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Joffrey Ouafqa, Auris Gestion
Tensions énergétiques, taux et allocation : Joffrey Ouafqa présente les perspectives d’Auris Gestion sur le crédit, l’intelligence artificielle américaine et les actions européennes.
Joffrey Ouafqa, directeur des Gestions d’Auris Gestion, dresse le bilan des marchés financiers à fin septembre et présente ses perspectives. Il détaille les effets des tensions énergétiques sur les taux, puis les convictions d’allocation de la société sur le crédit et les actions américaines et européennes.
La prolongation du conflit en Iran et les perturbations temporaires apparues sur le transport d'hydrocarbures, que ce soit la fermeture du pipeline ouest en Arabie saoudite, les attaques sur le détroit de Bab-el-Mandeb et les attaques aussi sur les infrastructures de raffinage en Russie, ont créé un cercle vicieux. Les prix de l'énergie ont progressé et les anticipations d'inflation ont bondi, poussant les banques centrales à resserrer plus encore leurs conditions financières. C'est d'ailleurs la première fois de l'histoire que la BCE, la Fed et la BoJ remontent leurs taux le même mois. C'est donc un vrai virage de politique monétaire qui a été entamé.
Les taux courts ont bondi, alimentant la remontée des taux longs, déjà fragilisés par des fondamentaux dégradés entre la hausse des dettes souveraines et des déficits excessifs. Il est vrai qu'historiquement, les périodes de remontée des taux pénalisent les performances des marchés actions, car elles réduisent la croissance potentielle future. Néanmoins, la croissance reste actuellement résiliente et relativement déconnectée des politiques monétaires, car une part importante de la dynamique provient aujourd'hui d'investissements stratégiques insensibles aux taux d'intérêt. Des hyperscalers qui investissent dans l'intelligence artificielle, ou encore même des États qui soutiennent la défense et leur indépendance énergétique, sans compter.
Enfin, sur le marché obligataire, nous estimons que les cours intègrent déjà l'essentiel du resserrement monétaire. Il pourrait même y avoir une bonne surprise en cas de détente géopolitique, la réouverture potentielle du détroit d'Ormuz ou l'arrêt des frappes sur les raffineries russes. Cela permettrait donc aux prix de l'énergie de refluer et réduirait la pression sur les banques centrales. Nous restons positifs sur le crédit qui démontre une grande résilience dans le contexte actuel. Si le High Yield offre des rendements attractifs, l’Investment Grade est redevenu très intéressant avec la récente remontée des taux. Nous privilégions en revanche la partie courte et moyenne de la courbe qui offre le meilleur couple rendement-volatilité.
Et enfin, nous restons prudents sur la dette des États compte tenu des fondamentaux dégradés. Au sein de nos allocations en actions, nous maintenons un biais positif sur les actions américaines, en particulier sur l'écosystème de l'intelligence artificielle. D'une part, les semi-conducteurs et la mémoire qui retrouvent des valorisations attrayantes après la correction de juin-juillet, et d'autre part sur les éditeurs de logiciels qui, eux, retrouvent des couleurs en démontrant leur capacité à monétiser leurs investissements dans l'intelligence artificielle. Enfin, nous favorisons aussi les hyperscalers qui restent au cœur du sujet et affichent des niveaux de valorisation très séduisants.
Nous sommes également positifs sur les actions européennes en privilégiant les secteurs qui bénéficient directement du contexte actuel, les banques portées par la hausse des taux, la défense, portée par les investissements des États en la matière, ainsi que les infrastructures énergétiques ou digitales. Les small et mid caps peuvent également bénéficier de cette vigueur retrouvée sur l'investissement en Europe, d'autant que leur valorisation est historiquement attractive.