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Deux accords commerciaux majeurs conclus par l’Union européenne avec le Mercosur et l’Inde pourraient soutenir la croissance et ouvrir de nouvelles perspectives sectorielles pour les.
Deux accords commerciaux majeurs conclus par l’Union européenne avec le Mercosur et l’Inde pourraient soutenir la croissance et ouvrir de nouvelles perspectives sectorielles pour les entreprises européennes. Entre baisse des droits de douane et accès à des marchés stratégiques, ces traités pourraient avoir des effets macroéconomiques et boursiers non négligeables.
Une analyse du 17 février 2026 du Groupe La Française, par François Rimeu, Stratégiste senior, Crédit Mutuel Asset Management
Deux accords UE–Mercosur et UE–Inde : chacun apporterait environ +0,1 % de croissance.
Baisse massive des droits de douane et ouverture sur des marchés majeurs.
Impacts sectoriels clés : automobile, vins & spiritueux, chimie, pharma, machines-outils.
Dans le contexte de guerre tarifaire déclenchée par les Etats-Unis, ses partenaires commerciaux diversifient leurs alliances pour s’extraire des menaces américaines. Ainsi, deux accords commerciaux historiques viennent d’être signés par l’Union Européenne (UE) : l’un avec le Mercosur, l’autre avec l’Inde. A mesure de son implémentation, chaque accord devrait représenter +0,1 % de croissance par an sur une période de 5 à 10¹ ans et engendrer un impact sur la classe d’actifs actions potentiellement non négligeable pour certains acteurs et secteurs.
Signé le 17 janvier, l’accord commercial avec le Mercosur (UE & Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay + Bolivie dans un second temps) sera mis en place provisoirement, le temps qu’il soit ratifié. Ce traité commercial prévoit que les droits de douane, actuellement de l’ordre de 15 % à 35 %, soient retirés sur 90 % des produits à horizon dix à quinze ans². Pour certains produits, les droits de douanes seront réduits immédiatement tandis que pour d’autres, la baisse interviendra de manière linéaire sur différents périodes (4-7-8-10 ou 12 ans). Pour le secteur agricole, des restrictions importantes sont prévues pour éviter de déstabiliser le secteur en Europe.
Le traité avec le Mercosur concerne une population totale de 718 millions de personnes et deux blocs géographiques représentant 20 % du PIB mondial³. La commission européenne estime que l’accord devrait donner lieu à une réduction des droits de douane supportés par les exportateurs européens de l’ordre de 4 milliards d’euros. Les exportations de l’UE vers les pays du Mercosur devraient ainsi augmenter de 39 % sur la période. Au global, l’accord devrait générer +0,1 % de croissance par an pour l’UE et +0,3 % pour le Mercosur⁴.
Les pays qui devraient le plus profiter de l’accord sont l’Espagne et le Portugal. Respectivement 4 % et 7 % de leurs échanges se font avec le Mercosur, contre 2 % pour l’Allemagne ou encore 1 % pour la France. L’Allemagne devrait en profiter davantage via le secteur automobile. Pour la France, l’accord devrait être positif pour tout ce qui concerne les vins et spiritueux. Côté Amérique latine, c’est le Brésil qui devrait ressortir gagnant grâce à l’exportation du café, sucre et pétrole⁵.
Après 20 ans de négociations, le « Mother of all deals » prend forme entre l’UE et l’Inde, ces deux zones qui représentent 25% du PIB mondial. L’accord prévoit d’éliminer les droits de douane sur 92 % à 97 % des biens et services sur, a priori, 5 ans⁶. Les gains immédiats liés à la baisse des droits de douane sont estimés à 4 milliards d’euros, et l’impact macroéconomique global attendu serait similaire à l’accord avec le Mercosur, autour de +0,1 % de croissance pour l’UE.
A titre d’illustration, le traité prévoit que les droits de douane pour le secteur automobile (hors véhicules électriques) passent de 110 % à 10 % au plus bas pour certains modèles et pour 250.000 véhicules max. Au-delà du quota, les droits de douane passent de 10 % à 35 %. Pour les vins et spiritueux, les droits de douane passent de 150 % à 75 % puis à 20 %. Les secteurs de la chimie, de la pharmaceutique et des machines-outils passent à 0%⁷. Coté agriculture, il est prévu une baisse importante des droits de douane des deux côtés. A l’image de l’accord avec le Mercosur, des clauses de sauvegarde sont prévues sur la viande, le riz et le sucre.
Pour l’Inde, l’UE constitue déjà son premier partenaire commercial avec 76 milliards de dollars d’exportations et 61 milliards d’importations, soit près de 12 % des exportations indiennes⁸. Selon le Centre du commerce international (ITC), ces échanges pourraient doubler en cinq ans, renforçant l’intégration économique entre les deux blocs. Au-delà des gains attendus dans les secteurs des biens (notamment le textile, l’électronique et la pharmacie), le potentiel le plus important réside dans les services. Malgré la récente décision de l’administration Trump de baisser les droits de douanes de 50 % à 18 % sur les exportations indiennes, l’Union européenne apparaît comme un débouché stratégique, d’autant que la nature des biens et services exportés vers les deux marchés est similaire. Le potentiel de croissance pour l’Inde est par ailleurs significatif.
Pour l’UE, le traité favorise l’ouverture sur un marché encore peu exploité ; l’Inde ne représente aujourd’hui que 0,8 % des exportations européennes⁹. Les pays les mieux positionnés pour en bénéficier grâce à leurs exportations de voitures, de machines industrielles et de matériel de défense sont la France, la Belgique, l’Allemagne, la Finlande et l’Italie¹⁰. L’Allemagne apparaît comme le principal gagnant potentiel : déjà premier partenaire européen de l’Inde dans des secteurs tels que l’aéronautique, les instruments scientifiques, l’automobile et la pharmacie.
¹ La Commission Européenne
² La Commission Européenne
³ UN, IMF, « GDP and population », 2024
⁴ La Commission Européenne
⁵ IMF, Mercosur’s trade with key partners, 2024
⁶ La Commission Européenne
⁷ La Commission Européenne
⁸ IMF
⁹ IMF
¹⁰ ITC trademap, 2024