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Le fonds souverain norvégien, premier au monde avec près de 2 000 milliards d’euros d’actifs, prépare une évolution majeure de sa stratégie obligataire face aux tensions qui entourent les finances publiques mondiales. Il envisage de réduire la place maximale des dettes souveraines dans ses investissements obligataires de 70 % à 50 %.
Fin 2025, les obligations d’État représentaient déjà 56 % de ses placements en crédit et taux. Leur encours atteignait environ 320 milliards d’euros à la fin juin 2026. La nouvelle allocation pourrait conduire à céder jusqu’à 100 milliards d’euros de titres souverains, dont près des deux tiers seraient des obligations du Trésor américain.
Cette réduction ne constituerait toutefois pas une réponse politique aux États-Unis. Le fonds souhaite surtout revoir ses critères d’investissement. Le poids économique des pays pourrait être moins déterminant, tandis que leur niveau d’endettement, leurs déficits et leur vulnérabilité budgétaire seraient davantage pris en compte. Les États aux finances les plus fragiles seraient ainsi pénalisés.
Les obligations conservent néanmoins une fonction essentielle de stabilisation. Elles représentent environ un quart du portefeuille, contre 72 % pour les actions, et permettent traditionnellement d’en réduire la volatilité.
Le fonds s’interroge cependant sur leur capacité à jouer ce rôle lors d’une future crise directement provoquée par les dettes souveraines. Ses propositions seront examinées par le gouvernement norvégien avant d’être soumises au Parlement au printemps.