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Entre statu quo monétaire, doutes sur l’IA et regain d’aversion au risque, les marchés traversent une phase de désenchantement.
Entre statu quo monétaire, doutes sur l’IA et regain d’aversion au risque, les marchés traversent une phase de désenchantement. La déception s’installe là où l’on espérait encore des catalyseurs.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 2 février 2026
La Fed campe sur ses positions : sans choc macroéconomique, aucune baisse de taux ne semble à l’horizon proche.
Les dépenses massives liées à l’intelligence artificielle nourrissent l’impatience des investisseurs, en l’absence de monétisation claire.
Le regain d’aversion au risque profite aux obligations et pèse sur les actifs américains, du dollar aux actions.
C'est vraiment dommage ! Pour une fois qu'il y avait matière à chasser l'ennui d'une conférence post-FOMC. Pression de la Maison Blanche, indépendance de la Fed, prochain patron de l'instance… La communauté financière pouvait au moins, secrètement, nourrir l'espoir d'une pincée de sel. Il n'en fut rien. Inflexible, Jerome Powell n'a pas voulu polémiquer davantage. Ni même dire s'il resterait au board de l'institution au-delà de son mandat. Le président de la Fed s'en est tenu à un simple diagnostic conjoncturel prescrivant un statu quo déjà largement dans les tuyaux. Pas pour asticoter l'occupant du Bureau ovale mais parce que cela tombe sous le sens. Avec un taux de chômage à 4,4 %, un PCE core à 2,8 % et une croissance autour de 2 %, l'économie américaine n'est pas vraiment à l'article de la mort. En tout cas, pas de quoi baisser une nouvelle fois les taux si ce n'est pour réveiller une inflation qui ne dort que d'un œil - déjà bien au-dessus de sa cible.
Sauf changement radical des constantes économiques américaines, il ne faut donc pas s'attendre à une nouvelle baisse de taux avant l'arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Fed. Si la nouvelle a de quoi interroger les investisseurs, leur déception ne s'arrête pas là. La semaine passée, c'est aussi la tech qui a plombé l'ambiance sur les marchés. Et une fois encore, au cœur des tourments, le puits sans fond de l'intelligence artificielle leur donne le vertige des abysses. Cette fois-ci, ce sont les dépenses record de Microsoft au quatrième trimestre qui sédimentent un peu plus leur exaspération. À quand la monétisation de l'IA qui, sans retour sur investissement, semble surtout tenir jusqu'ici de l'artifice boursier ? D'autant que les cash-flow engloutis réduisent aussi progressivement la capacité de ces géants à rémunérer leurs actionnaires via des rachats d'actions. L'impatience est palpable et, dans la continuité de 2025, donne à ces derniers des envies d'ailleurs. Car, en l'espèce, les deux moteurs (monétaire et technologique) qui avaient permis aux marchés américains de rebondir l'an dernier sont désormais, si ce n'est en panne sèche, au moins sur le point de se mettre en veille.
Cette fois, le doute n'est plus permis. C'est bien un regain d'aversion au risque qui a dominé la semaine écoulée. Alors que les actions et matières premières ont terminé dans le rouge, seul le compartiment obligataire est parvenu à se maintenir en territoire positif. La résurgence de craintes sur les dépenses liées à l'IA et la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed ont pesé sur la tangente des actions. Les matières premières ont pourtant bien résisté à l'instar du pétrole qui, sur fond de tensions croissantes entre les États-Unis et l'Iran, a vu le baril tutoyer les 70 dollars (Brent).
La suite des résultats annuels a soufflé le choix et le froid sur les marchés actions. Le luxe en Europe et le secteur technologique outre-Atlantique ont pesé sur la tendance des marchés occidentaux. Sans compter les inquiétudes relatives à la nomination d'un fidèle de Donald Trump à la tête de la Fed. Du reste, ces nouvelles ont surtout pénalisé les marchés américains qui s'inscrivent nettement à la baisse par rapport aux autres zones. À l'inverse, c'est l'Asie-Pacifique qui signe la plus forte hausse hebdomadaire, passant désormais en deuxième place au palmarès annuel derrière les émergents.
Résultats d'entreprises, tensions géopolitiques, indépendance de la Fed, sans parler de certains indicateurs - Conference Board (graphique) - incitent les investisseurs à se reporter sur des actifs refuges. À l'instar de l'or qui s'est envolé à près de 5.600 dollars l'once, la semaine passée. Mais également du compartiment obligataire qui, pour une fois, profite de l'aversion au risque. Au premier rang desquels l'investment grade qui s'octroie la meilleure performance hebdomadaire et revient talonner le haut rendement au classement annuel.
La même tendance a prévalu sur le front souverain avec, toutefois, quelques nuances. Car ce sont surtout les emprunts d'États à long terme en Europe qui ont été recherchés. En témoigne le recul du rendement du 10 ans allemand (5 pb) notamment. À l'inverse, les inquiétudes entourant les États-Unis incitent les investisseurs à se détourner des actifs américains augmentant légèrement la prime de risque. Le 10 ans américain a conclu la semaine sur une petite hausse de 3 pb.
Sur le marché des changes, la principale tendance tient au retour de la paire euro-dollar sur le seuil des 1,20 en début de semaine, pour la première fois depuis quatre ans et demi. Un mouvement qui tient, là encore, à la défiance des investisseurs à l'égard des actifs américains et particulièrement du billet vert qui, depuis un an, n'est plus recherché comme actif refuge dans les phases de turbulences. L'autre fait marquant est le fort rebond, notamment en début de semaine, du yen sur fond de spéculations d'une intervention des autorités japonaises pour soutenir la devise.