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La flambée du cours de l’or a considérablement accru la valeur des réserves françaises. Fin août 2026, les réserves officielles atteignaient 380,7 milliards d’euros, dont 301,2 milliards pour les 2.437 tonnes d’or détenues par la Banque de France.
Cette richesse ne constitue toutefois pas une cagnotte dans laquelle le gouvernement pourrait puiser. L’or figure au bilan de la Banque de France dans le cadre de l’Eurosystème et non dans celui de l’État. Son utilisation pour financer directement les dépenses publiques se heurterait notamment aux règles européennes interdisant le financement monétaire des États.
L’écart avec la dette française relativise également l’importance de ce patrimoine. Au premier trimestre 2026, la dette publique atteignait 3.536 milliards d’euros. Même en vendant théoriquement l’intégralité des réserves d’or à leur valorisation actuelle, la France n’en rembourserait qu’environ 8,5 %.
Une liquidation massive serait par ailleurs difficilement réalisable aux prix affichés. L’arrivée de milliers de tonnes d’or sur le marché pourrait faire chuter les cours et serait susceptible d’être interprétée comme un signal de fragilité financière.
Enfin, l’or constitue une réserve stratégique sans risque de contrepartie, particulièrement précieuse lors des crises monétaires ou géopolitiques. Sa vente ne réglerait surtout pas le problème fondamental des finances françaises : un déficit structurel qui génère continuellement de nouvelles dettes.