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La Chine a officiellement atteint son objectif de croissance en 2025, mais les dernières statistiques révèlent une économie bien plus vulnérable qu’il n’y paraît.
La Chine a officiellement atteint son objectif de croissance en 2025, mais les dernières statistiques révèlent une économie bien plus vulnérable qu’il n’y paraît. Entre dépendance aux exportations, faiblesse de la demande intérieure et enjeux géopolitiques, le tableau est contrasté, tandis que l’attention se porte aussi sur la Réserve fédérale américaine et les métaux stratégiques.
Le point hebdo de Pictet Asset Management daté du 26 janvier 2026 par Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement
3 points à retenir
Le Groenland a été au cœur de l’actualité. À tort. C’était du côté de la Chine qu’il fallait regarder. Elle a publié ses dernières statistiques. Elles ne sont pas bonnes. L’objectif de croissance à 5% a été officiellement atteint en 2025. Mais si on creuse un peu, on se rend compte des nombreuses fragilités de l’économie chinoise. En dépit des discours officiels et des vœux pieux, les exportations continuent d’être le principal moteur de croissance et cela risque de s’accentuer cette année. Les statistiques sur les prêts publiées la semaine dernière sont horribles ; les pires jamais enregistrées. Les Chinois ne font littéralement pas de demande de prêt, et c’est encore plus inquiétant si on se concentre sur les prêts au secteur privé. Cela nous donne une indication de la faiblesse de la demande intérieure. En cause, toujours les mêmes problèmes bien connus liés à la crise immobilière et à l’essor du chômage. Cette situation risque d’entraîner des conséquences géopolitiques. La Chine étant très dépendante du commerce international, même s’il s’est renforcé ces dernières années avec les autres pays asiatiques, elle n’a pas intérêt à court terme à envenimer la guerre commerciale avec les États-Unis.
Est-ce que tout ceci constitue une raison valable pour rester à l’écart des actions chinoises ? Pas nécessairement. On sait depuis longtemps que la bourse est en grande partie décorrélée de l’économie réelle.
La réunion de la Réserve Fédérale américaine (Fed) est le point d’attention de la semaine. Elle se réunit mardi et mercredi. Elle devrait laisser son taux directeur inchangé. Pourquoi ? L’économie américaine est solide. Nous nous attendons à une réaccélération de la croissance au second semestre sous l’effet des baisses de taux déjà effectuées, de prix de l’énergie faibles et des mesures de relance budgétaire – comme les chèques aux ménages évoqués en fin d’année dernière.
L’inflation reste supérieure à sa cible de 2%. Mais elle n’évolue pas à des niveaux préoccupants. En décembre, l’indice des prix à la consommation est ressorti à 2,7 % sur un an - en ligne avec le consensus – tandis que l’inflation sous-jacente, qui est plus importante pour estimer la dynamique des prix, est ressortie un peu plus basse que prévu à 2,6 %. L’envolée tant redoutée des prix à cause du protectionnisme ne s’est pas produite. L’électroménager est en repli de 4,3 % sur un an, par exemple. C’est une bonne nouvelle. Comment l’expliquer ? Les entreprises américaines, en très bonne santé dans l’ensemble, ont réduit légèrement leur marge et n’ont pas fait payer aux consommateurs la hausse des taxes douanières. Cela nous rappelle qu’il faut se garder de tirer des conclusions hâtives et ne jamais surinterpréter le fait politique.
Enfin, le marché du travail ralentit certes. Mais il ne s’effondre pas. Les créations d’emplois dans le secteur privé mesurées par ADP indiquent une hausse moyenne de 11.750 postes par semaine au cours des quatre semaines précédant le 20 décembre. Ce chiffre est cohérent avec la croissance mensuelle de 50.000 emplois non agricoles en décembre annoncée au début du mois par le Département du Travail. C’est moins qu’il y a un an de cela. Mais ce n’est pas préoccupant. Le marché du travail n’est pas en récession.
N'en déplaise à Donald Trump, la Fed peut se permettre d’attendre d’avoir plus d’informations sur l’état de l’économie en ce début d’année avant de baisser ses taux de nouveau, probablement au printemps.
Du nouveau au niveau des terres rares et des minerais stratégiques. Le gouvernement américain est passé du rôle de régulateur à celui d’acheteur en dernier ressort.
Donald Trump a invoqué l’article 232 qui met en place des prix planchers pour les métaux critiques. Cela va protéger les producteurs américains du dumping étranger et garantir la viabilité économique de l’exploitation minière aux États-Unis.
En outre, la loi SECURE Minerals Act a été présentée. Elle crée une réserve stratégique de terres rares et de métaux critiques pour une valeur de 2,5 milliards $, gérée par une entité indépendante qui peut en acheter à tout moment sur le marché et qui doit contribuer à la stabilisation des prix.
Et l’Europe dans tout cela ?