Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
À l’heure où l’IA capte l’attention des marchés, Eli Lilly affiche une croissance qui surpasse celle des géants technologiques, portée par l’explosion mondiale du diabète et de.
À l’heure où l’IA capte l’attention des marchés, Eli Lilly affiche une croissance qui surpasse celle des géants technologiques, portée par l’explosion mondiale du diabète et de l’obésité. Un phénomène sanitaire… devenu opportunité économique.
Le point hebdo de Financière de l'Arc daté du 31 octobre 2025, par Arnaud BENOIST-VIDAL, gérant d’actifs
Eli Lilly réalise une croissance exceptionnelle, tirée par ses médicaments GLP-1 contre le diabète et l’obésité.
La demande mondiale explose, obligeant le groupe à investir massivement dans sa production.
Les prix des traitements évoluent à la baisse aux États-Unis mais à la hausse en Europe, avec un impact futur sur les systèmes de santé.
À l’heure où tous les projecteurs sont braqués sur l’intelligence artificielle, où la capitalisation de Nvidia a dépassé les 5 000 milliards de dollars, intéressons-nous à d’autres sociétés de la cote. Et dont la croissance actuelle est supérieure à celle des superstars américaines.
Le laboratoire pharmaceutique Eli Lilly vient de publier ses résultats pour le 3ème trimestre
Le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont époustouflants. Les revenus ont crû de 54 % sur un an, à 17,6 milliards de dollars. Le résultat opérationnel (en normes comptables US GAAP) est passé de 1,5 à 7,36 milliards de dollars.
Si l’on exclut les charges exceptionnelles pour acquisitions au cours des deux exercices, la progression de ce dernier ressort à 121 % !
C’est d’autant plus remarquable que les médicaments vedettes de la firme d’Indianapolis (les fameuses molécules dites GLP-1 contre le diabète et l’obésité) font l’objet de pressions énormes de la part des politiques. Et, plus particulièrement de l’administration américaine.
C’est un fait : le marché du diabète et celui de l’obésité sont malheureusement voués à croître fortement. Notamment du fait d’une augmentation importante de la prévalence. Ainsi, selon la Fédération internationale du diabète, 11 % de la population mondiale adulte (de 20 à 79 ans) était diabétique en 2024. Ce qui représente 589 millions d’individus.
Ce chiffre passera à 853 millions en 2040. Essentiellement en raison du vieillissement, de l’urbanisation et du manque d’activité physique. En ce qui concerne l’obésité, les données sont encore plus alarmantes. En effet, plus d’un milliard d’êtres humains devraient être concernés par cette pathologie dans un avenir encore plus proche (2030).
La Fédération mondiale contre l’obésité ne peut que constater son impuissance face à ce phénomène inéluctable. Et ce, en dépit de tous les efforts entrepris pour inverser cette tendance.
C’est une réalité pour Eli Lilly : les volumes de tous ses médicaments vendus dans le monde sont en forte progression (+ 62 %). La tendance est générale : +60 % aux États-Unis, +98 % en Europe, +24 % au Japon et +21 % en Chine. Cela contraint le groupe pharmaceutique à investir cette année 5,3 milliards de dollars dans ses capacités de production, afin de répondre à cette incroyable demande.
Prenons-en bien conscience. Les Européens devront payer plus cher les médicaments innovants ces prochaines années. Ce qui pèsera sur nos systèmes de santé.
« Offrir un prix des médicaments sur ordonnance aux patients américains sur la base de la nation la plus favorisée ».
Donald Trump a signé le 12 mai dernier un décret (executive order) intitulé ainsi.
Le but étant d’aligner le prix des traitements à celui le plus faible pratiqué dans les pays de l’OCDE. Cette contrainte avait initialement fortement inquiété les investisseurs, qui redoutaient - à tort, car illégal - une baisse des prix généralisée.
L’accord individuel du 30 septembre signé entre la Maison Blanche et Pfizer a démontré que cette nouvelle politique concernerait uniquement les nouveaux médicaments et non les anciens. Le point crucial est que Pfizer garde la main et est donc libre de fixer lui-même le tarif unique facturé aux patients du monde entier. Le but étant d’assurer une profitabilité suffisante pour rémunérer l’innovation. Cette uniformisation se traduit forcément par un rabais en Amérique du Nord (prix le plus élevé) et une remontée ailleurs (prix les plus faibles).
Bien qu’Eli Lilly n’ait pas encore signé un tel accord, le laboratoire commence à s’aligner sur cette politique. En effet, sur un an, la baisse sur l’ensemble de ses produits a été de 15 % aux États-Unis. Contre une augmentation de 6 % en Europe.
Dans ce duopole partagé actuellement avec Novo Nordisk, l’avantage est clairement à l’Américain. [...]
Elle affiche désormais 57,9 % contre 41,7 % pour le Danois.
De nombreux entrants vont arriver et donc la compétition sera plus rude. Cependant, le gâteau sera beaucoup plus gros ces prochaines années. Et les nouveaux acteurs visent plutôt des segments de niche, pour des patients non satisfaits par les traitements de référence actuels. Notons qu’Eli Lilly reste bien positionné dans la course avec son portefeuille de produits en phase de recherche.
Son traitement oral contre l’obésité (Orforglipron) reste bien positionné. En effet, il est économiquement facile à fabriquer et sans contrainte de régime alimentaire. Tous ces éléments renforcent nos convictions sur l’avenir de ce laboratoire américain.