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Les banques centrales ferment progressivement le robinet monétaire tandis que l’Europe tente de reprendre l’initiative, entre inflexions réglementaires et signaux industriels.
Les banques centrales ferment progressivement le robinet monétaire tandis que l’Europe tente de reprendre l’initiative, entre inflexions réglementaires et signaux industriels. Dans ce contexte plus rugueux, toutes les classes d’actifs ont trébuché la semaine passée.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 15 décembre 2025
3 points à retenir
Le cycle d’assouplissement monétaire touche à sa fin aux États-Unis comme en zone euro, avec un discours de plus en plus restrictif.
L’Europe multiplie les signaux de réaction économique et réglementaire, susceptibles de renforcer son attractivité en 2026.
La semaine a été négative pour l’ensemble des classes d’actifs, dans un climat de défiance et de tensions sur les marchés.
C'est donc acté. Sans l'ombre d'une surprise, la Fed a une nouvelle fois baissé d'un quart de point son principal taux directeur, la semaine passée. Et avec ce nouvel assouplissement, il semble que les investisseurs ont désormais mangé leur pain dovish. Plus qu'une seule baisse est désormais prévue l'an prochain. Et pas sûr que les derniers commentaires d'Isabel Schnabel, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, ne les motivent à venir voir si l'herbe monétaire est plus accommodante de ce côté-ci de l'Atlantique. Celle qui se dit prête à prendre la succession de Christine Lagarde (2027), a laissé entendre, la semaine passée, que la prochaine fois que l'institution lèvera le petit doigt, ce sera sans doute plus pour relever les taux que les abaisser. Bonjour l'ambiance…
Ceux qui espéraient jusqu'alors jouer les prolongations d'une thématique dovish - pourtant bien élimée -, devraient penser à se trouver d'autres hobbys pour 2026.
L'opportunité de se pencher sur quelque chose de plus concret que le pari de la météo monétaire à six mois. Or, justement, ça bouge en Europe… Certes toujours avec la célérité d'un gastéropode. Mais, au terme d'une année à regarder passer les trains, l'ordre du jour a enfin été donné la semaine dernière : fini de ruminer ! Le vent de la réaction se lève sur le Vieux continent.
Sur le front réglementaire notamment. La BCE a suggéré, jeudi, de simplifier la réglementation qui pèse sur le secteur financier depuis la crise financière de 2008. Dans l'automobile, Bruxelles a annoncé des privilèges aux petites voitures « Made in Europe » (places de stationnement préférentielles, règles moins strictes et subventions) pour contrer la concurrence chinoise. En outre, un sursis (au-delà de 2035) pour les moteurs thermiques aurait été aussi décidé.
Si l'on ajoute à cela la taxe de 3 euros sur les petits colis (provenant principalement de Chine) ou le chèque de 52 milliards d'euros que l'Allemagne s'apprête à signer pour s'offrir des joujoux militaires, on peut dire que ça bouge ici. Après avoir profité, un temps, du désamour des investisseurs pour le marché américain cette année, l'Europe pourrait désormais avoir de vrais arguments de séduction en 2026. À suivre…
Il n'y avait pas, la semaine passée, une classe d'actifs pour rattraper l'autre. Toutes ont terminé dans le rouge. Très largement anticipée, l'annonce d'une nouvelle détente monétaire aux États-Unis n'a pas été un facteur de soutien pour des marchés actions, par ailleurs, lestés par un regain d'inquiétudes sur la tech. Le compartiment obligataire n'a pas profité de l'aubaine tandis que les matières premières se sont distinguées à la baisse.
Si l'or a regagné un peu d'éclat, en revanche, le pétrole a continué de glisser vers les 60 dollars le baril (Brent), plombé par les négociations en cours sur un accord pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
Comme il fallait s'y attendre, la dernière réunion de la Fed n'a pas été un catalyseur la semaine passée. Largement anticipée, la nouvelle baisse de taux est passée sous les radars, totalement occultée par la résurgence de craintes sur le secteur technologique américain alimentée, la semaine dernière, par Oracle.
Dans ces conditions, les actions américaines ont signé la plus forte baisse hebdomadaire. À l'opposé, le marché nippon résistait à la tendance tout comme l'Europe qui continue de caracoler en tête du classement général.
En dépit d'un net regain de défiance à l'égard des actifs risqués, le compartiment obligataire a une nouvelle fois fait pâle figure. Contrairement à d'autres actifs refuges (comme l'or), l'investment grade n'a pas été recherché par les investisseurs, signant la plus forte baisse du compartiment. Sans la dynamique des actions, le high yield n'était pas à la fête non plus, reculant légèrement sur la semaine - comme le court terme. Le haut rendement n'en demeure pas moins largement en tête du palmarès annuel.
Le front souverain a évolué au gré d'un contexte monétaire chargé. La baisse des taux directeurs de la Fed, les déclarations d'Isabel Schnabel et la réunion (jeudi) de la BCE ont fait évoluer les anticipations monétaires qui ont, à leur tour, joué sur les emprunts d'État à long terme. Dans l'ensemble, cela s'est traduit par une légère tension sur les rendements. Alors que le 10 ans américain a pris 5 pb sur la semaine, la tendance était plus marquée en Europe où son pendant allemand s'est tendu de 7 pb.
Côté changes, la semaine a surtout été marquée par l'appréciation de l'euro. Alors que la BCE devrait opter pour le statu quo cette semaine (graphique), la perspective d'un durcissement monétaire l'an prochain a participé au renforcement de la monnaie unique. Notamment face au dollar - la paire est repassée au-dessus des 1,17.
À noter, parallèlement, que ce contexte n'a pas été non plus favorable aux cryptomonnaies, le Bitcoin ayant passé à la baisse le seuil des 90 000 dollars.