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Edmond de Rothschild AM décrypte des marchés évoluant au rythme des tensions autour du détroit d'Ormuz. Entre menaces militaires, négociations incertaines et nervosité des banques centrales, l'équilibre reste fragile.
Entre menaces militaires, négociations incertaines et nervosité des banques centrales, les marchés ont évolué au rythme des tensions autour du détroit d’Ormuz. Malgré quelques signes d’accalmie, l’équilibre reste fragile et les investisseurs naviguent entre prudence et opportunisme.
Le point hebdo d'Edmond de Rothschild Asset Management daté du 27 mars 2026
La semaine a été dominée par l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran autour du détroit d’Ormuz, suivie d’un relatif apaisement avec le report de l’ultimatum américain.
Les négociations avec l’Iran restent très compliquées, les exigences de Téhéran étant largement incompatibles avec les demandes américaines et israéliennes, malgré des échanges indirects via des intermédiaires.
Plusieurs banques centrales ont adopté un ton plus restrictif face aux craintes inflationnistes liées à la hausse des prix de l’énergie, en particulier, la BCE qui prévoit désormais plus de trois hausses de taux d’ici fin 2026.
La semaine s’est ouverte sur une escalade des tensions avec l’annonce d’un ultimatum américain dans le week-end avec une échéance le lundi, rejeté par l’État iranien. Donald Trump menaçait de viser des infrastructures énergétiques en Iran si le détroit d’Ormuz n’était pas réouvert. Cependant, il a rapidement reculé la date de l’échéance de 5 jours, évoquant une reprise des discussions avec les autorités iraniennes, entrainant un rebond des actifs risqués et une forte baisse des prix du pétrole. Les investisseurs ont voulu voir quelques signes d’amélioration alors que quelques bateaux ont pu traverser le détroit et que l’Iran disait que les bateaux des pays « amis » seraient autorisés à passer.
Si la tenue de négociations a été démentie par les Iraniens, des échanges indirects auraient lieu par l’intermédiaire, entre autres, du Pakistan. Les États-Unis et l’Iran ont, chacun annoncé une liste de demandes en vue de pourparlers de respectivement 15 et 5 points. L’Iran demande un arrêt total des frappes, des garanties que la guerre ne reprendra pas, le paiement de dommages et intérêts, la fin complète des conflits sur tous les fronts liés à l’Iran et ses alliés (y compris au Liban) et la souveraineté sur le détroit d’Ormuz. Tous ces points vont à l’encontre des demandes américaines et israéliennes et les négociations sont compliquées.
Dans cet environnement, les statistiques économiques sont moins regardées. La publication des indicateurs avancés a montré une matérialisation des craintes avec une baisse des PMI Composite en zone Euro et au Royaume-Uni un peu plus forte qu’attendue, notamment à cause de l’indice des services. Le mouvement a été similaire mais de moindre ampleur sur les indices américains. D’autre part, les interventions des membres des banques centrales ont eu un ton plus restrictif en raison des craintes sur les conséquences inflationnistes du conflit et de la hausse des prix de l’énergie. Un discours de Christine Lagarde a notamment pesé sur l’évolution des taux et les investisseurs anticipent maintenant plus de trois hausses de taux de la BCE d’ici la fin de l’année.
Dans ce contexte de volatilité, nous considérons que l’état sous-jacent de l’économie mondiale reste relativement résilient et prenons acte des échanges, même indirects, entre les États-Unis et l’Iran. Nous conservons notre volonté de nous réexposer davantage au marché à la suite de fortes baisses sur les actifs risqués et avons ainsi remonté notre vue crédit à un score neutre / légèrement positif, le scénario de récession n’ayant pas atteint nos seuils d’alerte.