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La Banque centrale européenne devrait procéder à un nouveau resserrement monétaire lors de sa réunion organisée mercredi et jeudi à Berlin. Sauf surprise, ses gouverneurs devraient relever les taux directeurs de 0,25 point, pour la deuxième fois depuis juin. Le taux de dépôt atteindrait ainsi 2,5 %, tandis que le principal taux de refinancement passerait à 2,65 %.
Cette décision s’explique principalement par une inflation plus persistante que prévu. Dans la zone euro, la hausse des prix a accéléré à 3,3 % sur un an en août, après 2,9 % en juillet, s’éloignant davantage de l’objectif de 2 % de la BCE. La flambée énergétique liée aux tensions au Moyen-Orient constitue le principal facteur de cette accélération.
L’économie européenne résiste parallèlement mieux qu’anticipé. Le PIB de la zone euro a progressé de 0,4 % au deuxième trimestre, malgré les incertitudes géopolitiques et le précédent relèvement des taux.
Les marchés ont largement intégré ce nouveau tour de vis. Les interrogations portent désormais sur la suite de la politique monétaire. Une nouvelle hausse d’ici décembre reste possible, mais l’envolée récente des rendements obligataires complique la situation. La hausse des coûts d’emprunt des États se transmet déjà aux entreprises et aux ménages, contribuant elle-même au resserrement des conditions financières.
La BCE devra donc arbitrer entre la persistance de l’inflation et le risque d’un durcissement excessif du financement de l’économie européenne.