Retrouvez l’analyse des faits marquants des derniers jours par la société de gestion ainsi que ses éclairages sur les perspectives à court et moyen terme.
Par les équipes de gestion d’Arkéa Asset Management
États-Unis : la paralysie budgétaire se poursuit
Entre blocage budgétaire, débats sur la politique monétaire et tensions internationales, les Etats-Unis face à l'incertitude.
- Budget : La paralysie budgétaire qui a débuté le 1er octobre se poursuit sans que les fonctions essentielles soient affectées (sécurité, aérien, hôpitaux). Donald Trump a laissé entendre que des discussions pourraient avoir lieu avec les Démocrates sur la couverture santé. A noter que la fermeture du gouvernement fédéral entraîne une suspension des publications de données économiques, ce qui rend un peu plus complexe la lecture de la conjoncture.
- Fed : Du côté de la Fed, les minutes du FOMC traduisent toujours des divergences de vue des membres tiraillés entre la peur d'un coup de frein économique et la peur d'un coup de chaud inflationniste. Les interventions récentes confirment ce point : Stephen Miran, membre de la Direction de la Fed, plaide de nouveau pour des baisses de taux agressives. A contrario, Michael Barr, gouverneur et membre du Board, a souligné la possibilité que les pressions inflationnistes induites par les tarifs douaniers deviennent plus persistantes, appelant les décideurs à la prudence quant à de nouvelles baisses des taux d'intérêt.
- Chine : L'administration Trump propose d'interdire aux compagnies chinoises de survoler la Russie sur les vols à destination et en provenance des États-Unis.
- Géopolitique : Donald Trump a suggéré que l'Alliance atlantique devrait envisager d'exclure l'Espagne de ses rangs, en raison d'un différend portant sur la faiblesse des dépenses militaires du pays d'Europe occidentale.
Zone Euro : la BCE se rapproche de son objectif d'inflation de 2%
La Zone Euro oscille entre évolution de la politique monétaire, tensions commerciales, et défis économiques et politiques majeurs en France et en Allemagne.
- BCE : Christine Lagarde estime que la BCE se rapproche de son objectif d'inflation de 2% et prévoit une reprise de la croissance économique en 2026. La présidente de la BCE a, en outre, renouvelé ses appels à renforcer le rôle de l'euro à l'échelle mondiale.
- Droits de douane : La Commission européenne prévoit des droits de douane de 50% sur les importations d'acier.
- Construction : L'indice HCOB Eurozone Construction PMI Total Activity a reculé à 46,0 en septembre contre 46,7 en août, signalant un ralentissement plus marqué dans le secteur de la construction de la zone euro.
- Consommation : La dynamique de consommation reste relativement faible : le volume des ventes au détail a augmenté de 0,1% dans la Zone Euro et est resté stable dans l'UE en août par rapport à juillet. Sur un an, l'indice a progressé de 1,0% dans la Zone Euro et de 1,1% dans l'UE.
- PMI Composite : A contrario, le PMI composite en Europe ressort à 51,2, en ligne avec les attentes, et compatible avec une croissance modérée mais en léger redressement comparativement au mois dernier.
- France : Semaine compliquée sur le plan politique. La décision d'Emmanuel Macron de maintenir son cabinet presque intact a suscité une vague de critiques de la part des partis d'opposition français. Les chances du Premier ministre Sébastien Lecornu de se maintenir semblent limitées malgré la formation d'un gouvernement durant le week-end.
- Allemagne : Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a réclamé une plus grande participation de l'État dans le secteur de la défense, en partie afin de garantir que les emplois et le savoir-faire demeurent dans le pays. De son côté, le chancelier allemand pousse Bruxelles à revoir sa politique sur la fin de la voiture thermique. Les données allemandes sont peu enthousiasmantes avec des commandes industrielles en baisse en août de 0,8% et une production industrielle en chute de 4,3% en août par rapport au mois précédent, alors que les attentes se focalisaient sur une baisse de 1%.
Asie : le japon maintient sa politique de soutien à la croissance
Les dynamiques économiques asiatiques s'intensifient, entre resserrement des contrôles d'exportations en Chine et maintien d'une politique de soutien à la croissance au Japon.
- Chine : Pékin décide de renforcer les contrôles sur les exportations de terres rares, affirmant clairement son intention de limiter les exportations vers les utilisateurs étrangers dans les domaines de la défense et des semi-conducteurs.
- Japon : Sanae Takaichi, qui s'apprête à devenir la première femme Première ministre du pays, a réaffirmé son attachement à une politique budgétaire et monétaire expansionniste visant à soutenir la croissance et favoriser une inflation tirée par la demande et la hausse des salaires. Dans la foulée, elle a nommé l'ancien Premier ministre Taro Aso au poste de vice-président du Parti libéral-démocrate (PLD). L'ancien vice-gouverneur de la Banque du Japon, Masazumi Wakatabe, a estimé que la banque centrale pourrait relever ses taux si les perspectives d'une inflation durablement proche de 2% s'amélioraient, tout en jugeant peu probable une hausse dès cette année en raison de la faiblesse de l'économie. Les dépenses des ménages japonais ont progressé plus fortement que prévu en août, de 2,3% sur un an (vs une prévision médiane de 1,2%), signe encourageant pour la reprise de la consommation privée. Les salaires réels japonais ont reculé pour le huitième mois consécutif en août, reflétant l'impact d'une inflation persistante dépassant la croissance des salaires nominaux. Les revenus réels ajustés de l'inflation ont diminué de 1,4% sur un an.
Marchés : les actifs risqués plongent
La semaine finit mal avec des actifs risqués qui plongent suite aux menaces de Donald Trump d'augmentation massive des droits de douane sur les produits chinois, estimant qu'il ne voyait aucune raison de rencontrer le président Xi. Par effet de compensation ("fly to quality"), les rendements obligataires souverains ont globalement baissé en recherche de protection face aux craintes d'une résurgence de la guerre des tarifs en US et Chine.
- Actions : Les différents indices américains ont globalement corrigé. Les secteurs cycliques sont ceux qui ont le plus souffert dans cette phase "risk off" (cours de 19h heure française) avec l'énergie à -3,88%, la consommation discrétionnaire -3,38%, les financières -3,04% et les services de communication -2,56%. Les tech baissent en ligne avec l'indice sur la semaine (-2,40%) malgré la forte correction de vendredi (-3,97%). En Europe, la correction apparaît plus mesurée mais la semaine a été difficile pour les secteurs cycliques également : au palmarès des fortes baisses, les autos (-9,05%), les tech (-4,04%) et les médias (-3,89%). Les secteurs défensifs se tiennent mieux (utilities +1,96%), alimentation (+1,79%) et telco (+1,71%).
- Marchés de taux : La crise politique en France influe fortement sur la prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française par rapport à la dette allemande ("spread"). Cet écart est ressorti à 86,27 points de base (ie 0,86%). Les emprunts d'entreprises ont vu les primes de risque s'écarter sur la semaine, avec +3 points de base sur les émissions de catégorie investissement ("Investment Grade") et de +35 points de base sur la catégorie haut rendement ("High Yield").
- Marché des changes : Le dollar a repris du terrain face à l'Euro et au Yen.
Newsletter rédigée le 13/10/2025, sur les données au 10/10/2025