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Valentine de Gournay, Generali Investments, Gérald Grant, Zoom Invest, Brice Tropper, Lumyna
Tourné le 30 juin 2026, ce Face à Face réunit Gérald Grant, Valentine de Gournay, Responsable Relations Partenaires chez Generali Investments, et Brice Tropper, Directeur du Développement Europe chez Lumyna, autour du fonds Lumyna - Bridgewater Absolute Return Fixed Income UCITS Fund.
Les échanges expliquent comment cette stratégie de performance absolue vise à rechercher des sources d’alpha sur les marchés de taux, de crédit et de devises, avec des positions longues, courtes et de valeur relative. Ils détaillent également son objectif de faible sensibilité directionnelle et son rôle potentiel de diversification dans une poche obligataire.
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouveau face-à-face sur Zoom Invest. Aujourd'hui, nous allons rentrer dans des stratégies de performance absolue, tout ce qui concerne des stratégies plutôt décorrélées des marchés traditionnels. Pour ce faire, nous allons accueillir deux personnes aujourd'hui. Je reçois Valentine de Gournay, responsable relations partenaires chez Generali Investments, et Brice Tropper, directeur du développement Europe chez Lumyna. Pourquoi ? Parce que nous allons parler aujourd'hui du fonds Lumyna Bridgewater Absolute Return Fixed Income. Qu'est-ce que c'est que cet animal ? Qui gère ? Qui êtes-vous, Valentine ? Expliquez-nous un peu.
Oui, pour faire un point sur qui sont les acteurs qui participent à ce nouveau lancement. On a Lumyna, qui fait partie de la plateforme Generali Investments, qui est la société de gestion du groupe Generali. Lumyna est expertee dans la sélection de gérants spécialisés sur les marchés privés et du côté de l'alternatif. Lumyna va structurer des solutions accessibles dans les zones régulées et pour ce produit-là en France, gérées par ces gérants externes.
Brice, si je comprends bien, Lumyna est allée chercher Bridgewater, nom bien connu de la gestion alternative, pour développer ce nouveau produit.
Effectivement, Lumyna a pris sa casquette hedge funds et a sélectionné la société Bridgewater, créée en 1975 par Ray Dalio. C'est un des plus grands noms de l'industrie, qui a plus de 50 ans de track record, qui compte aujourd'hui plus de 100 milliards sous gestion, 500 professionnels qui développent à la fois une approche fondamentale, qui ont développé des modèles quantitatifs et qui permettent d'aller générer cette source d'alpha de manière globale, et un des plus grands noms de l'industrie en gestion qu'on qualifierait de global macro.
Valentine, cette stratégie que vous lancez, comment elle fonctionne ? Qu'est-ce que c'est ?
Effectivement, ça va être une stratégie, c'est un peu dans le nom, d'absolute return, c'est-à-dire que l'objectif du fonds va être de générer de la performance quelle que soit la direction des marchés obligataires, pour ce faire en investissant sur les taux, le crédit, les devises. À la différence d'une gestion obligataire plus classique, où on va être généralement long d'obligations, là, on va avoir des positions longues, on va avoir des positions short et on va mettre en place des stratégies de valeur relative. L'objectif, quel est-il en performance absolue ? Il va être de décorréler par rapport aux actifs traditionnels, d'avoir un produit avec un bêta marché le plus proche de zéro, avec une sensibilité au marché le plus proche de zéro. Notons aussi que le fonds est UCITS, pour permettre tout ce qui est liquide, transparent et réglementé.
Performance absolue, décorrélation.
Pourquoi cette solution finalement, Brice, alors que les marchés, les actions montent depuis quelques années, on se met en action et on a gagné. Pourquoi est-ce qu'on devrait être décorrélé ?
On a vu des marchés qui avaient des couacs, qui avaient des retournements assez compliqués. Pour nous, l'idée, une nouvelle fois, c'était qu'on voyait que la plupart de nos clients, puisque ce produit n'a pas d'equity, c'est vraiment du crédit, du taux et du change, avaient plutôt une position très longue et très concentrée sur des stratégies. Comme le disait Valentine, l'objectif ici, c'était d'apporter à la fois des sources d'alpha différentes, puisqu'on est sur la relative value, la possibilité de regarder des positions long/short en Asie et aux États-Unis. On regarde plus de 100 marchés, donc une vraie diversification. On voit que la géopolitique aujourd'hui est forcément une donnée qui vient compliquer la vie, j'imagine, des gens qui nous écoutent. On voit aussi qu'on est dans un contexte où on va vraisemblablement avoir une hausse des taux assez soutenue en Europe. Aux États-Unis, on voit aussi que c'est assez compliqué. Nous, on parle de décorrélation, mais on aurait pu parler aussi de convexité, on aurait pu parler de sources d'alpha ou de comportements différents. Pourquoi nous, on pense que cette stratégie est intéressante ? C'est grâce à l'appui du groupe Generali, qu'on a pu convaincre des gens de Bridgewater d'offrir cette solution à une clientèle retail. Généralement, Bridgewater, c'est plutôt une centaine de clients à 100 millions et plus. C'est aussi la raison pour laquelle aujourd'hui, on vient sur ce segment-là. Mais l'idée, c'est d'apporter de la diversification. C'est une stratégie globale, avec des comportements très différents, puisqu'on a 35 ans de track record. On voit la capacité de ces stratégies à générer de l'alpha quand les clients en ont le plus besoin. Même en termes de stratégies que peuvent avoir nos clients qui sont plutôt des stratégies longues, ça leur permet d'avoir une approche plus diversifiée et globale en termes d'approche.
Valentine, on a bien compris, relative value, il y a pas mal de stratégies, mais comment se décompose la performance à laquelle on peut s'attendre de ce produit ?
Effectivement, il y a plusieurs sources de performance. Ici, on va peut-être essayer de rentrer un tout petit peu dans le détail concret. Brice l'expliquait tout à l'heure. On reste dans la pédagogie, Valentine. Toujours, on essaye. On a plus de 500 professionnels de l'investissement qui sont là pour mettre en place des modèles quantitatifs, ainsi que des analyses fondamentales pour tirer parti de ces opportunités de marché. Si je donne des exemples, on va rentrer un petit peu dans le détail. On peut mettre en place des stratégies de couverture. On peut avoir des stratégies directionnelles, mais avec toujours un objectif d'avoir un portefeuille global avec un bêta proche de zéro et des stratégies de relative value. C'est vraiment le travail de Bridgewater de trouver ces opportunités. Dans le portefeuille, on a un peu plus de 100 idées macro telles que celles-ci et plus de 1 000 positions. Voilà pour rentrer dans le détail de comment concrètement, on met en place ces différentes idées avec les différents instruments.
Brice, quand vous êtes chez Lumyna et que vous expliquez aux clients ou que les clients Bridgewater, on leur explique ces stratégies-là, comment on explique la position que ça peut avoir dans une allocation ? Parce que finalement, vous n'êtes pas les seuls à faire de l'absolute return, même avec un biais alternatif sur le fixed income. Il faut faire sa place. Vous avez l'expérience, vous l'avez dit, il y a un track record. Mais comment est-ce qu'on doit le positionner dans une allocation et qu'est-ce qui peut faire éventuellement la ou les deux, trois différences clés avec certains de vos confrères ?
Je vais peut-être répondre avec deux angles différents. Le premier angle, c'est qu'on voit, et tu parlais des actions tout à l'heure, on a bien vu que souvent, il y avait une dépendance à un scénario unique chez nos clients. On voit bien qu'aujourd'hui, l'environnement, la géopolitique fait que malheureusement, une mauvaise nouvelle peut arriver de n'importe où. Ce qu'on conseille à nos clients, c'est de diversifier autant que possible. Mais une vraie diversification, c'est d'aller chercher des stratégies qui n'ont pas en réplication les mêmes positions qu'ils pourraient avoir. Le deuxième sujet, c'est que historiquement, dans l'asset allocation, on voyait les clients qui disaient : « Finalement, j'ai mon portefeuille equity, j'ai mon portefeuille obligataire et je rajoute potentiellement 10 % en diversification que sont les produits structurés, les marchés privés, pour certains les matières premières, et l'alternatif. » On voit de plus en plus depuis 5, 6 ans des modèles très différents d'asset allocation où les clients utilisent des facteurs de risque, donc de la VaR, de l'expected shortfall, désolé pour les anglicismes, mais l'idée était plus de dire qu'en fonction de leur interprétation des marchés, ils vont considérer qu'il faut ou réduire ou augmenter le bêta des portefeuilles. Ce qu'on voit et ce qu'on conseille, inspiré essentiellement des clients institutionnels, pour être transparent, on voit de plus en plus que dans le bon positionnement de ce fonds, dans la poche obligataire, où les clients vont aller chercher, comme tu disais, une performance absolue très diversifiante par rapport à leur portefeuille. C'est dans cette approche-là. Comme je le disais précédemment, ce qui est intéressant avec Bridgewater et ses 35 ans de track record, on a vu leur capacité à générer de l'alpha durant les différentes phases de performance et de crise. On voit aussi, comme je le disais, une performance absolue, une vision globale du portefeuille. Valentine le disait aussi, cette approche relative value, on n'est pas dans un scénario où on pense que tel ou tel pays va fonctionner ou tel ou tel pays va évoluer comme ça. On est dans cette approche qui permet d'avoir une approche peut-être un peu plus défensive de portefeuille que d'avoir cette directionnalité qu'on retrouve parfois en asset allocation. Pour répondre à ta question de manière très rapide, je pense que ce fonds a sa place dans une poche obligataire, avec cette volonté de réduire les paramètres directionnels de cette approche.
C'est clair. Valentine, Brice, merci beaucoup. Je pense qu'on en sait plus maintenant sur le fonds Lumyna Bridgewater Absolute Return Fixed Income, ARFI pour les intimes. Merci de nous avoir suivis sur Zoom Invest et on se retrouve rapidement pour un nouveau face à face.