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Alors que 2026 s’annonce sous le signe d’une croissance mondiale robuste, un acteur inattendu pourrait venir troubler le scénario consensuel : le pétrole.
Alors que 2026 s’annonce sous le signe d’une croissance mondiale robuste, un acteur inattendu pourrait venir troubler le scénario consensuel : le pétrole. Entre offre contrainte, demande sous-estimée et risques pour les marchés, l’or noir pourrait créer la surprise.
Le point hebdo de Pictet Asset Management daté du 8 décembre 2025 par Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement
Le consensus anticipe une chute des prix du pétrole, mais la demande pourrait être largement sous-estimée.
Une hausse du baril au-delà de 80–90 dollars serait nécessaire pour perturber les banques centrales, mais pourrait suffire à déclencher une correction boursière.
En France, l’effondrement du nombre de naissances devient un problème structurel majeur, encore trop absent du débat public.
L’économie mondiale devrait poursuivre sur sa lancée en 2026, portée par une forte productivité, une consommation soutenue - en particulier dans les émergents - et une croissance des revenus des entreprises solides. Il y aura bien sûr une respiration boursière, comme tous les ans. Ce sera peut-être lié aux habituelles arlésiennes : risque de récession américaine, géopolitique ou « bulle » de l’IA.
Le consensus est baissier avec des cibles comprises entre 30 et 50 dollars le baril l’an prochain. Du côté de l’offre, il n’y a pas de débat. Les pays exportateurs ne sont pas en mesure d’accroître la production, même s’ils le souhaitent. Nous nous attendons à ce que la production pétrolière américaine soit stable, voire négative en évolution mensuelle, en 2026. La croissance du secteur du pétrole de schiste américain a chuté d’environ 90% ces deux dernières années. Un forage constant est nécessaire pour maintenir la production. Malheureusement, aux prix actuels, les nouveaux forages ne sont pas rentables. Par contre, nous pourrions avoir une surprise du côté de la demande. Selon l’agence internationale à l’énergie (AIE), qui fait référence, celle-ci va demeurer faible.
Problème, l’AIE a tendance à systématiquement sous-estimer la demande.
C’est le cas depuis 18 ans. Il est donc probable qu’elle soit une nouvelle fois contrainte de revoir ses prévisions à la hausse. À rebours des attentes, nous pourrions donc avoir des prix du pétrole en progression l’an prochain.
Est-ce que cela pourrait poser un problème aux banques centrales en termes de gestion de l’inflation ? Peu probable toutefois. Il faudrait que le baril dépasse les 80-90 dollars pour que cela remette en cause le cycle de baisse des taux en cours. En revanche, ça pourrait être une bonne excuse pour une correction boursière.
La Fed ne pourra pas compter sur les derniers indicateurs américains portant sur le marché du travail et l’inflation pour prendre sa décision sur les taux en raison d’un retard lié au shutdown. Peu importe. Il semble acquis qu’elle abaisse son taux directeur de 25 points de base ce mercredi, entre 3,50% et 3,75%. L’enjeu, c’est surtout de savoir quel rythme d’assouplissement sera mis en œuvre l’an prochain. Il faudra être patient et probablement attendre la nomination du successeur de J. Powell qui pourrait intervenir dans les semaines à venir pour en savoir plus. Pour l’instant, nous tablons toujours sur un taux terminal à 3% l’an prochain.
Budget, hausse de la fiscalité, inégalités sociales…sont les sujets au cœur du débat public français. Pendant ce temps-là, les naissances s’effondrent. 660 800 bébés sont nés l’an dernier – pire chiffre depuis 1945.
Et ça va s’empirer !
Il y en aura encore moins en 2025. En effet, de janvier à octobre, le nombre de naissances est déjà en baisse de 2,3% par rapport à 2024.
C’est le problème structurel qui devrait tenir nos dirigeants politiques éveillés la nuit. Pourtant, presque personne n’en parle.