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Entre soulagement géopolitique et emballement financier, les marchés ont célébré un simple cessez-le-feu comme une issue définitive.
Entre soulagement géopolitique et emballement financier, les marchés ont célébré un simple cessez-le-feu comme une issue définitive. Une réaction jugée excessive au regard des fragilités persistantes et des risques économiques à venir.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 13 avril 2026
À la longue, on a fini par se lasser. Après un mandat et un an, les ficelles sont connues et tendent à s'effilocher. Du reste, cette fois-ci, il faut tout de même souligner l'effort du président américain pour soigner sa mise en scène façon film catastrophe. Un blockbuster garanti ! Mardi, au seuil de l'ultimatum imposé à l'Iran, à grand renfort de tweets apocalyptiques, le suspense était à son comble. Et ? Et, rien ! En guise d'Armageddon, un cessez-le-feu. Pour une surprise… En tout cas, c'en fût une de taille pour les investisseurs. Scènes de liesse sur les marchés, cotillons sur les indices et champagne pour les actions. Comme pour le papier toilette avant un confinement, les intervenants se sont rués sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à un actif risqué. Un vrai feu d'artifice indiciel - excepté pour le pétrole en chute libre sous les 100 dollars le baril. On se serait cru un jour d'armistice alors qu'il ne s'agit que d'un cessez-le-feu ! A-t-on déjà vu des supporters fêter la mi-temps comme si c'était la fin du match…?
Après un mois de strangulation du détroit d'Ormuz, on serait davantage tenté de mettre cette euphorie irrationnelle sur le compte du soulagement que d'un optimisme en bois brut. C'est en tout cas, ce qu'il faut espérer. Car la réalité prête surtout à déchanter. D'une part, parce que comme l'a montré l'échec des négociations ce week-end, la trêve ne tient qu'à un fil. D'autre part, parce qu'étant donné le blocus maritime de l'Iran annoncé par Trump, le trafic dans le détroit devrait se poursuivre dans les prochaines semaines avec la conviction d'un robinet mal fermé. Ensuite, parce que même si, par quel heureux hasard, le grand incendie persique devait s'éteindre demain, le réseau mondial de distribution de gaz et de pétrole a subi une sérieuse avarie. Et la maintenance va prendre un temps certain - plusieurs mois - durant lequel les prix du baril vont se maintenir à une certaine altitude. Enfin, parce que l'uppercut économique reste à venir. Et, déjà les effets se font sentir outre-Atlantique. Le mois dernier, les prix à la consommation (IPC) chez l'Oncle Sam ont fait un bond de géant à 3,3 % (contre 2,4 % en février). Et cela ne fait que commencer…
La tendance sur la semaine écoulée est symptomatique des phases de soulagement où les investisseurs prennent leur rêve pour la réalité. Et l'arrêt du bruit des canons pour la symphonie des clairons. Résultat, des actifs risqués en nette hausse au premier rang desquels les actions. Les matières premières ont été mises à l'écart de l'euphorie, le cessez-le-feu laissant entendre un retour à la normale du trafic dans le détroit d'Ormuz et donc une moindre pression sur les prix du baril. Ceux-ci ont donc fortement reculé en début de semaine, repassant sous la barre des 100 dollars le baril (Brent) pour toucher un plus bas hebdomadaire à 90 dollars.
Bien sûr, le très maigre espoir d'une résolution du conflit au Moyen-Orient a redonné aux investisseurs - à la diète depuis plusieurs semaines - une véritable fringale pour les actions. Celles-ci ont prolongé l'élan haussier entamé la semaine précédente. Toutes les zones géographiques ont été concernées. Mais particulièrement celles qui avaient jusqu'alors les plus soufferts du déclenchement de la guerre dans le Golfe Persique. D'ailleurs, ce sont désormais les émergents et l'Asie qui caracolent en tête du palmarès prévalant depuis janvier.
Dans les conditions d'un fort regain d'appétit pour le risque, le compartiment obligataire n'a pas brillé. Toutefois, les obligations les mieux notées sont parvenues à se maintenir à l'équilibre. La meilleure performance de la semaine revient logiquement au high yield qui rebondit fortement dans le sillage des actions. Depuis janvier, c'est le court terme qui reste le moins pénalisé tandis l'investment grade continue de fermer la marche du classement obligataire.
La tendance n'a pas été différente sur le front souverain où les rendements des emprunts d'État à long terme se sont inscrits en légère hausse. Une ampleur mesurée qui peut s'expliquer aussi par la fragilité du cessez-le-feu et le mince espoir d'une sortie imminente de crise au Moyen-Orient. Le 10 ans américain s'est ainsi adjugé 2 pb sur la semaine tandis que son pendant allemand en a repris six, repassant à cette occasion juste au-dessus du seuil des 3 %.
Les conséquences de l'annonce d'un cessez-le-feu n'ont pas manqué non plus de se faire sentir sur le marché des changes. La réaction la plus claire a bien sûr été un net recul du dollar. Le billet vert qui profitait depuis le début du conflit au Moyen-Orient de son statut d'actif refuge, s'est nettement déprécié la semaine passée. Parallèlement, l'euro reprenait des couleurs face au dollar bien sûr mais également face au yen. De sorte que, au terme de la semaine écoulée, la paire euro-dollar a rebondi sur le seuil des 1,17.