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Entretien avec Stanislas sur Sycomore AM lance Sycoyield 2030 pour permettre de « locker » des rendements attractifs pendant 5 à..
Benjamin : Bonjour, bienvenue dans le Talk Marché de Zoom Invest. En ce début d’année 2024, nous avons le plaisir de recevoir la société Sycomore Asset Management, qu’on ne présente plus, en la personne d’Olivier Chamard, directeur des relations partenaires, et Stanislas de Bailliencourt, directeur des investissements.
Bonjour messieurs. Bonne année, on vous souhaite plein de bonnes choses : de la collecte, de la performance, bien évidemment, et la santé.
On ne présente plus Sycomore, on l’a dit. En revanche, on est là pour parler de votre nouveau-né de la gamme, Sycoyield 2030. Olivier, c’est le grand frère finalement de la première version, qui était 2026. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de 2026 ?
Olivier Chamard : Bien sûr. Sycoyield 2026 a été un bon succès commercial puisqu’on a collecté tout au long de l’année avec nos partenaires conseillers en gestion de patrimoine, pour avoir aujourd’hui des actifs sous gestion de plus de 400 millions d’euros sur le fonds.
On a fait une très belle performance, avec 10 % de performance depuis le lancement. Aujourd’hui, le fonds reste ouvert. Il n’y avait pas de période de souscription. Il est référencé chez quasiment tous les assureurs et, évidemment, pour les gens qui voudront avoir un fonds daté à moyen terme, il reste intéressant avec un rendement attractif.
On a souhaité lancer le 2030 suite à une forte demande de nos partenaires qui voulaient un produit similaire avec une échéance plus longue. Nous avons eu très récemment l’agrément AMF. Commence donc pour nous le travail de référencement du fonds auprès de nos partenaires, plateformes et assureurs. On devrait être éligible chez les plus rapides fin janvier, début février, et j’espère courant février chez l’ensemble de la place, comme l’avait été Sycoyield 2026.
Benjamin : Il va falloir en dire, mais pas trop non plus, parce qu’apparemment on n’aura pas le droit. Stanislas, pourquoi finalement lancer un 2030 ?
Stanislas de Bailliencourt : L’intérêt aujourd’hui, si on regarde un peu ce qu’on a fait avec 2026 à l’époque, c’était d’avoir le meilleur rendement possible avec le moindre risque possible. C’est ce qu’on a délivré, avec une performance à la fois attractive et très régulière sur la période.
Un an et demi après, les choses ont un peu changé. Notre point de vue est de dire que les taux actuels sont toujours particulièrement attractifs, mais que ça ne durera pas éternellement. L’intérêt, c’est donc de locker et de bénéficier des taux de rendement que l’on a aujourd’hui sur le marché obligataire, mais pour une période plus longue.
Il ne s’agit pas uniquement des deux prochaines années jusqu’à 2026, ni uniquement jusqu’à 2028, mais d’aller au-delà, jusqu’à 2030, et de pouvoir conserver ces rendements attractifs pendant cinq à six ans dans le portefeuille des investisseurs.
Benjamin : On rappelle quand même que ça reste liquide, puisque ce n’est pas un produit structuré bloqué.
Stanislas de Bailliencourt : Non, pas du tout. C’est un fonds obligataire uniquement sur des obligations d’entreprises européennes listées. Comme pour Sycoyield 2026, nous nous concentrons sur les entreprises notées entre BBB et BB, qui font la grande majorité du portefeuille dans ces deux catégories de notation.
C’est donc plutôt relativement qualitatif : c’est le bas de l’investment grade et le haut du high yield. Nous resterons là-dessus, comme nous l’avons fait pour 2026, sur le 2030 aussi.
Benjamin : On vient de voir les points similaires. Quelles sont les différences finalement de 2030 par rapport à 2026 ?
Stanislas de Bailliencourt : Il y a évidemment une différence de durée, ce qui permet aujourd’hui de garder ce rendement plus longtemps. C’est un point qui, pour nous, est attractif.
Le deuxième point, c’est aussi que, comme au départ nous allons avoir une vie un peu plus longue du produit, nous allons peut-être être sur des obligations d’un niveau de qualité un tout petit peu supérieur, afin d’avoir un risque de crédit un peu moindre. Dans les prochaines années, on peut avoir un peu plus de volatilité dans les marchés. Il s’agit donc de commencer avec un portefeuille sur un niveau de qualité et de notation peut-être légèrement supérieur à celui de Sycoyield 2026.
Olivier Chamard : Et on pourra accéder au marché primaire.
Stanislas de Bailliencourt : Tout à fait. C’est un point très important. Quand on a lancé Sycoyield 2026, il y a un an et demi, à l’été 2022, les entreprises n’émettaient plus d’obligations de maturité 2026 parce que c’était trop proche.
Aujourd’hui, on est en pleine vague d’émissions sur les maturités de type 2029, 2030 et 2031. Ce qui est intéressant dans le marché primaire, c’est qu’à chaque émission, on a une prime d’émission. C’est un rendement offert par l’obligation émise qui est supérieur à celui des obligations déjà existantes.
On va avoir 25 points de base de plus que celles qui existent déjà. Ce qui est très attractif pour Sycoyield 2030, c’est qu’il va pouvoir à la fois investir sur des obligations déjà existantes sur le marché, mais également sur tout le flux que nous avons aujourd’hui de refinancement des obligations qui vont venir à maturité en 2024 et en 2025.
Benjamin : Pourquoi est-ce que c’est un bon moment pour rentrer sur cette typologie de fonds et pour investir sur ces fonds ?
Olivier Chamard : Tant que les rendements sont attractifs, nous pensons qu’il faut y aller. L’avantage de ces fonds datés, c’est la visibilité qu’ils offrent. Vous savez que si vous restez jusqu’à l’échéance, évidemment hors taux de défaut, mais nous faisons tout grâce à la qualité du portefeuille pour ne pas en avoir.
D’ailleurs, nous avons eu zéro défaut dans Sycoyield 2026 depuis sa création, et nous espérons que cela va continuer. C’est cette visibilité que les investisseurs viennent chercher sur le fonds daté. Il faut continuer de souscrire tant que les rendements sont effectivement attractifs, ce qui est encore le cas aujourd’hui.
Benjamin : Effectivement, minoré du fait qu’il y a le potentiel taux de défaut. Où est-on sur le taux de défaut du marché en ce moment ?
Stanislas de Bailliencourt : Aujourd’hui, il est très bas. Il est en dessous de 2 %, quasiment à zéro dans les catégories d’investissement dans lesquelles nous sommes. Le BBB et le BB n’ont pas connu de défaut au cours des 18 derniers mois.
Cela pourrait remonter un peu dans les années à venir, puisqu’on part d’un point historiquement bas, mais nous conservons — et c’est très important dans le choix d’entreprises — un biais de qualité, peu d’expositions financières et vraiment des entreprises dans lesquelles nous avons l’habitude d’investir régulièrement.
Benjamin : Est-ce qu’on pourrait imaginer trouver des valeurs similaires avec des durées différentes ?
Stanislas de Bailliencourt : Tout à fait, parce qu’il y a de nouvelles émissions. On va retrouver, dans différents secteurs comme l’automobile, des titres que nous détenons, mais sur des maturités plus longues que dans Sycoyield 2030.
Benjamin : Pour finir, Stanislas, en tant que directeur des investissements chez Sycomore, est-ce que tu peux nous faire un point rapide de l’actualité obligataire ? Si on devait reprendre les bases et se dire pourquoi aujourd’hui il y a un terrain à investir ?
Stanislas de Bailliencourt : En quelques mots, 2022 a été une année de remontée des taux très violente sur les marchés obligataires, qui a pris de court les banques centrales. Elles ont monté leurs taux uniquement en 2023, mais de manière très marquée : on est passé de -0,5 % à 4 % sur les taux de la BCE. Cela a été très vite en termes de mouvement.
Pour nous, 2024 et les années suivantes sont plutôt les années de la décrue. C’est un mouvement qui a déjà commencé au mois de novembre et au mois de décembre, ce qui a engendré de très bonnes performances dans les fonds obligataires, mais il en reste devant nous.
Aujourd’hui, quand on parle aux investisseurs avec qui nous travaillons, nous leur disons que nous avons des niveaux de rendement élevés. Ils ne vont probablement pas rester à ce niveau-là pendant trois ou quatre ans. L’inflation va poursuivre sa décrue, les banques centrales vont commencer un cycle de baisse de taux, et les marchés obligataires, qui ont déjà commencé ce mouvement, vont poursuivre petit à petit dans les mois et les années à venir ce mouvement de baisse de taux.
Le point d’entrée que nous avons aujourd’hui est l’intérêt du marché obligataire. Il y a vraiment un caractère d’opportunité et d’attractivité qui demeure pour ces investissements-là.
Benjamin : Si je résume, c’est capter le point d’entrée aujourd’hui ?
Stanislas de Bailliencourt : Pas forcément uniquement aujourd’hui. Sur l’ensemble de l’année 2023, c’est le message que nous avions passé à nos clients : il n’y a pas un seul point d’entrée unique. C’est pour cela que nous avions fait le choix assez original de garder le produit ouvert.
Cela a permis aux clients, au fur et à mesure, de se familiariser avec la gestion obligataire, de l’accompagner tout au long de l’année et de souscrire dans ces produits, ce qui leur a permis de bénéficier de très bonnes performances.
À nouveau, dans le fonds Sycoyield 2030, tant que les rendements sont attractifs, Olivier et son équipe continueront leur relais de communication auprès des conseillers à ce sujet.
Benjamin : Messieurs, c’était un plaisir de débuter cette année 2024 avec vous. On vous souhaite plein de succès, bien évidemment, pour Sycoyield 2030. On rappelle que 2026 est encore ouvert avec de très belles performances. On vous dit à très bientôt pour faire le point et peut-être rentrer un peu plus dans le détail du fonds.
Olivier Chamard et Stanislas de Bailliencourt : Avec plaisir. Merci beaucoup. Bonne année à vous et à très bientôt.