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Banque Hottinguer analyse le retour en force des ressources physiques — métaux, énergie, minerais — comme nouveaux piliers de puissance économique. La transition énergétique et l'essor technologique rendent la croissance mondiale plus intensive en matières premières.
La transition énergétique et l’essor technologique redessinent en profondeur l’économie mondiale, faisant des ressources physiques — métaux, énergie, minerais — les nouveaux piliers de puissance et de croissance.
Le point mensuel d'avril 2026 par Banque Hottinguer
La croissance mondiale devient plus intensive en métaux, marquant la fin de l’ère de l’immatériel.
Le cuivre, les terres rares et l’uranium s’imposent comme des ressources stratégiques au cœur des enjeux économiques et géopolitiques.
Malgré une tendance structurelle favorable, les matières premières restent soumises à une forte cyclicité.
Le basculement que nous observons depuis un an n'est pas une simple évolution technologique, mais une transformation matérielle profonde de l’économie mondiale. En substituant les flux d’hydrocarbures par des flux d’électrons, nous avons modifié l’ADN même de la croissance : celle-ci devient intrinsèquement plus intensive en métaux. Ce passage des « intentions politiques » aux investissements massifs en actifs fixes marque la fin de l’ère de l’immatériel. Aujourd’hui, la souveraineté d’une nation se mesure à son accès aux ressources physiques indispensables à la modernisation du monde.
Le cuivre s’impose comme le baromètre de cette mutation. Son rôle est désormais irremplaçable : là où un véhicule thermique nécessite vingt kilogrammes de cuivre, un modèle électrique en mobilise jusqu’à quatre fois plus. Cette gourmandise métallique se retrouve dans les réseaux électriques, qui absorbent déjà 40 % de la demande mondiale. La Chine, en absorbant plus de la moitié de la consommation globale, reste le pivot de ce marché. Son nouveau plan quinquennal, prévoyant 574 milliards de dollars d'investissements d'ici 2030, sécurise un socle de demande pour le câblage et les infrastructures à ultra-haute tension. Face à cela, l’offre est structurellement contrainte : il faut dix ans pour ouvrir une mine, alors que le déficit de production pour 2026 est déjà estimé à plusieurs centaines de milliers de tonnes.
Cette quête de ressources dépasse le cadre environnemental pour devenir un impératif de sécurité nationale. Les terres rares, dont la Chine contrôle encore 80 % du raffinage, illustrent la convergence entre transition énergétique et défense. Le néodyme ou le dysprosium ne font pas que faire tourner les éoliennes ; ils sont les composants critiques des radars et des avions de combat, à l'image du F-35 qui en contient plusieurs centaines de kilogrammes. Cette dimension géopolitique transforme des matériaux autrefois confidentiels en actifs de premier plan, soutenus par des initiatives législatives, telles que le projet de loi SECURE Minerals Act of 2026 des États Unis (prévoyant un plan de 2.5Md$).
Parallèlement, la renaissance du nucléaire civil et l’essor de l’intelligence artificielle créent des tensions inédites sur d’autres segments. L’uranium profite d'un élan spectaculaire, porté par des projets d'envergure en Inde et aux États-Unis, tandis que le lithium est propulsé par les besoins de stockage des centres de données. Les prévisions de stockage par batterie pour 2026 ont été relevées de 60 %, illustrant cette demande industrielle qui ne connaît plus de répit.
Toutefois, en tant qu'investisseurs, nous devons rester conscients de la cyclicité inhérente aux matières premières. Si la tendance est séculaire, la volatilité demeure. La demande reste sensible aux cycles industriels chinois et aux capacités de production minière. Notre stratégie consiste donc à naviguer dans cette « rareté organisée » en privilégiant les acteurs miniers faisant preuve d’une discipline de capital stricte.
Cette communication ne constitue en aucun cas une recommandation d'investissement, une offre de souscription, d'achat, de vente ou de conservation, ni un conseil personnalisé. Les informations et opinions mentionnées dans ce document, considérées comme légitimes et correctes le jour de la rédaction, conformément à l’environnement économique et financier en place à cette date, sont susceptible d’évoluer à tout moment. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. L’investissement en valeurs mobilières présente un risque de perte en capital. Les informations communiquées ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Les éléments mentionnés peuvent ne pas être adaptés en fonction des spécificités propres à votre compte.
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