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Plongés dans le brouillard statistique laissé par le plus long shutdown de l’histoire américaine, investisseurs et banques centrales naviguent à vue.
Plongés dans le brouillard statistique laissé par le plus long shutdown de l’histoire américaine, investisseurs et banques centrales naviguent à vue. Entre euphorie avortée, doutes persistants et absence de données macro, le mois de décembre s’annonce comme un véritable blind test monétaire.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 17 novembre 2025
Fin du plus long shutdown de l’histoire américaine, mais retour rapide des incertitudes économiques.
Marchés en manque de conviction, entre tensions sur la Fed et volatilité des matières premières.
Dollar affaibli, pétrole en rebond, et Bitcoin sous pression après six mois de hausse.
Après six semaines de fronde, huit sénateurs démocrates désireux de passer Thanksgiving en famille, ont fini par rompre les rangs de leur parti. Une décision qui a donc mis fin, mercredi dernier, à une impasse budgétaire qui durait depuis 43 jours. Un nouveau record pour le président américain - toujours en quête de distinctions - au terme duquel cette capitulation sans contreparties - ou si peu - a plongé l'opposition dans une zizanie familiale qui a vite fait oublier ses succès électoraux de la semaine précédente.
La fin du plus long shutdown de l'histoire n'a bien sûr pas manqué de susciter une nouvelle bouffée d'euphorie chez les investisseurs pourtant déjà sous protoxyde d'azote depuis un bon bout de temps. Les marchés qui semblaient, une semaine avant, pris d'un doute sur la période de gestation de l'IA, flirtaient de plus belle avec de nouveaux sommets de valorisation - le Dow Jones en ayant touché un mercredi.
Mais le soulagement ne fût finalement que de courte durée. Avec une économie plongée dans le coma statistique depuis plus de 40 jours, difficile de se faire un avis sur ses constantes conjoncturelles. Du reste, fin octobre, le Congressional Budget Office (CBO), s'aventurait à avancer quelques chiffres.
« Les six semaines de chômage technique de l'administration fédérale auraient un impact de 1,5 point de pourcentage sur la croissance du PIB au quatrième trimestre. »
Il en ressortait notamment que les six semaines de chômage technique de l'administration fédérale auraient un impact de 1,5 point de pourcentage sur la croissance du PIB au quatrième trimestre - qui s'approcherait ainsi du quantique sur la période. Si, bien sûr, il y aura un rattrapage ultérieur, l'agence fédérale indépendante estimait que le manque à gagner ne sera pas compenser dans sa totalité.
Et cela va sans compter sur le fait que les fonds fédéraux enfin débloqués ne le sont que jusqu'au 30 janvier 2026. Or tout porte à croire que cette échéance ouvrira un nouveau shutdown…
En attendant, l'absence de données sur octobre pose un petit problème de cécité tant aux marchés qu'à la Fed. En l'absence d'indices, Jerome Powell va s'essayer à un autre blind test monétaire en décembre. Mais alors que les investisseurs espèrent toujours une nouvelle baisse de 25 pb au pied du sapin, de nombreux responsables politiques de la Réserve fédérale semblaient ne pas aller dans ce sens la semaine dernière. De quoi jeter un froid avant l'hiver.
De toute évidence, les marchés sont restés dans un flou certain la semaine passée. C'est, en effet, un manque flagrant de conviction qui caractérise les performances des différentes classes d'actifs. En tout cas sur les actions et les obligations.
La déception suscitée par le probable statu quo de la Fed en décembre ne s'est pas traduite par une recherche de protection sur l'obligataire. Seules les matières premières se distinguent à la hausse. Grâce notamment au rebond des cours du pétrole, avantagés notamment par les attaques ukrainiennes sur des structures énergétiques russes.
Le baril de Brent a terminé la semaine au-dessus du seuil des 64 dollars.
Les marchés actions sont finalement parvenus à arracher une petite hausse sur la semaine. Il n'en demeure pas moins que la période est moins à l'euphorie. Alors que les craintes d'une bulle sur les valeurs technologiques persistent, l'absence de visibilité sur l'état de santé de l'économie américaine et la probable fin de la parenthèse dovish de la Fed ont pesé sur le moral des investisseurs.
Un doute qui se ressent sur les performances hebdomadaires où l'Asie Pacifique et les États-Unis se distinguent à la baisse… tandis que l'Europe s'adjuge la plus forte hausse.
Le manque d'appétit pour le risque ne se traduit pas obligatoirement par la recherche d'actifs refuges. C'est, une nouvelle fois, l'enseignement qui peut être tiré de la performance du compartiment obligataire. Malgré l'accumulation des incertitudes et des craintes sur l'horizon économique et de marché, les investisseurs ne se sont pas mis en quête de protection contre le risque.
Tout du moins pas sur les obligations si l'on regarde le repli de l'investment grade comme du haut rendement. Seul, le court terme parvient à se maintenir à l'équilibre sur la semaine.
Et le constat n'a pas été différent sur le front souverain où les rendements des emprunts d'États à long terme ont légèrement progressé sur la semaine. Les doutes entourant la prochaine réunion de la Fed ont ainsi tiré à la hausse le 10 ans américain. La tendance était la même en Europe. Et plus marquée encore outre-Manche alors que certaines interrogations relatives notamment à l'abandon du relèvement d'impôt sur le revenu dans le budget devant être présenté le 26 novembre, suscitent quelques inquiétudes.
Celles-ci se sont notamment fait sentir sur le Gilt à 20 ans et 30 ans.
Étant donné les doutes et inquiétudes qui pèsent sur la santé de l'économie américaine, le dollar n'était pas à la fête la semaine passée. À l'inverse, c'est l'euro qui tire son épingle du jeu permettant à la paire de revenir sur les 1,16.
Les rumeurs d'un probable abandon d'une hausse d'impôts sur le revenu dans le budget britannique ont pesé sur la livre. À noter enfin que la frilosité des investisseurs s'est aussi traduite par une baisse des cryptomonnaies.
Le bitcoin est ainsi tombé, vendredi, sous la barre des 96 000 dollars pour la première fois depuis six mois.