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Fidelity décrypte un brouillard conjoncturel épais sur les marchés. Guerre au Moyen-Orient, banques centrales dans l'incertitude, tensions sur les matières premières : un contexte qui pèse sur toutes les classes d'actifs.
Dans un contexte international assombri par la guerre au Moyen-Orient et des banques centrales plongées dans l’incertitude, les marchés naviguent à vue entre risque inflationniste, statu quo monétaire et tensions sur les matières premières. Un brouillard conjoncturel qui pèse déjà sur toutes les classes d’actifs.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 23 mars 2026
Si on voulait y voir plus clair, c'est râté ! Pourtant, nombreuses étaient les banques centrales à se bousculer au pupitre, la semaine passée, pour donner leur avis sur la mélasse conjoncturelle actuelle. Et, au final, les marchés ne sont pas plus avancés. Forcément… Les instances monétaires n'ont pas la faculté de lire l'avenir économique dans une boule de cristal. Alors, en toute transparence, elles ont concédé être dans un brouillard à couper au couteau. Seule certitude, le grand incendie dans le Golfe Persique va se compter en points de croissance et d'inflation… Sans blague ! En clair, un scénario de stagflation qui éteint tout espoir dovish cette année. Ce qui constitue, en somme, l'autre enseignement de la cacophonie monétaire de la semaine passée. Mais les grands argentiers qui, sans surprise, ont tous opté pour un statu quo - à l'exception de la banque centrale d'Australie - ont surtout insisté sur l'impératif d'immobilité. Le temps d'y voir plus clair.
Finalement, seule la Fed a encore les taux entre deux chaises. Car entre l'emploi et l'inflation, le cœur de l'institution balance. Mais avec un marché du travail loin d'être à l'article de la mort, c'est surtout le risque inflationniste induit par la guerre au Moyen-Orient qui devrait dicter la politique de la Réserve fédérale dans les mois qui viennent. C'est ce que conjecturait en filigrane Jerome Powell, la semaine passée. Car en se lançant dans une périlleuse aventure persique, il ne va finalement récolter qu'un retour d'inflation. Et, dans ces conditions, si celle-ci reprend une tangente ascensionnelle, il ne faut pas s'attendre non plus à ce que Kevin Warsh, le successeur désigné de Powell, se comporte en voix de son maître une fois aux manettes de la Fed. En clair, Donald n'aura vraisemblablement pas sa baisse de taux qu'il avait commandée pour Noël. Pas même pour son anniversaire (en juin). Alors pour limiter la casse économique - et politique avec les midterms en ligne de mire - et détendre les cours du baril, Scott Bessent, le secrétaire au Trésor annonçait, jeudi, que les États-Unis envisagent désormais de lever les sanctions sur le pétrole iranien. Un coup de maître…
La semaine passée, toutes les classes d'actifs étaient logées à la même enseigne. Contrairement aux précédentes, les matières premières ne se sont pas distinguées à la hausse. Elles ont légèrement consolidé après trois semaines de forte appréciation. Une tendance pour le moins surprenante au regard de l'orientation des cours du pétrole qui continuent de grimper. Le baril de Brent a ainsi conclu la semaine juste sous le seuil des 110 dollars. Même cause - la guerre au Moyen-Orient -, même conséquence pour les prix du gaz naturel (voir graphique) qui ont flambé jusqu'à 35 % jeudi après le bombardement des infrastructures gazières en Iran et au Qatar.
Les semaines se suivent et se ressemblent du côté des actions qui continuent de faire les frais du risque inflationniste et du potentiel impact de la guerre sur la croissance économique mondiale. Certaines régions continuent toutefois de mieux résister comme l'Asie-Pacifique ou les pays émergents. En revanche, les marchés occidentaux et particulièrement l'Europe sont plus pénalisés que les autres. Alors que les États-Unis accusent un recul d'un peu plus de 3 % depuis le début de l'année, celui du Vieux continent est désormais de 4 % sur la même période.
Même son de cloche sur le compartiment obligataire qui, malgré l'incertitude ambiante, demeure délaissé par les investisseurs. Contrairement à la semaine passée, ce n'est pas le haut rendement qui s'adjuge la plus forte baisse mais l'investment grade - illustration, s'il en fallait, du désarroi des marchés actuellement. Mais, depuis le début de l'année, c'est logiquement le high yield qui, dans le sillage des actions, signe la plus forte baisse.
Après une semaine où les banques centrales ont été quasi unanimes sur le biais monétaire restrictif qui se profile pour l'année en cours en raison du risque inflationniste, les emprunts d'États ont été logiquement délaissés. À noter notamment que le 10 ans américain a plus grimpé (10 pb) que ses pendants européens. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les rendements des emprunts d'État à long terme (10 ans) ont pris environ 40 pb de part et d'autre de l'Atlantique.
Pour la première fois depuis le début de la guerre, le dollar accuse un repli hebdomadaire alors qu'il était jusqu'ici recherché pour sa liquidité et comme couverture contre le risque. Mais la semaine passée, la réunion de la Fed a réduit les anticipations de baisse des taux pour cette année ce qui a mécaniquement pesé sur le billet vert. Parallèlement, l'appréciation de l'euro a permis à la paire de revenir sur le seuil des 1,16.