Chaque semaine, les équipes de gestion d'Arkéa Asset Management vous proposent un décryptage synthétique de l'actualité des marchés financiers.
Au programme de cette édition, retrouvez notre analyse des faits marquants des derniers jours ainsi que nos éclairages sur les perspectives à court et moyen terme.
États-Unis : la Fed abaisse ses taux de 25 pdb
Contexte agité aux Etats-Unis, entre décisions de la Fed, incertitudes politiques liées au possible shutdown, et indicateurs économiques contrastés.
- Fed : Le Sénat a confirmé Stephen Miran au conseil des gouverneurs de la Fed, accordant ainsi au principal conseiller économique du président Donald Trump l'un des douze votes de fixation des taux d’intérêt.
- Politique monétaire : la Fed a abaissé ses taux (-25 pdb) en laissant la porte ouverte à d'autres réductions. Si la faiblesse du marché du travail a été évoquée comme principal argument pour ce mouvement, Jérôme Powell a réaffirmé qu'il restait néanmoins attentif aux risques d'inflation. À noter que le vote a été quasi-unanime sur la décision (11vs1), Stephan Miran, nouvellement nommé par Donald Trump au Board, ayant milité pour 50 pdb de baisse.
- Projet de loi : Les Républicains vont présenter un projet de loi supprimant le "double mandat" de la Fed (stabilité des prix et plein emploi), pour se focaliser uniquement sur l'inflation. Alors que la Fed vient de baisser les taux en raison de l’affaiblissement du marché du travail, cette proposition est donc assez curieuse.
- Services administratifs : Le risque de fermeture ("shutdown") des services administratifs ressurgit : une loi de financement de court terme (jusqu’au 21 novembre) a été adoptée par la Chambre et pourrait arriver au Sénat, où il faudrait que 7 démocrates au moins se joignent aux républicains pour qu'elle soit adoptée.
- Confiance des consommateurs : L'indice de sentiment du consommateur américain (Université du Michigan) pour septembre s’est établi à 55,4, en baisse par rapport à août et inférieur aux attentes (58,1).
- Ventes au détail : Les ventes au détail américaines ressortent en légère progression (+0,6% vs juillet), un rythme identique au mois précédent mais au-dessus des attentes (+0,2%).
- Production industrielle : Bonne nouvelle du côté de la production industrielle américaine qui enregistre une hausse de +0,1% en août (vs. -0,1% selon le consensus) que nous tempérons de la révision négative des chiffres du mois précédent (-0,4% vs -0,1% auparavant).
- SEC : La SEC a indiqué qu'elle donnait sa priorité à la proposition de Trump visant à réduire la fréquence des publications de résultats après que le président a appelé à mettre fin aux divulgations trimestrielles.
Zone Euro : vers une nouvelle dynamique ?
Malgré une inflation stable, la Zone Euro évolue dans un environnement marqué par des ajustements de croissance, des évolutions de notations souveraines et des dynamiques économiques contrastées entre les pays membres.
- Inflation : L'inflation en Zone Euro est restée stable en août, à 2% sur un an, conformément à l'objectif de 2% fixé par la BCE, montrent les chiffres définitifs publiés par Eurostat. Cela renforce encore les arguments en faveur d'un statu quo sur les taux directeurs.
- Allemagne : l'enquête ZEW a montré que le moral des investisseurs s’est amélioré plus rapidement que prévu depuis le début du mois de septembre.
- Notes souveraines : Fitch a abaissé la note de la France de AA- à A+ (perspective stable) vendredi 12 septembre. Même si ce n'est pas une surprise, le rating est désormais à son niveau le plus bas jamais enregistré. Cette nouvelle est à comparer avec la tendance beaucoup plus favorable pour le Portugal, passant de A- à A chez Fitch, et de l'Espagne qui voit sa note relevée d'un cran par S&P Global Ratings de A à A+.
- France : La Banque de France relève sa prévision de croissance pour 2025 (+0,7%) mais avec une réduction des attentes pour 2026 (+0,9%) et 2027 (+1,1%), en raison d'un environnement national plus incertain et d'un environnement international plus défavorable. Côté inflation, elle prévoit un taux de 1,0% en 2025 avec le recul des prix de l'énergie et de la modération de ceux des services, pour des progressions de prix de l'ordre de +1,3% en 2026 (vs 1,4% en juin) et 1,8% en 2027.
- Grande-Bretagne : La croissance du salaire hebdomadaire moyen britannique, hors primes, a légèrement ralenti à 4,8% au cours des trois derniers mois par rapport à l’année précédente. Les prix à la consommation ont progressé de 3,8% sur un an en août, selon les données de l'Office national de la statistique.
Asie : des signes de ralentissement
L'Asie connaît une phase d'ajustement économique avec des politiques monétaires inchangées en Chine et au Japon, et des signes de ralentissement de la croissance, tant dans l'industrie que la consommation.
- Chine : La Banque populaire de Chine a laissé inchangé son principal taux directeur, à 1,40% et a injecté 487 milliards de CNY (68,6 Md $) via des prises en pension à sept jours. L'activité économique donne des signes de ralentissement avec une production industrielle qui n'a progressé que de 5,2% en août (vs. 5,7% en juillet), des ventes au détail qui se sont limitées à 3,4% et les prix de l'immobilier résidentiel qui ont reculé de 0,3%.
- Japon : La Banque du Japon a maintenu ses taux d'intérêt inchangés, sans surprise, mais a annoncé le début de la vente de ses actifs risqués, poursuivant ainsi le démantèlement progressif de son programme de soutien via le début des ventes d'ETF sur actions japonaises. Les exportations japonaises ont reculé pour le quatrième mois consécutif en août en raison des droits de douane imposés par les Etats-Unis, notamment les secteurs automobile et manufacturier. En revanche, la réduction des droits de douane sur les exportations automobiles japonaises, passant de 27,5% à 15%, est entrée en vigueur, ce qui devrait limiter les impacts négatifs. L'inflation au Japon a chuté brusquement à 2,7% en août, sous l’effet des subventions gouvernementales aux services publics. L'indice des prix à la consommation de base au Japon ralentit ainsi après une hausse de 3,1% en juillet.
Marchés : une semaine (encore) favorable aux actifs risqués
Cette semaine a encore été favorable aux actifs risqués avec des investisseurs en attente de la décision du FOMC et du message de Jérôme Powell. La baisse des taux Fed est en ligne avec le consensus (-25 pdb) et les mots employés ont rassuré, notamment sur la prise en compte de la dégradation du marché de l'emploi ouvrant la porte à d'autres actions.
- Actions : La domination des marchés US et des émergents sur l'Europe se poursuit. Sous la surface, nous constatons une surperformance des valeurs cycliques aux US (Tech, Services à la communication et Conso discrétionnaire) alors qu'en Europe, le signal est moins clair ("basic resources" et santé dans le vert, construction et voyage/loisir au-delà des -1%).
- Obligations : Les taux ont globalement rebondi sur la semaine. Ce mouvement a été plus marqué aux US comparativement aux rendements des obligations souveraines de la Zone Euro avec une repentification des courbes sur l'ensemble des marchés. En l'absence d'une confirmation d'un ralentissement marqué aux US et avec l'anticipation d'une Fed procyclique, la normalisation des rendements s'est logiquement manifestée.
Newsletter rédigée le 22/09/2025, sur les données au 19/09/2025