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Entre tensions géopolitiques, retour de l’inflation et incertitudes budgétaires, les marchés mondiaux vacillent sans rompre.
Entre tensions géopolitiques, retour de l’inflation et incertitudes budgétaires, les marchés mondiaux vacillent sans rompre. Mais la résilience des indices américains interroge plus que jamais.
Le point hebdo de Fidelity International daté du 30 mars 2026
Il y a des phénomènes qui défient les lois de la gravité. Et celui-ci, plus que d'autres, interpelle. Comment, en effet, les indices américains parviennent-ils encore à se maintenir à une altitude de vol aussi élevée ? Mystère et boule de gomme. Certes, d'une façon générale, tous les marchés mondiaux font preuve d'une surprenante résilience au regard de la ligne d'horizon inflationniste qui enfle irrésistiblement. Mais, outre-Atlantique, c'est autre chose. Il y a peu encore à la limite de l'obésité capitalistique, le marché vient avec la guerre au Moyen-Orient de perdre ses deux principales sources d'alimentation. À commencer par les anticipations monétaires qui doivent désormais se faire une raison. En lieu et place du festival dovish qui était programmé cette année, se tiendra - peut-être - une austère rétrospective hawkish. Qu'importe, pourrait-on se dire, il reste l'IA ! Mais la frilosité des investisseurs a - au moins temporairement - enrhumé les valeurs de croissance. Et la condamnation de Meta et Google, la semaine dernière, n'arrange rien. D'autant qu'elle est de nature à créer un précédent qui pourrait coûter cher à certaines stars de la tech US.
Sans compter que le marasme géopolitique actuel devrait aussi, tôt ou tard, se faire sentir sur le front conjoncturel. La consommation courante ne tardera pas à subir un retour d'inflation qui, par la même occasion, devrait annihiler - au moins en partie - les réductions d'impôts de l'OBBBA ("One Big Beautiful Bill Act"), adopté en juillet dernier. De quoi faire aussi grincer quelques dents budgétaires si l'on sait que le gros cadeau fiscal de l'administration Trump va excaver le déficit fédéral de près de 4 000 milliards de dollars (sur dix ans). Et ça, c'était avant que Donald ne se prenne les pieds dans le tapis persan, ce qui risque de lui coûter un bras supplémentaire. Pas étonnant, dans ces conditions, que les investisseurs se soient mis sous Xanax et que le coût de financement de l'Oncle Sam s'envole. À l'instar notamment du 30 ans qui coudoie les 5 % (voir graphique). En ajoutant à cela quelques sueurs froides naissantes sur le risque de crédit, on se dit que l'à-pic sous les indices américains est possiblement vertigineux et que leur salut ne tient finalement plus qu'à un fil, la robustesse du dollar.
La semaine qui s'est écoulée n'a pas échappé à la tendance générale sur les marchés depuis le déclenchement de la guerre, il y a un mois. Actions et obligations demeurent dans le rouge tandis que les matières premières tirent leur épingle du jeu au regard des conséquences du conflit au Moyen-Orient sur le marché des hydrocarbures. Et même si, la semaine passée, la phase de "je discute, moi non plus" entre Washington et Téhéran a soufflé le chaud et le froid sur les cours du pétrole, ceux-ci l'ont terminé proches des 115 dollars le baril (Brent) après être furtivement repassés sous les 100 dollars, mardi.
Pour la première fois depuis un mois, les investisseurs ont semblé regarder un peu plus dans le détail ce qu'il y avait dans leur panier actions. Ce qui explique notamment que toutes les zones géographiques n'étaient pas logées à la même enseigne la semaine passée. L'accumulation des risques outre-Atlantique a logiquement pénalisé le marché américain plus que les autres. Du reste, les émergents n'étaient pas à la fête non plus. Seuls les marchés japonais et européens, particulièrement pénalisés depuis le début de la guerre, ont été épargnés par la tendance baissière.
Comme depuis le début de la guerre, actions et obligations restent corrélées. Ces dernières ne sont aucunement recherchées pour leur protection contre le risque - seul le dollar continue de bénéficier de ce privilège. Ainsi, pour la troisième semaine consécutive, le compartiment obligataire recule dans son ensemble. Aucun segment ne se distingue des autres. Si ce n'est peut-être l'Investment Grade qui, une fois encore, signe la plus forte baisse hebdomadaire.
La tendance n'est pas mieux sur le front souverain où le coût d'emprunt à long terme des États demeure à la hausse. Les craintes grandissantes sur le prix à payer pour les États-Unis (budget, inflation) tirent le rendement du 10 américain à la hausse. Celui-ci a atteint les 4,5 % pour la première fois depuis juin 2025. Les États européens ne sont pas mieux lotis. Le 10 ans allemand est allègrement repassé au-dessus des 3 % tandis que son pendant français s'est tendu de 12 pb sur la semaine écoulée, touchant même un plus haut depuis 2009 (lundi).
Après avoir brièvement reculé la semaine précédente, le dollar s'est une nouvelle fois renforcé sur celle qui vient de s'écouler. Le billet vert continue de profiter de ses qualités d'actif refuge particulièrement liquide. En outre, les investisseurs ont parallèlement abandonné l'idée d'une baisse de taux supplémentaire cette année, ce qui a soutenu la tendance. Toutefois, l'appréciation concomitante de la devise européenne a permis à la paire euro-dollar de se maintenir sur le seuil des 1,15.