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Donald Trump a décidé d’en finir avec la diplomatie douce envers Moscou. En sanctionnant Rosneft et Lukoil, il mise sur une stratégie de pression économique pour forcer la main du Kremlin sur le.
Donald Trump a décidé d’en finir avec la diplomatie douce envers Moscou. En sanctionnant Rosneft et Lukoil, il mise sur une stratégie de pression économique pour forcer la main du Kremlin sur le front ukrainien. Une manœuvre risquée aux répercussions mondiales, entre pétrole, or et marchés financiers.
Par Fidelity International
Trump frappe fort avec des sanctions visant les géants russes Rosneft et Lukoil pour affaiblir la machine de guerre du Kremlin.
La Chine et l’Inde, premiers acheteurs d’hydrocarbures russes, hésitent désormais à maintenir leurs importations.
Les marchés financiers réagissent : hausse du pétrole, repli de l’or et regain d’appétit pour le risque sur les actions.
Ce n'est pas demain que ces deux-là se feront une valse sur le parquet de la future salle de bal de la Maison Blanche… Exaspéré par tant de mauvaise volonté à cessez le feu sur le front ukrainien - et non moins motivé par la session de rattrapage au Prix Nobel de la paix 2026 -, Trump s'est enfin résolu à abandonner la méthode Montessori avec Poutine. Fini les risettes estivales en Alaska et le tunnel en Kapla du détroit de Béring. Le président américain est passé à l'offensive, la semaine dernière, en annonçant des sanctions contre Rosneft et Lukoil.
« Gel de leurs actifs aux États-Unis et interdiction aux entreprises américaines de faire des affaires avec les deux géants russes de l'énergie… »
Une vraie clé d'étranglement sur les deux vaches à pétrole russes (environ 50 % des exportations du pays) afin de restreindre le carburant de la machine de guerre du Kremlin. Et, in fine, pousser le président russe à négocier la paix. Mais, outre de savoir pourquoi il n'y avait pas pensé plus tôt, la question qui se pose ici porte surtout sur l'efficacité de ces mesures.
Car jusqu'ici, plus efficacement que sur le front militaire, Moscou a surtout brillé par son esquive des sanctions internationales. Parallèlement, le pays a toujours profité d'un contexte porteur. Avec le pétrole dont les cours flirtaient avec les 100 dollars le baril, en février 2022. Ou encore, aujourd'hui, avec ceux de l'or installés au-dessus des 4 000 dollars l'once - la Russie en détient les plus grandes réserves.
Malgré tout, cette fois, le va-tout trumpien pourrait ne pas être indolore. N'ayant pas intérêt à être ostraciser du commerce mondial, l'Inde et la Chine qui absorbent respectivement 22 % et 32 % des exportations d'hydrocarbure russe, semblent déjà plus peser le pour que le contre. Certains pétroliers chinois et indiens ont, en effet, déjà fermé leur robinet d'importation.
Et si la Chine s'offusque de ces mesures, c'est parce qu'elles s'inscrivent dans un cadre plus large de négociations commerciales - au sujet desquelles Washington et Pékin se disaient, ce week-end, proches d'un accord. Trump aurait-il mis en balance une guerre douanière et une paix militaire pour parvenir à ses fins au moins sur l'un des deux fronts ?
L'entrée en vigueur ou non des sanctions, le 21 novembre, contre Rosneft et Lukoil nous le dira.
Si les dernières semaines avaient été marquées par une tendance paradoxale, celle écoulée a témoigné d'un clair regain d'appétit pour le risque. L'apaisement des tensions commerciales mais également les bons résultats trimestriels ont été les principaux moteurs de ce mouvement.
Rien d'étonnant, dans ces conditions, à voir, les actions signer la plus forte hausse hebdomadaire et les obligations la seule baisse. Les matières premières ont aussi clairement été recherchées dans le contexte des sanctions annoncées par Washington contre Rosneft et Lukoil. Le prix du baril (Brent) collé sur les 60 dollars a ainsi repris de l'altitude (environ 7 % sur la semaine). À noter que, de son côté, l'once d'or qui a enchaîné les records ces dernières semaines, s'est affalée de près de 6 % sur la semaine.
Toutes les places ont profité de ce regain d'appétit pour le risque. Même le CAC 40 s'est offert un nouveau record de valorisation à 8 271 points !
Outre l'apaisement des tensions et les résultats d'entreprises, les chiffres de l'inflation aux États-Unis (3 % sur septembre) en fin de semaine ont conforté l'anticipation d'une nouvelle baisse des taux de la Fed, mercredi.
Mais dans un contexte marqué par les nouvelles sanctions américaines contre la Russie et le rebond des cours du pétrole, c'est Londres qui signe la plus forte hausse de la semaine. Les marchés émergents reprennent, à cette occasion, la première place au classement général devant l'Europe.
Dans ce contexte marqué par un regain d'intérêt pour les actifs risqués, le compartiment obligataire n'a pas pu résister. Délaissé par les investisseurs, il signe donc la seule baisse de la semaine. À commencer par l'investment grade qui s'adjuge le plus fort recul.
« Une tendance qui n'est toutefois pas sans nuances puisque le haut rendement, dans le sillage des actions, parvient à conclure la semaine dans le vert. »
La tendance était moins marquée sur le front souverain où les rendements des emprunts d'État à long terme, notamment outre-Atlantique, sont restés plus ou moins stables.
En dépit des paris sur une nouvelle baisse des taux directeurs, mercredi, par la Fed, le 10 ans américain est resté inchangé. De son côté, le Bund n'a grimpé que de 6 pb sur la semaine. Seul l'OAT de même maturité progresse plus nettement de 8 pb.
À noter qu'outre-Manche, dans le sillage des chiffres de l'inflation (3,8 % en septembre) et des anticipations d’une prochaine baisse des taux de la BoE, le Gilt à 10 ans a nettement reculé, mercredi, avant de rebondir.
La semaine écoulée a été marquée par une légère appréciation du billet vert. De sorte que la paire euro-dollar termine inchangée à 1,16.
Mais ce sont surtout le yen et la livre qui ont été regardés de près. La devise nippone a nettement reculé dans le sillage de la nomination de Sanae Takaichi - première femme et ultra-nationaliste - à la tête du gouvernement japonais.
Parallèlement, après la publication des chiffres de l'inflation en Grande-Bretagne et des anticipations sur la politique monétaire de la BoE, la livre s'est également repliée.