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Déclarations à répétition, tensions géopolitiques et marchés sous surveillance : la deuxième semaine de 2026 confirme un début d’année aussi intense qu’instable, où l’appétit pour le.
Déclarations à répétition, tensions géopolitiques et marchés sous surveillance : la deuxième semaine de 2026 confirme un début d’année aussi intense qu’instable, où l’appétit pour le risque cohabite avec une prudence croissante des investisseurs.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 19 janvier 2026
C'est peu dire que 2026 a commencé sur les chapeaux de roue. Le problème c'est qu'à ce rythme, les investisseurs seront en burn-out avant la prochaine pleine lune. Pourtant, rien de nouveau sous les « trumpiques ». Sans autre inspiration, la même stratégie, toujours aussi efficace que sidérante, est sans cesse répétée : allumer des feux et des contre-feux dans l'espoir qu'il y en aura bien un qui ne sera pas de paille. Mais là, la cadence imposée par le président américain fait craindre un risque d'épilepsie générale. Sur la seule semaine dernière : menaces de poursuites judiciaires contre Jerome Powell, plafonnement des taux d'intérêt des cartes de crédit à 10 %, sommation de droits de douanes contre les opposants à l'américanisation non consentie du Groenland… Cela va, bien sûr, sans compter sur son offensive tous azimuts sur le front géopolitique. Et ce n'est que la deuxième semaine de l'année - et, accessoirement, l'an II de son mandat !
Du reste, avec les midterms en ligne de mire, la lessiveuse actuellement à l'œuvre pourrait n'être qu'un programme court. Et puis les marchés ont quand même matière à se rassurer. Des garde-fous sont en place. Il n'y a qu'à voir la levée de bouclier générale suscitée par la tentative d'intimidation du président de la Fed. Même dans les rangs républicains, des voix se font entendre pour défendre la sacro-sainte indépendance de l'instance monétaire. Pas sûr, dans ces conditions, qu'au-delà du pot de départ de Jerome Powell en mai, la Maison Blanche puisse murmurer à l'oreille du FOMC. Concernant la menace de droits de douanes visant les soutiens au Groenland, elle pourrait bien sortir l'Europe de sa pusillanimité. Ce week-end, la France a fait savoir qu'elle demanderait l'activation de l'instrument anti-coercition de l'UE adopté en 2023. Ce « bazooka » donne à l'Europe des moyens de riposte contre l'utilisation des armes commerciales pour faire pression sur l'un de ses membres. Entre autres : limitation des importations, exclusion des entreprises des marchés publics, blocage de certains investissements… Bref, une arme économique nucléaire de dissuasion. Faut-il encore que les 27 s'entendent sur le déploiement ou non de cet arsenal.
Comme la précédente, toutes les classes d'actifs ont conclu la semaine passée dans le vert, suggérant que malgré un appétit pour le risque qui ne se dément pas, les investisseurs restent sur leurs gardes. Les matières premières continuent de surfer sur un contexte géopolitique tendu. À commencer par les métaux précieux comme l'or qui a franchi un nouveau record, la semaine passée, à 4.690 dollars l'once. Ou encore l'argent qui a désormais passé le seuil des 90 dollars (graphique). Malgré les tensions en Iran, le pétrole qui est remonté sur les 66 dollars, est retombé en fin de semaine sur les 64 dollars le baril (Brent).
Preuve de la prudence des investisseurs, ce sont les actions japonaises qui ont signé - de loin - la plus forte hausse hebdomadaire. Exception faite de Londres qui a profité de son exposition aux matières premières notamment dans le secteur minier, les marchés occidentaux étaient à la peine. Malgré des indicateurs plutôt encourageants de l'autre côté de l'Atlantique et des résultats trimestriels relativement bons dans le secteur financier, les annonces en cascade du président américain ont refroidi les marchés. Les indices américains signent ainsi la plus faible hausse de la semaine.
Une fois encore, le compartiment obligataire est parvenu à tirer son épingle du jeu. Malgré un appétit continu pour le risque, celui-ci s'est une nouvelle fois apprécié la semaine passée. Une tendance d'autant plus surprenante que c'est l'investment grade qui signe la seule hausse hebdomadaire - haut rendement et court terme se contentant de rester stables. Dans ces conditions, les obligations les mieux notées font désormais jeu égal avec le high yield au classement général.
La prudence des investisseurs était, en revanche, moins palpable sur le front souverain. À l'instar de celui du 10 ans américain qui s'est légèrement apprécié (7 pb). Une orientation à mettre au compte des anticipations monétaires après les derniers chiffres (stables) de l'inflation et une amélioration du marché du travail qui tendent à repousser à juin la prochaine baisse de taux de la Fed. En Europe, les rendements des taux longs ont évolué en ordre dispersé. Si le 10 ans allemand s'est un peu tendu, son pendant français a grappillé un peu de terrain, permettant au spread franco-allemand de se resserrer sous les 70 pb.
Sur le marché des changes, la principale tendance à retenir est le troisième gain hebdomadaire consécutif du dollar. Un renforcement à mettre au compte des bons indicateurs publiés la semaine passée et notamment des inscriptions hebdomadaires au chômage ressorties en nette baisse (198.000) par rapport aux attentes (215.000). La perspective d'un statu quo de la Fed prolongé jusqu'à l'été profite au billet vert sans pour autant impacter la paire euro-dollar qui se maintient sur le seuil des 1,16.