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Il n'y a pas que l'Hexagone qui est en pleine introspection budgétaire. Les États-Unis aussi… Sauf que, là-bas, l'absence de consensus n'oblige pas la classe politique à en trouver un.
Il n'y a pas que l'Hexagone qui est en pleine introspection budgétaire. Les États-Unis aussi… Sauf que, là-bas, l'absence de consensus n'oblige pas la classe politique à en trouver un. La règle est simple : pas de financement, pas de fonctionnement.
Par Fidelity International
De fait, depuis mercredi dernier et l'ouverture d'un nouveau shutdown, l'État fédéral est en partie au chômage technique. En soi, rien de renversant puisqu'il ne s'agit que du 22ème de l'histoire du pays. Il y a six ans déjà, les fonctionnaires avaient patienté 35 jours sur leur canapé que Donald Trump renonce à son projet de clôture avec le voisin mexicain. Un record ! Et tout porte à croire qu'il est motivé pour le faire tomber. Car, aujourd'hui, le rapport de force politique est inversé. Quant aux sujets de discorde avec les Démocrates, il y a de quoi en faire un bottin. Bref, le président américain a tout son temps. Et, à l'en croire, il serait même déterminé à l'utiliser pour convertir le chômage partiel d'une partie des 750.000 agents publics concernés, en longue durée.
Un horizon qui, bien sûr, est loin d'enchanter les préposés aux parcs nationaux, aux musées et, moins encore, les employés des agences environnementales. Mais, jusqu'ici, au-delà du frisson automnal de saison, cela ne semble pas faire trembler les marchés. Pourtant, près de 115.000 postes pourraient être ainsi radiés, selon les calculs du Washington Post. Si l'on ajoute à cela les milliers de licenciements orchestrés par le Doge (Department of Government Efficiency) depuis le début de l'année, l'addition s'annonce salée. De quoi - cette fois - vraiment fragiliser le marché du travail… Et définitivement convaincre les anticipations d'un nouveau relâchement monétaire de la Fed en octobre - qui, ironie du sort, en raison du shutdown, ne pourra peut-être pas s'appuyer sur les chiffres de l'emploi de septembre pour en convenir. Et cela va sans compter sur l'impact économique. En 2018, au cœur du précédent épisode, il se chiffrait alors en point de croissance hebdomadaire (entre 0,05 et 0,12%) ! Des conséquences qui, au-delà de la contrepartie dovish qu'elles suggèrent, ne pourront pas être ignorées longtemps par les marchés. En attendant, entre dégraissement fédéral et baisse de taux, Donald Trump semble bien parti pour réussir un coup double.
Classes d'actifs
Depuis quelques semaines, rien ne semble pouvoir altérer l'optimisme des investisseurs. Pas même un shutdown supplémentaire aux États-Unis. En témoigne la nouvelle hausse hebdomadaire des actions - la cinquième de rang - toujours alimentée par les anticipations d'une poursuite de la baisse des taux américains. Du reste, la nouvelle progression du compartiment obligataire et le nouveau record signé par l'or (à près de 3 900 dollars l'once) traduisent aussi une certaine prudence de la part des investisseurs. Parallèlement, les matières premières sont reparties à la baisse, lestées par les cours du pétrole qui, en testant le seuil des 64 dollars le baril (Brent), ont touché un plus bas de quatre mois. Un recul qui tient à une nouvelle hausse de la production de l'OPEP attendue en novembre.
Septembre qui n'est habituellement pas une période très prospère pour les marchés a, cette année, déjoué les pronostics. Les actions qui signent une cinquième semaine de hausse, terminent d'ailleurs sur l'une de leur meilleure performance hebdomadaire du mois. Si les anticipations d'une poursuite du cycle assouplissement monétaire aux États-Unis participent à la tendance, celle-ci a aussi été entretenue par des biais sectoriels forts. Sur la tech, bien sûr, mais surtout sur le secteur pharmaceutique qui a profité d'un premier accord entre Pfizer et la Maison Blanche. Finalement, les émergents et l'Europe se distinguent à la hausse, creusant un peu plus leur avance au palmarès annuel.
La tendance sur la semaine écoulée, comme sur la précédente, montre que les investisseurs avancent à couvert. Si leur appétit pour le risque ne se dément toujours pas, la recherche de couverture via notamment le compartiment obligataire témoigne d'une certaine réserve. Celle-ci se lit avant tout au travers de la performance de l'investment grade qui s'adjuge la plus forte hausse hebdomadaire. De son côté, profitant de l'appréciation des actions, le haut rendement n'est pas en reste et creuse l'écart au classement général.
Côté souverain, la tendance hebdomadaire se veut très légèrement plus nuancée. Globalement, les rendements des emprunts d'État à long terme ont reculé, confirmant que les investisseurs sont sur leur garde. Néanmoins, le phénomène était plus visible aux États-Unis avec le shutdown où le 10 ans américain a reculé de 6 pb. En Europe, le Bund de même maturité n'en a cédé que de 4 pb. À noter qu'avec l'incertitude politique persistante dans l'Hexagone, le spread franco-allemand s'est un peu plus écarté (au-delà des 80 pb) durant la semaine.
La tendance sur le marché des changes a globalement été marquée par un affaiblissement continu du dollar. Une tendance à mettre au compte du shutdown aux États-Unis et à la perspective renforcée d'une nouvelle baisse à venir des taux américains. Parallèlement, le rebond de l'inflation à 2,2% en zone euro sur septembre (voir graphique), confortant - s'il le fallait - la fin du cycle dovish de la BCE, a soutenu l'euro. Malgré la faiblesse du billet vert, la paire euro-dollar est parvenue à se maintenir sur le seuil des 1,17. À noter, parallèlement, qu'en écho aux crispations politiques et budgétaires aux États-Unis, les cryptos ont repris du poil de la bête permettant au Bitcoin d'établir, ce week-end, un nouveau record à un peu plus de 125.000 dollars.