Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
La montée des tensions entre l’Iran, les États-Unis et Israël ravive la volatilité mondiale. Entre risque pétrolier, réactions des marchés actions et repositionnement obligataire, plusieurs scénarios.
La montée des tensions entre l’Iran, les États-Unis et Israël ravive la volatilité mondiale. Entre risque pétrolier, réactions des marchés actions et repositionnement obligataire, plusieurs scénarios se dessinent pour les investisseurs. Analyse des implications macroéconomiques et financières possibles.
L'actu marché du 02 mars 2026 par les équipes de Fidelity International
Le pétrole reste le principal baromètre du conflit, avec un Brent attendu entre 80 et 95 dollars dans le scénario central, mais pouvant dépasser 100 dollars en cas d’escalade.
Les marchés actions pourraient subir de la volatilité à court terme, mais le scénario central reste constructif si l’approvisionnement énergétique n’est pas durablement perturbé.
Les obligations souveraines de qualité devraient bénéficier d’un mouvement de refuge, tandis que certaines opportunités pourraient émerger sur le crédit de haute qualité.
Malgré la mort du Guide suprême Ali Khamenei, les événements actuels ne constituent pas un renversement de régime comme au Venezuela, ou même un démantèlement plus étendu de l’architecture de commandement de l’État, face à une gouvernance iranienne institutionnalisée. La question clé : qui deviendra le prochain Guide suprême ?
La nomination d’un nouveau dirigeant ultraconservateur augmenterait le risque de scénarios extrêmes, comme une prolongation du conflit ou une guérilla durable dans la région. Nous attribuons une probabilité faible à ce scénario, car tous les acteurs majeurs, y compris la Chine, ont intérêt à éviter une perturbation durable du détroit d’Ormuz, de même que les impératifs de survie du régime iranien lui-même.
Un facteur clé : la capacité de l’Iran à mener une riposte prolongée. À ce stade, la marine iranienne n’a pas encore été utilisée, alors qu’elle dispose de plus de 30 navires et de la capacité de bloquer ou de miner le détroit.
L’évolution des prix du pétrole servira de baromètre à l’appréciation de la situation par les marchés. Nous envisageons actuellement une évolution telle que décrite dans les scénarios 1 et 2 ci-dessous, avec une probabilité croissante pour le second. Les crises au Moyen-Orient sont souvent épisodiques et il existe des mécanismes potentiels de stabilisation, d’autant plus que le déploiement de troupes américaines au sol n’est pas une option. L’administration Trump opère sous des contraintes de temps, et l’élimination de Khamenei constitue un point de victoire tangible. Historiquement, l’Iran tend à rechercher une voie de désescalade dès que l’occasion se présente.
Sans élimination complète de la haute direction iranienne, la situation s’oriente vers un affrontement durable mais contenu.
Les caractéristiques incluent la poursuite des frappes iraniennes - missiles et drones - contre les bases régionales américaines et Israël, suivies de frappes ciblées et de précision menées par les États Unis et Israël contre les infrastructures de lancement et les actifs des Gardiens de la Révolution islamique. Les groupes affiliés restent actifs, mais de manière calibrée. Le détroit d’Ormuz demeure ni bloqué ni miné, et les infrastructures énergétiques du Golfe sont en grande partie épargnées.
Les implications comprennent une instabilité régionale persistante et une diminution progressive des stocks d’intercepteurs de défense antimissile. Le pétrole intègre une prime de risque géopolitique, mais les flux physiques restent intacts.
Dans ce scénario, le Brent évoluerait probablement dans une fourchette de 80 à 95 dollars. Il s’agit surtout d’un choc sur le Brent plutôt que sur le WTI. Les États Unis, désormais exportateurs nets de brut et de produits raffinés, disposent de la capacité de contenir les hausses de prix domestiques via la gestion des réserves stratégiques, les outils de politique d’exportation ou une réallocation logistique.
Le mécanisme de transmission vers l’inflation américaine serait donc plus atténué qu’au cours des précédents conflits dans le Golfe. Le choc de prix serait plus marqué pour l’Europe et l’Asie, étant donné leur dépendance au brut moyen oriental transporté par voie maritime. Ce scénario est celui d’une escalade contrôlée (nettement plus intense que l’an dernier) plutôt qu’à une perturbation systémique de l’offre énergétique.
Une évolution occasionnant des pertes humaines supérieures, avec une frappe iranienne réussie contre des infrastructures critiques, ou un ciblage par Israël de hauts responsables iraniens qui pourraient élargir le conflit.
Cela impliquerait des salves de missiles iraniens plus importantes contre la base d’Al Udeid au Qatar, la Cinquième Flotte à Bahreïn et certaines infrastructures aux Émirats arabes unis. Le Hezbollah pourrait intensifier ses actions le long de la frontière nord d’Israël. Les milices irakiennes pourraient accroître leurs attaques contre les intérêts américains. Certaines installations énergétiques du Golfe ou des navires pétroliers pourraient être visés.
Dans ce scénario, le pétrole évoluerait probablement dans une fourchette de 90 à 110 dollars, principalement tiré par le Brent. Les coûts d’assurance pour le transport maritime dans le Golfe s’envoleraient et les primes de risque s’élargiraient sur l’ensemble des matières premières et des actifs régionaux. Même dans ce contexte, le marché pétrolier domestique américain resterait probablement mieux ancré par rapport aux indices internationaux, renforçant ainsi la divergence entre le Brent et le WTI.
Cela supposerait un déclencheur menaçant la survie même du régime, tel qu’une tentative de démantèlement de la structure de commandement du pays ou la destruction soutenue d’infrastructures.
L’Iran pourrait miner le détroit, saisir des pétroliers, ou lancer des attaques de missiles et de drones contre des navires en transit. Même une perturbation partielle affecterait de manière significative environ 30 % des flux pétroliers maritimes mondiaux.
Le prix du pétrole pourrait alors surgir au-delà de 120 dollars par voie de conséquence immédiate. Les principaux pays consommateurs activeraient probablement leurs réserves stratégiques. La Chine deviendrait un acteur diplomatique majeur, compte tenu de sa dépendance aux approvisionnements venus du Golfe. La réaction navale américaine serait rapide et vigoureuse.
Il s’agit du levier d’escalade ultime, mais aussi du plus préjudiciable aux intérêts économiques et à la survie même du régime iranien, ce qui explique pourquoi Téhéran l’a historiquement brandi sans jamais aller jusqu’à une fermeture totale.
Le scénario central repose sur une prime géopolitique élevée, avec un Brent évoluant entre 80 et 95 dollars et un WTI relativement plafonné en raison du statut d’exportateur des États Unis et de la flexibilité de leur offre domestique. En cas d’escalade, le Brent franchirait le seuil des 100 dollars, avec un écart Brent WTI qui se creuserait.
Une perturbation du détroit d’Ormuz provoquerait un pic sévère des prix, emporté par le Brent, avec des conséquences inflationnistes mondiales et des réponses politiques forcées. L’élément essentiel à retenir est qu’il s’agirait structurellement d’un choc sur le brut transporté par voie maritime, et non d’un choc sur l’offre domestique américaine. Cela constituerait un vent contraire à court terme pour les actions, s’ajoutant aux inquiétudes actuelles autour de l’IA et du risque obligataire, en particulier pour les consommateurs de pétrole ou ceux exposés aux coûts. En revanche, ce serait positif pour l’or et les métaux précieux, les seuls véritables refuges en cas de choc mondial sur l’offre.
Historiquement, le dollar américain a bien résisté dans ce type de contexte, mais cela n’est plus garanti aujourd’hui. La diversification demeure essentielle, que cet épisode s’inscrive dans la durée ou non.
En l’absence d’un démantèlement plus large de la structure de commandement en Iran, la situation a plus de chances d’évoluer vers une riposte continue mais calibrée, plutôt que vers une guerre régionale immédiate de haute intensité.
L’Iran a déjà démontré sa volonté de frapper des bases américaines à travers le Golfe. Le détroit d’Ormuz n’a pas encore été miné ni activement bloqué, bien que le trafic y soit quasiment à l’arrêt, ce qui suggère que Téhéran conserve délibérément son levier d’impact le plus puissant.
Les facteurs déterminants incluent la poursuite éventuelle de frappes visant la direction du régime iranien, les seuils de pertes acceptables pour les États Unis et Israël, ainsi que la possibilité que le transport maritime, l’énergie ou des infrastructures plus larges soient directement touchés.
À ce stade, les marchés devraient intégrer une prime géopolitique structurellement élevée plutôt qu’un effondrement systémique de l’offre, le Brent absorbant la majeure partie du risque tandis que le WTI demeure relativement protégé, le choc se transmettant à la fois au travers des prix du pétrole et des indicateurs de confiance.
L’escalade significative survenue ce week end entre les États Unis, Israël et l’Iran marque une hausse claire du risque géopolitique. Les marchés devraient réagir avec une volatilité accrue et un repricing des actifs risqués à court terme. Notre scénario central demeure toutefois constructif pour les actions mondiales, sauf en cas de perturbation durable et structurelle de l’approvisionnement en énergie.
Les actions mondiales ont abordé cet épisode avec un momentum raisonnable. L’indice MSCI World se négocie à environ 23x les bénéfices réalisés en 2025, un niveau élevé par rapport à l’historique. Les investisseurs ont accepté cette prime en raison d’attentes de croissance solide des bénéfices et d’un reflux des inquiétudes liées aux tarifs douaniers et aux échanges commerciaux. Fait important, le leadership de marché s’était déjà distendu début 2026, avec une plus grande dispersion entre secteurs et régions et celle-ci devrait encore s’accentuer dans le contexte actuel.
Trois risques méritent une attention particulière :
Perturbation de l’approvisionnement en énergie : Une perturbation durable des flux pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz aurait un impact matériel sur les prix mondiaux de l’énergie et du transport maritime. Une flambée temporaire est gérable ; une perturbation prolongée exercerait une pression sur les marges et sur les bénéfices en termes réels.
Inflation et politique monétaire : Une poussée d’inflation liée à l’énergie pourrait limiter la capacité des banques centrales à assouplir leur politique en cas de ralentissement économique. Les marchés supposent aujourd’hui une certaine flexibilité des autorités monétaires ; cette hypothèse pourrait être mise à l’épreuve.
Effets sur la confiance : Une incertitude géopolitique élevée peut peser sur l’investissement des entreprises et sur la consommation, même en l’absence de choc physique sur les approvisionnements.
Si ces canaux restent contenus, la croissance des bénéfices, et non la géopolitique, redeviendra probablement le principal moteur de la performance des actions.
Les chocs géopolitiques ont tendance à accroître la volatilité et la dispersion, davantage qu’à détériorer durablement les marchés actions. Rester investi demeure essentiel pour atteindre ses objectifs de long terme. En parallèle, la résilience d’un portefeuille reste déterminante.
Nous continuons de privilégier une allocation diversifiée tant sur le plan géographique que sectoriel. En période d’incertitudes, diversifier les expositions économiques, plutôt que concentrer les paris sur un seul thème, une seule région ou un seul régime politique, devient particulièrement précieux.
Nous restons vigilants. Une perturbation prolongée de l’approvisionnement en énergie ou un choc de croissance induit par une certaine politique monétaire justifieraient une réévaluation de notre positionnement. À ce stade, toutefois, la volatilité semble plus probable qu’une détérioration structurelle des marchés actions.
Les marchés devraient connaître une volatilité accrue à court terme en raison de l’intensification des tensions géopolitiques et de la dégradation de la visibilité sur les prix du pétrole et l’inflation. Une réaction classique de flight to quality devrait soutenir les dettes souveraines bien notées - telles que les bons du Trésor américains, les Bunds ou les émetteurs de grande qualité - même si les réajustements géopolitiques récents ont conduit les investisseurs internationaux à réduire progressivement leur dépendance aux obligations souveraines américaines en tant que principal actif refuge. Cette évolution reflète à la fois une diversification géopolitique et une plus grande disposition à se tourner vers des souverains de haute qualité en dehors des États Unis. Les points morts d’inflation (breakevens) pourraient intégrer des anticipations d’inflation plus élevées à l’échelle mondiale si le conflit devait se prolonger.
Les devises asiatiques de haute qualité pourraient également se stabiliser puis se redresser après le choc initial de marché. L’écartement des spreads devrait créer des opportunités d’achat sélectives, en particulier sur le crédit de haute qualité.
Le principal risque régional réside dans une forte hausse des prix du pétrole, notamment si des perturbations surviennent dans le détroit d’Ormuz. Les grandes économies asiatiques - Inde, Chine, Japon et Corée du Sud - dépendent fortement du pétrole du Moyen Orient et pourraient être contraintes de puiser dans leurs réserves stratégiques. Une perturbation prolongée entraînerait une hausse significative de l’inflation et des pressions sur les coûts. De tels effets inflationnistes pourraient revaloriser les obligations indexées sur l’inflation à la hausse tout en pesant sur les marchés de taux plus largement ainsi que sur les segments du crédit sensibles aux conditions macroéconomiques.
Historiquement, les primes de risque géopolitique dans les marchés du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) ont tendance à réapparaître en période de tensions, affectant les crédits sensibles au pétrole. Toutefois, les grandes banques nationales du CCG ainsi que les banques israéliennes demeurent généralement solides sur le plan fondamental ; leurs valorisations dépendront de la manière dont les marchés intègrent le risque macroéconomique.
Les banques israéliennes font face à une situation plus contenue qu’au cours du conflit avec Gaza en 2023. Elles ont fait preuve de résilience, revenant sur les marchés plus tôt cette année avec une qualité d’actifs améliorée et une solide capitalisation. Leurs cycles de crédit et leurs tendances quant au coût du risque restent en ligne avec les stress tests de la Banque d’Israël. Les risques de dégradation de notation se sont atténués, même si la note souveraine d’Israël conserve une perspective négative selon Fitch.
Les banques du Moyen Orient situées aux Émirats arabes unis, au Qatar, en Arabie saoudite et au Koweït font face à des risques liés à un affaiblissement du climat des affaires, à des perturbations du commerce et à des difficultés d’exportation d’hydrocarbures. Des prix du pétrole plus élevés soutiennent les finances souveraines, mais un blocage du détroit d’Ormuz pourrait fortement réduire les exportations du Koweït et du Qatar, tandis que les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite pourraient rediriger la majeure partie de leurs flux via des pipelines alternatifs. Néanmoins, l’ampleur des fonds souverains, l’amélioration des pratiques de souscription, la diversification des portefeuilles de prêts et un historique solide de soutien étatique devraient aider les banques à absorber les chocs.
Bien que l’évolution géopolitique demeure difficile à anticiper avec précision, les portefeuilles doivent être positionnés de manière à résister à un éventail de scénarios possibles. Parallèlement au conflit, plusieurs lignes de fracture macroéconomiques restent actives. La trajectoire de la politique budgétaire américaine est déterminante compte tenu de la dynamique de dette et d’émissions, tandis que la fonction de réaction de la Réserve fédérale fait l’objet d’une attention politique accrue. La pérennité de l’investissement lié à l’IA constitue un autre facteur clé — tant pour soutenir la croissance nominale américaine que pour déterminer jusqu’où les gains de productivité et la diffusion des disruptions technologiques s’étendront au delà du secteur technologique.
Plus globalement, la croissance dans les principales régions demeure intacte, avec un momentum nominal particulièrement solide aux États Unis, soutenu par l’expansion budgétaire et les dépenses d’investissement liées à l’IA. Le cycle mondial demeure en phase d’expansion, mais la dispersion augmente à mesure que la fragmentation géopolitique et les tensions commerciales stratégiques redessinent les flux commerciaux et financiers. Nous restons constructifs sur les actions à moyen terme, portés par la résilience des bénéfices et le soutien des politiques économiques, tout en reconnaissant que la volatilité pourrait augmenter à court terme. L’or demeure un précieux diversificateur de portefeuille dans un monde marqué par une fragmentation géopolitique croissante, une expansion budgétaire à l’oeuvre et une corrélation plus fragile entre obligations et actions, son rôle de couverture structurelle contre les chocs de politique et de confiance demeurant pleinement ancré. En ligne avec notre approche, les périodes de dislocation seraient perçues comme des opportunités d’ajouter du risque de manière sélective plutôt que comme un signal de repli structurel.