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Acte II (Fidelity).
Serait-ce le début de la fin ? Si, par les temps qui courent, il convient de ne pas s'emballer trop vite, il y avait toutefois, la semaine passée, des raisons d'espérer.
Après des mois de chamailleries, les États-Unis et la Chine qui depuis quelques temps sont revenus à la table des négociations, ne seraient plus très loin d'un armistice commercial. Mardi dernier, l'ambassadeur américain à Pékin s'exprimait dans ce sens et laissait d'ailleurs filtrer, à cette occasion, que les deux pays étaient entrés dans les dernières phases de pourparlers sur une "énorme" commande à Boeing. Celle-ci porterait sur 500 appareils - "en état de voler", faut-il préciser concernant l'avionneur américain. Donald Trump et Xi Jinping se seraient même téléphonés ! Certes, ils n'en sont pas encore à s'envoyer des smiley "cœur-avec-les-doigts". Mais quand même. Ce dégel rapide, façon micro-ondes, des relations sino-américaines est assurément une bonne chose. Il dissiperait une grande part des incertitudes qui, depuis avril, se traduisent par une arythmie du commerce mondial.
Un semblant de bonne nouvelle donc qui, dans le contexte actuel, devrait être apprécié à sa juste valeur. Si seulement le commerce mondial s'en tenait à cela. Mais rien n'est moins sûr. Sans savoir trop pourquoi - un escalator ou un prompteur défectueux ? -, le président américain a brusquement annoncé, jeudi, une batterie de nouvelles taxes discrétionnaires à la carte. Ce sera donc 25% sur les poids-lourds, 50% sur les armoires de cuisines et lavabos et 100% sur les médicaments brevetés importés… Quand il n'y en a plus, il y en a encore ! Cette décision sonne, en tout état de cause, comme l'acte II de la guerre commerciale qui voit, après les États, certains secteurs d'activité mis au pilori. Sans l'espoir de négociations, cette fois, puisque l'objectif clairement affiché par l'intéressé est d'inciter les sociétés à venir s'installer chez lui. Sans savoir, non plus, quels secteurs seront, demain, mis à contribution du protectionnisme américain. Avec, de fait, la perspective d'une épée de Damoclès permanente sur les entreprises tout au long du mandat de Donald Trump, selon les vents économiques qui souffleront sur Washington.
La baisse des taux de la Fed passée, les marchés s'interrogeaient la semaine dernière sur la véritable nature de cette détente monétaire. Serait-ce le début d'un cycle ou simplement un acte isolé ? Si deux autres baisses restent attendues, en majorité, par les investisseurs d'ici la fin de l'année, le doute était quand même palpable. Une tendance qui s'est traduite par un manque d'orientation des actions et des obligations. Seules les matières premières se distinguent à la hausse, portées par celle des cours du pétrole qui ont signé leur plus forte progression hebdomadaire en trois mois. Le baril de Brent a conclu la semaine juste sous le seuil des 70 dollars. À noter que, continuant de servir de couverture à l'exposition en actions, l'or a touché un nouveau record à 3.790 dollars l'once.
Les interrogations des investisseurs quant à la trajectoire monétaire de la Fed d'ici la fin de l'année a été particulièrement palpable sur les marchés actions qui ont terminé la semaine en ordre dispersé. Aux États-Unis, la publication en fin de semaine d'un PCE core (2,9% sur un an en août - voir graphique) stable et en ligne avec les attentes, a plutôt rassuré les investisseurs permettant aux indices américains de terminer la semaine en territoire positif. Signe de cette indécision, le Japon s'octroie l'une des "meilleures" performances hebdomadaires. À l'opposé, c'est l'Asie-Pacifique qui se distingue - très légèrement - à la baisse.
Ce manque d'orientation ne se lit pas seulement sur la performance des actions. Elle est aussi tangible sur celle du compartiment obligataire qui est resté inchangé. Malgré le doute des investisseurs sur la tangente monétaire américaine des prochains mois, les obligations n'ont pas été recherchées comme habituellement dans ce genre de phase d'incertitude. Résultat, tous les segments ont terminé inchangés ne modifiant, par conséquent, rien au palmarès qui prévaut depuis le début de l'année.
Sur le front souverain, la tendance était sensiblement la même. Notamment en Europe où le rendement des emprunts d'État à long terme est pratiquement resté inchangé. C'est le cas notamment sur le Bund à 10 ans qui a terminé la semaine comme il l'avait commencée à 2,70%. De son côté, porté malgré tout par l'anticipation de deux nouvelles hausses de taux d'ici la fin de l'année, le 10 ans américain s'est adjugé 6 pb sur la semaine.
Si, à la suite de la baisse des taux de la Fed la semaine précédente, le dollar s'était sensiblement affaibli, poussant la paire à quelques encablures des 1,19, il a légèrement rebondi face aux autres devises, la semaine passée. Notamment face à l'euro qui se déprécie de 0,5% face à la devise américaine. Néanmoins, la paire reste stable sur le seuil de 1,17. En revanche, l'euro s'est apprécié, dans le même temps face à la livre et au yen.