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Entre tensions géopolitiques au Moyen-Orient, flambée de certaines matières premières et incertitudes sur l’inflation américaine, les marchés ont traversé une semaine agitée.
Entre tensions géopolitiques au Moyen-Orient, flambée de certaines matières premières et incertitudes sur l’inflation américaine, les marchés ont traversé une semaine agitée. Pourtant, malgré la volatilité, les mécanismes financiers restent fonctionnels et éloignent pour l’instant le scénario catastrophe.
Le point hebdo de Pictet Asset Management daté du 09 mars 2026 par Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement
La volatilité récente des matières premières s’explique autant par les tensions géopolitiques que par la structure même du marché des dérivés et des appels de marge.
Contrairement à la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, les mécanismes de marché restent aujourd’hui stables et aucun acteur majeur n’est en difficulté.
L’attention des investisseurs se tourne désormais vers l’inflation américaine et la décision de la Fed, dans un contexte politique tendu aux États-Unis.
La semaine dernière, le pétrole a traversé des montagnes russes, tandis que le gaz s’est envolé et le fioul domestique a renoué avec son point haut de novembre 2022 – au moment de la crise ukrainienne. Même les fertilisants, essentiels pour l’agriculture, n’ont pas été épargnés. Le Moyen-Orient représente environ 25% de la production mondiale. Pour ne rien arranger, les engrais azotés, comme l’urée, sont produits à partir du gaz, ce qui a entraîné une flambée des prix.
Pourquoi une telle volatilité sur les matières premières alors que les actions ont fait preuve de résilience ? Parce que le Moyen-Orient est un centre de production et d’exportation essentiel. Certes. Mais il ne faut pas négliger la structure du marché qui est propice à des sursauts de volatilité. Le marché des matières premières a une particularité : il est très concentré autour de quelques grands négociants qui servent d’intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs. Les producteurs et les négociants ont recours à des produits dérivés pour se couvrir contre les fluctuations de prix qui peuvent intervenir entre la conclusion d’une transaction et la livraison. Les producteurs ont tendance à se couvrir contre une baisse des prix tandis que les négociants se couvrent dans le sens inverse. Ni les producteurs ni les négociants ne règlent l’intégralité des sommes sur lesquelles portent les produits dérivés utilisés. En cas de pic de la volatilité, ils doivent régler des appels de marge pour s’adapter aux variations de prix des matières premières. Cela permet de garantir la couverture prise et que la transaction arrive à échéance. En règle générale, les appels de marge variables quotidiens peuvent représenter jusqu’à 20% de la valeur du contrat. C’est le fonctionnement normal du marché.
Lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, cette mécanique s’est enrayée. La perspective d’un conflit long a entraîné une panique. Les appels de marge quotidiens ont grimpé jusqu’à 80% de la valeur des contrats, en particulier sur le gaz naturel. Du jamais vu ! Le marché des matières premières était totalement dysfonctionnel. Des opérateurs de marché ont décidé dans la précipitation de se retirer, ce qui a réduit la liquidité, et certains négociants ont alors été confrontés à un risque de défaut, ne pouvant pas payer les appels de marge demandés. Heureusement, la situation s’est depuis normalisée.
La bonne nouvelle actuellement, c’est que nous ne sommes pas confrontés à une répétition de ce scénario noir. Il n’y a pas d’envolée des appels de marge quotidiens et aucun acteur n’est en difficulté. C’est certainement le signe qu’il ne faut pas paniquer et se garder d’écouter les oiseaux de mauvais augure qui prédisent toujours le pire.
Outre l’actualité géopolitique, notre attention va se porter sur l’inflation américaine. Deux statistiques sont attendues : les prix à la consommation en février et l’indice PCE core pour janvier qui est considéré comme l’indicateur d’inflation préféré de la Réserve Fédérale (Fed). Ce dernier est prévu à 3% sur un an – un niveau toujours un peu trop élevé par rapport à la cible de la banque centrale à 2%. Au cours des derniers mois, les pressions inflationnistes ont surtout résulté des prix de l’énergie et de l’alimentation. Sans surprise, au regard du contexte au Moyen-Orient, il est évident qu’il n’y aura pas d’accalmie à ce niveau. Étant donné l’incertitude ambiante, le marché n’anticipe désormais plus de baisse des taux par la Fed lors de sa réunion de mi-mars. Le taux directeur devrait rester compris entre 3,5% et 3,75%. En revanche, cela risque de déplaire fortement au président américain Donald Trump. De nouvelles attaques contre Jerome Powell sont à prévoir.
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