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La défiance envers le dollar redirige les flux vers les marchés émergents. Valorisation attractive, fondamentaux solides et matières premières en soutien : le Brésil s’impose comme l’un des grands.
La défiance envers le dollar redirige les flux vers les marchés émergents. Valorisation attractive, fondamentaux solides et matières premières en soutien : le Brésil s’impose comme l’un des grands gagnants de ce mouvement.
Le point hebdo de Pictet Asset Management daté du 2 février 2026 par Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement
Le reflux des actifs en dollar bénéficie fortement aux marchés émergents, en tête desquels le Brésil.
La performance récente des actions brésiliennes est portée par des fondamentaux robustes et des flux record.
Les ETF à effet de levier peuvent amplifier brutalement les mouvements de marché, comme l’a montré la chute historique de l’argent.
Le « debasement trade » fait des heureux. Les investisseurs réduisent leur exposition aux actifs en dollar. Cela profite aux pays émergents. Prenons le Brésil. Il réunit tous les facteurs expliquant l’engouement récent pour les actifs émergents. La valorisation de son marché des actions est très attrayante avec un ratio cours sur bénéfice à 12. Les ratios financiers des grandes entreprises sont solides, qu’il s’agisse des flux de trésorerie disponibles, de la politique de dividendes ou de l’endettement net. L’économie brésilienne se porte comme un charme avec une banque centrale qui contient habilement les pressions inflationnistes et devrait reprendre son cycle de baisse des taux en mars. Enfin, le Brésil devrait pleinement bénéficier du supercycle des matières premières qui est en train de prendre forme. Le groupe minier Vale, qui a une capitalisation boursière de 73 milliards de dollars (contre 171 milliards de dollars pour son concurrent australien BHP), devrait être parmi les gagnants. Son management ne cache pas ses ambitions ! Son PDG, Gustavo Pimenta, a récemment déclaré :
« Vale se doit d'être la plus grande entreprise minière au monde car nous possédons les plus importantes ressources minières au monde ».
Résultat, les investisseurs sont au rendez-vous. L’indice Bovespa des 100 principales entreprises est en hausse de 13% depuis le début d’année et de 46% sur un an. Selon Bloomberg, les flux de capitaux entrants sur le marché des actions brésilien ont atteint 2,3 milliards de dollars en janvier – un record depuis deux ans. En outre, la semaine dernière, le Brésil a affiché la meilleure performance boursière au monde, avec une hausse de plus de 10% en USD.
Les bourses indienne et sud-coréenne connaissent des envolées similaires.
Qu’est-ce qui pourrait dérailler ? Le narratif de marché. Quand un segment de marché marche bien, il a tendance à attirer de nouveaux investisseurs. C’est amplifié par les algorithmes, qui contrôlent jusqu’à 90% du marché, et qui se contentent d’acheter les flux entrants et de vendre les flux sortants.
Il suffit que le narratif change pour qu’on passe à une phase de sous-performance sévère. C’est peu probable cette année. Mais c’est à garder en tête pour l’avenir.
Pas de surprise à attendre du côté des banques centrales cette semaine. À l’instar de la Réserve Fédérale, la Banque Centrale Européenne et la Banque d’Angleterre devraient maintenir leurs taux inchangés, respectivement à 2% et à 3,75%. La livre sterling reste sous pression à cause de la politique britannique. Le 26 février, une élection partielle importante pour le Parti travailliste au pouvoir a lieu. Selon les sondages, il pourrait perdre le siège qui est en jeu au profit du parti populiste Reform UK, ce qui risque de compliquer l’avenir politique du premier ministre Keir Starmer. En Europe, le Parlement européen doit décider mercredi d’avancer ou non sur l’accord commercial UE-USA. C’est mal parti. Enfin, les élections législatives anticipées au Japon auront lieu le 8 février. Bien que la cote de popularité de la première ministre Sanae Takaichi soit en berne (mais toujours supérieure à 50%), son parti devrait obtenir la majorité absolue. C’est déjà anticipé par le marché.
Lors de la séance de vendredi, l’argent a chuté d’un seul coup de 28% – la plus forte baisse de l’histoire, depuis 200 ans. Dans la foulée, cela a poussé à la baisse l’once d’or qui a reculé de 10%. C’est totalement inhabituel.
Cela s’est produit à cause du même mécanisme qui a provoqué le krach boursier de 1929 : le « ticker tape lag » (retard du ruban de cotation). L’argent se négocie sur les marchés au comptant (spot), mais il est aussi détenu via des ETF. Lorsque son prix s’effondre brutalement, les échanges sont suspendus pendant quelques minutes pour calmer les investisseurs. Problème, pendant ce temps, les ETF sur l’argent continuent à être massivement vendus. Lorsque la suspension des échanges sur le marché spot prend fin, le prix de l’argent chute de nouveau afin de s’aligner sur les ETF.
La panique l’emporte. Cela déclenche encore plus de ventes d’ETF et provoque la liquidation des positions à effet de levier (parfois x3 sur ce marché). Nous entrons dans une spirale baissière qui ne peut s’arrêter que si tous les vendeurs en mode panique sont sortis du marché ou qu’un petit groupe d’investisseurs (potentiellement des fonds spéculatifs) considère que le prix actuel constitue un point d’entrée à l’achat. Il faudra certainement plusieurs jours pour y voir plus clair.
Morale de l’histoire : cela souligne les dysfonctionnements qui peuvent être provoqués par les ETF à effet de levier, en particulier sur des segments de marché peu profonds comme les matières premières.
Les données de performance sont issues de Boursorama, en date du 28 janvier 2026.