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Suspendus aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et à la flambée des prix de l’énergie, les marchés financiers évoluent dans un climat d’incertitude marqué.
Suspendus aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et à la flambée des prix de l’énergie, les marchés financiers évoluent dans un climat d’incertitude marqué. Entre ralentissement de la croissance, pressions inflationnistes et tensions sur les taux longs, investisseurs et banques centrales avancent sans réelle visibilité.
Le point hebdo d'Ostrum Asset Management daté du 17 mars 2026 par Axel Botte, directeur stratégie marchés
Une fermeture durable du détroit d’Ormuz ferait peser un risque majeur sur l’économie mondiale malgré l’utilisation des réserves stratégiques de pétrole.
Le ralentissement de la croissance américaine et la persistance de l’inflation compliquent les perspectives de politique monétaire des grandes banques centrales.
Les marchés obligataires et actions corrigent modérément, tandis que le dollar s’impose comme principale valeur refuge.
Une fermeture durable du détroit d’Ormuz constituerait une contrainte insurmontable pour l’économie mondiale. Les marchés financiers restent suspendus aux nouvelles en provenance du Moyen-Orient, occultant pour un temps les risques liés au marché du crédit privé américain.
Le positionnement structurellement baissier sur le dollar a sans doute favorisé le rebond du billet vert malgré les errements de l’administration américaine dans la conduite des opérations en Iran. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est à l’arrêt, à l’exception de quelques navires à destination de la Chine ou de l’Inde. Les risques pesant sur l’économie mondiale s’accumulent en dépit l’annonce de la mise sur le marché des réserves stratégiques de brut à hauteur de 400 millions de barils. Cette mesure ne permettra pas de compenser l’arrêt des exportations des pays du Golfe au-delà de quelques semaines. Dans ce contexte, avec un baril de Brent au-delà de 100 $, les taux se tendent craignant une nouvelle accélération des prix. Les actions s’inscrivent en baisse de 1,6 % sur une semaine pour le S&P 500. La demande de couverture des risques baissiers augmentent sur les marchés optionnels, mais pour l’essentiel, la réaction des actifs risqués est limitée à ce stade au regard des risques économiques encourus.
Sur les plan conjoncturel, le PIB aux Etats-Unis a été revu en baisse à 0,7 % au 4ème trimestre contre 1,6% en première lecture. Les dépenses en services et l’investissement privé ont été révisés à la baisse. Une amélioration des enquêtes et la fin du shutdown fédéral laissait présager un rebond de l’activité au 1er trimestre, qui devrait finalement se heurter à la hausse des prix de l’énergie. Le prix du gallon approche en effet 3,60 $, et la confiance des ménages s’en ressent. La seule éclaircie concerne l’activité de construction résidentielle qui montre enfin des signes de redressement. La Fed devrait prendre acte du fléchissement de la croissance en fin d’année et du mauvais rapport sur l’emploi en février. L’inflation reste cependant trop élevée à 3,1 % selon le déflateur de la consommation hors éléments volatiles. En zone euro, la BCE observe la hausse des prix de l’énergie amplifiée par la baisse de l’euro sous 1,15 $. L’inflation importée ne semble pas de nature à modifier le statu quo, mais Christine Lagarde réaffirmera sa vigilance face aux risques à la hausse des prix. La BoE est dans une situation plus complexe encore étant donné l’accélération de l’inflation entretenue par la hausse des salaires depuis le début de l’assouplissement monétaire.
Sur les marchés obligataires, les tensions réapparaissent sur les taux à long terme. Le T-note s’approche du seuil de 4,30 % alors que le Bund renoue avec les sommets de 2025 à 2,94 % atteints après les annonces d’investissements publics en Allemagne. Ces mouvements sont concomitants avec le rebond du pétrole et des anticipations d’inflation (+ 100 pb sur l’inflation à 2 ans en zone euro). Le marché des JGBs et plus encore du Gilt sont aussi fragiles. L’unique valeur refuge est le dollar, sans doute en raison de débouclements de couverture de change. Sur les actions, la correction reprend mais sans panique. Le S&P évolue même dans une fourchette très étroite depuis le début de l’année sur un historique de 60 ans. La demande de protection à la baisse a augmenté, soutenant la volatilité implicite (VIX à 30 %) qui en retour alimente un rebond des spreads sur les indices de CDS. L’iTraxx Crossover repasse le seuil de 300 pb. Le marché du crédit est toutefois plus calme et en capacité d’absorber des émissions de taille comme celles d’Amazon. Le spread sur l’investment grade ressort à 78 pb comme swap. Les spreads souverains se tendent parallèlement.