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Portée par le vieillissement mondial, la longévité devient un thème d’investissement mêlant biotech, nutrition, sport et santé préventive.
Le vieillissement en bonne santé s’impose désormais comme une tendance de fond dans les sociétés occidentales. Au-delà de l’enjeu sociétal, cette évolution ouvre également de nouvelles perspectives d’investissement pour les acteurs capables d’en identifier le potentiel.
Par Christopher Dembik, Senior Investment Adviser
Le vieillissement de la population et l’obésité figurent parmi les thèmes d’investissement les plus porteurs de la décennie. Ozempic a déjà démontré que les marchés récompensent les acteurs capables d’anticiper ces grandes tendances. Une autre dynamique, encore largement sous-estimée par le grand public, commence désormais à s’imposer : la longévité.
Cette tendance est directement liée au vieillissement démographique mondial, mais avec une nuance importante. L’objectif n’est plus seulement de vivre plus longtemps, mais surtout de vieillir en meilleure santé, en conservant plus longtemps ses capacités physiques, cognitives et psychologiques. Autrement dit, il s’agit d’augmenter le nombre d’années vécues en bonne santé. Les spécialistes appellent cela le « healthspan ». Apparu dans les années 1990, ce terme est aujourd’hui largement utilisé dans les secteurs de la biotech, de la nutrition, du sport et de la médecine de la longévité.
Attention toutefois à ne pas confondre cette tendance avec les discours sur la longévité extrême – vivre jusqu’à 150 ans grâce aux avancées de l’IA, comme l’affirme par exemple l’entrepreneur Laurent Alexandre – ou avec le transhumanisme, qui est porté par les entrepreneurs américains Elon Musk et Ray Kurzweil. On reste ici dans des applications concrètes, déjà commercialisées et mises en pratique.
Depuis quelques années, des cliniques spécialisées dans la longévité apparaissent un peu partout aux États-Unis, dans les pays du Golfe ou encore en Asie. Leur promesse : ralentir le vieillissement biologique et prévenir les maladies chroniques avant qu’elles ne surviennent. Elles proposent notamment des tests destinés à mesurer l’« âge biologique », c’est-à-dire l’état réel de l’organisme indépendamment de l’âge civil. Même si ces outils restent encore imparfaits, ils séduisent une clientèle aisée prête à investir massivement dans sa santé.
Ces établissements offrent également des thérapies IV, notamment des perfusions intraveineuses de vitamines, minéraux ou antioxydants, de l’oxygénothérapie hyperbare afin d’augmenter l’oxygénation des tissus, des traitements régénératifs utilisant les propres cellules du patient, des protocoles de peptides, ainsi qu’un suivi continu des biomarqueurs via des objets connectés et des programmes de supplémentation personnalisés. Certaines approches sont reconnues scientifiquement et utilisées depuis longtemps dans le monde médical. D’autres restent plus controversées et manquent encore de validation clinique solide. Mais qu’elles soient réellement révolutionnaires ou non, la dynamique économique est déjà bien installée.
Prenons les peptides. Ce sont des acides aminés connus dans la recherche scientifique depuis des décennies et déjà utilisés en application cutanée dans certaines crèmes anti-âge. Lancôme, qui appartient à L’Oréal, travaille sur le sujet depuis des années, par exemple. Depuis peu, les influenceurs sur Instagram et Titkot, ont popularisé l’usage des peptides par injection, ce qui est interdit en France. Ils mettent notamment en avant la peptide GKH-CU, connue pour favoriser la stimulation de collagène nécessaire pour régénérer la peau. On aurait tort de croire que cela se limite aux réseaux sociaux. Sous l’impulsion du ministre de la Santé américain, qui est un « adepte des peptides », le régulateur américain la FDA va étudier à partir de cet été une quinzaine de peptides, dont certaines directement liées à la longévité, pour les autoriser. Même si l’Europe est plus précautionneuse sur ces sujets, tôt ou tard, elle va aussi certainement assouplir la réglementation actuelle.
D’ailleurs, notre continent n’échappe pas non plus à l’engouement pour la longévité. Dans l’immobilier haut de gamme, la salle de sport et la piscine ne suffisent plus. Au Portugal, certains projets résidentiels intègrent désormais directement sur site des cliniques spécialisées dans la médecine préventive et la longévité. Le concept attire particulièrement les retraités fortunés, les entrepreneurs et une clientèle internationale en quête d’un mode de vie “optimisé”.
Évidemment, cette tendance, encore émergente, suscite l’intérêt des investisseurs. Trois stratégies sont possibles :
Granularité, diversification et dette maîtrisée : les leviers évoqués par Norma Capital pour traverser le cycle immobilier.
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