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Le jour de la démondialisation (Financière de l'Arc).
C’était l’événement le plus redouté de l’année. Celui-ci a été finalement le plus redoutable depuis mars 2020 pour les marchés actions.
\n\nLes investisseurs tremblaient avant le fameux « jour de la libération », tant voulu par Donald Trump en ce 2 avril 2025 avec l’annonce de nouveaux droits de douane. Ils ont été plus que sonnés par la longue liste des nations concernées. Ainsi que par les nouveaux taux vertigineux appliqués sur certains pays par la nouvelle administration américaine, dès le 5 avril.
\n\nChoc tarifaire inédit
\n\nCe choc tarifaire, inédit depuis le début du 20e siècle, rebat actuellement les cartes du commerce mondial et laisse perplexes les économistes. Devant une nouvelle ère inconnue dans l’histoire de la finance moderne, les professionnels vendent massivement leurs actions pour réduire le risque dans leur portefeuille.
\n\n4.180 milliards d'euros de capitalisation boursière envolée
\n\nLe bilan est lourd : plus de 4.180 milliards d’euros de capitalisation boursière évaporée en cette séance tristement mémorable du 3 avril. Une perte inédite depuis la pandémie de 2020.
\n\nQuel sera l’impact réel sur la croissance et l’inflation, aussi bien pour les États-Unis que pour le reste du monde ? Sommes-nous à l’aube d’un fort mouvement de relocalisation des acteurs de production ou s’agit-il d’un bras de fer voué à ne pas durer ? Quelle sera l’importance des révisions bénéficiaires des entreprises ?
\n\nChoc tarifaire et taxes
\n\nTout d’abord, Washington a frappé fort. Les droits de douane sur toutes les importations américaines feraient un bond de 22% tous pays confondus. Passant de 2% à environ 24%, soit du jamais vu depuis la loi Hawley-Smoot de 1930.
\n\nLe montant total des nouvelles taxes est estimé à plus de 700 milliards de dollars la première année. Un tel choc affole les économistes et les analystes, contraints de reprendre leurs calculettes et d’ajuster leurs modèles. Les premières conclusions tombent et tout le monde est perdant.
\n\nRisque important pour la croissance mondiale
\n\nLe FMI s’alarme d’un risque important pour la croissance mondiale. Il est en train de réviser à la baisse ses prévisions, qui seront communiquées prochainement. Selon des rapports antérieurs et dans un scénario de riposte généralisée, une hausse globale de 20% des tarifs sur les échanges mondiaux pourrait impacter le PIB des États-Unis de plus de 2%. Et celui de la zone euro de plus de 1%.
\n\nHausse de l'inflation suite au choc tarifaire
\n\nAu niveau de l’inflation, le constat est également négatif, avec un surcroît d’inflation de 0,50% à 1% pour les États-Unis. Les pays exportateurs subissant ces taxes seraient contraints de brader ailleurs leurs produits invendus, ce qui réduit le risque d’une forte hausse des prix.
\n\nNiveau de marge brute
\n\nBien que toute entreprise américaine du même secteur subisse le même taux, les conséquences seront bien différentes pour chacune d’entre elles. Tout dépendra en réalité de son niveau de marge brute et de sa faculté à augmenter ses prix. Factuellement, il vaut mieux investir sur des sociétés à forte marge brute (de 75 à 80%). En effet, une augmentation raisonnable des prix de vente de 4 à 5% sera suffisante pour faire passer la totalité du surcoût au consommateur.
\n\nChoc tarifaire et surcoût de production
\n\nÀ l’inverse, dans l’automobile, où les marges brutes sont à peine de 20%, le coût des intrants représente 80% du prix de vente. De facto, une augmentation de 25% (soit les droits de douane instaurés sur les biens en provenance du Mexique) sur les coûts de production représente un surcoût de 20% sur la base du prix de vente (80 multiplié par 25%). Il faudra donc augmenter le prix de vente par ce pourcentage pour maintenir les marges. Ce chiffre étant trop élevé pour le client, la conséquence immédiate devrait être un effondrement des volumes.
\n\nUne période de résultats qui s'annonce cruciale
\n\nLes entreprises ont donc des plans de réadaptation, initialement instaurés dans la période de pénurie après la pandémie de 2020, pour faire face aux ruptures dans la chaîne d’approvisionnement mondiale. Vous l’aurez compris, la période de résultats s’annonce cruciale pour bien orienter les investisseurs actuellement déboussolés.
\n\nLa relocalisation pour échapper aux tarifs douaniers ?
\n\nLa conséquence directe à plus long terme est une relocalisation vers les États-Unis. Et plus généralement du site de production à son point de vente, pour échapper aux tarifs douaniers. Ce phénomène devrait contribuer à un fort mouvement de démondialisation. Le 2 avril 2025 serait une rupture avec le passé.
\n\nLe choc tarifaire devrait aussi creuser les inégalités
\n\nToutes ces conséquences négatives ne tiennent pas compte des baisses d’impôts à venir du programme de Donald Trump. Celles-ci sont évaluées à plusieurs billions de dollars (milliers de milliards). Les Américains les plus riches sont censés en profiter, tandis que les plus pauvres devraient subir les conséquences d’un regain de l’inflation. Les inégalités devraient donc se creuser davantage outre-Atlantique. En attendant une volte-face sur sa politique tarifaire, qui n’est pas exclue dans le communiqué officiel de la Maison-Blanche du 2 avril, Donald Trump a perdu la confiance des marchés.
\n\nLa perte de richesse depuis le 2 avril pourrait provoquer une récession. Le jeu est effectivement dangereux.
\n\nEn attendant les mesures de rétorsion des différents États, il vaut mieux rester à l’écart et garder ses liquidités. A l’exception peut être des quelques entreprises à forte marge, non visées par des tarifs douaniers, dont le cours de bourse subit les affres des marchés. C’est une incohérence qui sera corrigée tôt ou tard par les investisseurs. À nous de les trouver !
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