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Porté par une victoire politique décisive au Japon et un regain d’optimisme sur la relance économique, le Nikkei s’envole tandis que les investisseurs mondiaux restent prudents face.
Porté par une victoire politique décisive au Japon et un regain d’optimisme sur la relance économique, le Nikkei s’envole tandis que les investisseurs mondiaux restent prudents face aux actifs risqués. Entre repositionnement géographique et aversion au risque, les marchés dessinent une nouvelle hiérarchie des performances.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 16 février 2026
La victoire législative de Sanae Takaichi nourrit l’espoir d’une relance économique majeure au Japon et propulse les actions nippones.
Les investisseurs adoptent une posture prudente, privilégiant les obligations de qualité alors que les actifs risqués reculent.
Le yen se renforce nettement tandis que les actions américaines subissent un mouvement de défiance marqué.
Cette fois, c'est la bonne ! En tout cas, les investisseurs ont envie d'y croire. À la lueur d'un soleil levant sur le Japon, bien sûr… Quoi d'autre ?!!! En tout état de cause, l'écrasante victoire de Sanae Takaichi aux dernières législatives leur donne une lucarne d'espoir. Avec désormais plus des deux tiers des sièges à la Chambre basse du Parlement, la Première ministre nippone a les coudées franches pour appliquer sa politique de relance. Et enfin sortir l'archipel de l'Ehpad économique dans lequel il végétait depuis bientôt trente ans. Pour fêter l'évènement, les investisseurs ont fait, la semaine passée, une razzia sur les actions japonaises (avec un supplément yen). De quoi porter le Nikkei 225 à un nouveau Fuji de valorisation - l'indice a passé la barre de 58.000 points en séance, jeudi dernier, pour la première fois de son histoire.
Alors certes, à première vue, une telle euphorie pour un scrutin législatif peut relever de la pathologie. Mais, en y regardant de plus près, l'espoir sorti des urnes est loin d'être exagéré. Ce nouveau contexte dissipe un climat d'incertitude pour les entreprises nippones, posant un cadre budgétaire et économique qui va leur permettre de se projeter. Notamment, en matière d'investissement. Particulièrement, à l'étranger alors que le Japon opère un rapprochement avec les États-Unis. Et alors que la tendance sectorielle sur les marchés n'est plus au monochrome IA, la palette de secteurs susceptibles de profiter de l'aubaine conjoncturelle sur l'archipel fait figure de liste à la Prévert… Construction, semi-conducteur, infrastructures et énergie sont concernées au premier plan. Auxquels on peut ajouter les 17 "industries stratégiques" (défense, cybersécurité, nucléaire…) ciblées pour être renforcées par le gouvernement en fin d'année dernière. Sans oublier les banques qui devraient bénéficier de la normalisation monétaire de la BoJ et de l'augmentation des prêts aux entreprises. Cela, dans un contexte où, depuis plus de deux ans, les entreprises améliorent leurs bénéfices et distribuent davantage de dividendes, le marché japonais a d'indéniables arguments. Reste à savoir désormais comment va être monté financièrement le plan de relance et quel accueil lui réserveront les investisseurs.
À regarder la tendance générale des différentes classes d'actifs, les investisseurs sont globalement restés dans une posture d'aversion au risque. En témoigne, le compartiment obligataire qui signe la seule hausse hebdomadaire et, à l'opposé, les actifs risqués qui ont terminé dans le rouge. À noter toutefois pour les actions que seul le marché américain a conclu - nettement - en territoire négatif. Les matières premières, quant à elles, étaient également à la peine, lestées notamment par les prix du pétrole qui sont redescendus sur les 67 dollars le baril (Brent). Une baisse à mettre au compte notamment de la révision à la baisse des prévisions de l'AIE en matière de demande cette année et de rumeurs sur l'éventualité d'une nouvelle hausse de la production de l'Opep.
La tendance sur les actions caractérise un peu le sentiment qui prédomine chez les investisseurs depuis quinze jours et qui pourrait se résumer à un "sauve qui peut" sur les actions américaines. Plombées par les inquiétudes persistantes sur l'IA, celles-ci ont enregistré - de très loin - la pire performance hebdomadaire alors que l'ensemble des zones géographiques étaient dans le vert. À commencer, bien sûr, par les actions japonaises qui en plus de profiter d'un contexte politique favorable à la mise en place d'un plan de relance bénéficiaient de l'appréciation du yen. Celles-ci caracolent désormais largement en tête au classement général.
Pour une fois, l'aversion au risque a surtout été lisible dans les performances du compartiment obligataire. Et surtout dans celle des obligations les mieux notées qui se sont appréciées. La tendance a, en revanche, été moins marquée sur le court terme. Pâtissant de la prudence des investisseurs, le haut rendement est, en revanche, le seul à conclure la semaine dans le rouge. Cet écart redessine le palmarès annuel désormais bien dominé par l'investment grade, caractérisant l'ambiance qui prédomine en ce début d'année sur les marchés.
La frilosité des investisseurs était aussi palpable sur le front souverain. En témoigne, le rendement du 10 ans US qui a reculé de 16 pb sur la semaine. Une tendance qui tient aussi à la publication de certains indicateurs (emplois, inflation) et à leurs répercussions sur les anticipations monétaires. La semaine a été, au contraire, plus calme en Europe où la même tendance a prévalu mais dans une moindre mesure. Le 10 ans allemand ne s'est replié que de 8 pb tandis que l'OAT de même maturité a cédé 9 pb.
La semaine passée a essentiellement été marquée par l'appréciation du yen qui, après avoir souffert ces derniers temps, a nettement rebondi face aux autres devises. Profitant des nouveaux espoirs relatifs à la relance économique de l'archipel et son statut d'actif refuge, la devise nippone s'apprécie de près de 2 % face à l'euro. Parallèlement, dans un mouvement général de défiance à l'égard des actifs américains, le dollar n'était pas à la fête permettant à la paire euro-dollar de revenir sur le seuil des 1,19.