent être encore un peu hauts, est une bonne alternative. Il va offrir des mécanismes qui permettent de s’adapter aux conditions de marché.
Stéphane : Est-ce que tu peux rappeler rapidement, pour mes camarades CGP qui ne connaîtraient pas la classe d’actifs structurée, comment on peut trouver chez vous des solutions ? Quelles sont les grandes familles ?
Thomas : Ce sont des enveloppes avec des fenêtres de commercialisation limitées. C’est aussi la force des produits structurés : ce sont des produits que l’on construit sur mesure dans des conditions de marché spécifiques et à un instant T.
Le côté adaptable, tout terrain, fait que l’on va pouvoir sortir une formule à un moment donné, dans des conditions très spécifiques, et justement bénéficier de ces conditions de marché pour lancer une offre sur une durée de commercialisation limitée. La contrainte, c’est qu’il faut rentrer dans l’offre assez vite et qu’elle n’est pas sur l’étagère toute l’année.
Généralement, nous construisons soit des produits de gamme que nous mettons à disposition chez nos partenaires assureurs. Natixis en a régulièrement toute l’année chez ses principaux partenaires assureurs.
Nous pouvons également avoir des commandes par de gros groupements de CGP ou de gros CGP, pour des produits dédiés. Ce sont des produits qui vont ensuite irriguer le marché. Parfois, nous avons des produits dédiés que nous pouvons ouvrir, avec l’autorisation du distributeur et de l’assureur, ce qui permet de compléter les produits de gamme.
En nous contactant, les partenaires peuvent retrouver les produits à disposition, les enveloppes disponibles du moment.
Stéphane : C’est une niche plus réduite, mais qui se développe énormément dans ma profession. On peut aussi dédier un produit pour un client qui a une surface patrimoniale assez importante, avec son mécanisme à lui. On peut impliquer le client pour qu’il comprenne ce qui se passe.
Thomas : Exactement. Nous sommes vraiment une usine. Nous sommes des professionnels de la construction de produits. Cela nous permet de vous orienter en fonction des meilleures conditions du moment.
Nous pouvons construire des produits sur mesure avec le cahier des charges du CGP et du client final, dans les limites évidemment du possible.
Pour un émetteur comme nous, il y a évidemment des coûts incompressibles, des coûts d’émission, des coûts de listing. Mais on peut dire qu’avec Natixis, à partir de 500 000 euros, nous pouvons faire des produits sur mesure dédiés avec du papier Natixis.
Stéphane : Parfait, une très belle marque, banque française, il faut le rappeler. Merci Thomas, c’était complet, précis. Bonne fin de salon, à très bientôt.
Thomas : Merci encore.