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Fragmentation du monde, retour de l’État-stratège, pressions inflationnistes durables, marchés financiers sous tension : dans ces Perspectives 2026 , Francis Jaisson, Président de.
Fragmentation du monde, retour de l’État-stratège, pressions inflationnistes durables, marchés financiers sous tension : dans ces Perspectives 2026, Francis Jaisson, Président de Covéa Finance, livre une lecture lucide d’un environnement économique et géopolitique profondément transformé, et détaille les axes de vigilance comme les choix d’investissement qui en découlent.
Les perspectives 2026 de Covéa Finance
Le multirégionalisme et la souveraineté redessinent durablement l’économie mondiale.
Les déséquilibres financiers et la surchauffe de certains segments appellent à une vigilance accrue.
Les stratégies d’investissement privilégient sélectivité, diversification et actifs stratégiques.
Multirégionalisme et recherche de souveraineté des États façonnent le monde d’aujourd’hui. Ce mouvement aux tensions multiples renforce les pressions inflationnistes structurelles et place les entreprises dans des situations complexes en termes d’accès aux matières premières et aux financements. Le pendant de ce mouvement, c’est la réémergence de l’État-stratège qui les oblige à repenser leurs stratégies dans un monde plus fragmenté et plus conflictuel.
La fin de l’illusion du doux commerce et de la mondialisation heureuse s’accompagne de l’exacerbation de l’affrontement entre les États-Unis et la Chine et de leurs blocs respectifs. Cela se traduit par des stratégies industrielles rivales qui ont rendu les chaînes de valeur géopolitiques. On observe cette tendance partout dans le monde, avec des politiques résolument volontaristes, à l’image de l’acquisition de 10 % d’Intel (9 Md$) par l’État américain afin de consolider leur sécurité nationale, renforcer leur position dans le domaine de l’intelligence artificielle et soutenir la production de semi-conducteurs sur le territoire américain.
Si ce retour du Politique se retrouve sur toutes les zones géographiques, il touche aussi tous les secteurs car les dimensions de la souveraineté sont multiples : alimentaire, énergétique, technologique, numérique, logistique, financière, monétaire. Le secteur de la technologie est au cœur de cette guerre froide entre les États-Unis et la Chine, l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs participant d’ailleurs à l’accélération de la polarisation des standards techniques entre les deux camps.
Le commerce, qui était autrefois porteur d’interdépendances apaisantes, devient un outil de souveraineté. La frontière entre politique étrangère, politique industrielle et politique économique s’efface et les entreprises sont en première ligne. Elles s’exposent donc aux conséquences de décisions politiques et pourtant le niveau de valorisation d’une partie de la cote s’échange sur des multiples irréalistes tant en termes de profit escompté que de chiffre d’affaires…
La vigilance s’impose notamment dans cette course aux investissements en infrastructures de l’IA qui rappelle la frénésie de construction de câbles optiques pour une demande complètement surestimée et qui avait mené aux faillites retentissantes d’il y a un quart de siècle. Cette vigilance est accrue par le caractère malsain de la circularité qui existe dans les commandes et le financement de ces infrastructures IA, puisqu’en réalité ce sont des fournisseurs qui financent leurs clients pour le dire simplement.
Enfin, d’autres signaux inquiétants se cumulent :
• le plus haut historique des défauts sur les titrisations de l’immobilier commercial aux États-Unis
• les montants records en Europe d’émissions de dettes des sociétés de private equity en panne de liquidité, pour redistribuer du capital aux actionnaires
Mais les points d’attention premiers sont ceux que l’on doit avoir sur la surveillance du premier marché, celui où naissent toutes les grandes crises, à savoir le marché monétaire et interbancaire américain.
Notre stratégie est de bénéficier des mouvements de pentification actuellement à l’œuvre pour augmenter progressivement la sensibilité des portefeuilles en privilégiant la zone 15 ans qui offre la prime la plus attractive au regard du risque pris.
Nous faisons également le choix de diversifier nos investissements dans un contexte de plus forte volatilité de la dette française, tout en continuant d’améliorer les taux à l’achat et en visant une notation moyenne supérieure ou égale à la France. Nous maintenons une dynamique d’investissement sur le crédit tout en restant sélectifs sur le choix des émetteurs dans un contexte de resserrement excessif des primes de risque. Sur le crédit bancaire, nous maintenons une grande exigence sur le rang de séniorité.
Enfin, alors que les marchés monétaires laissent apparaître des signes de crispation manifestes, nous restons vigilants à un retournement contraint des politiques des banques centrales lié aux risques financiers ou à un changement brutal de l’environnement dans lequel évoluent les acteurs économiques de chaque zone. Cela offrirait des opportunités, notamment sur le crédit, mais aurait pour conséquence probable de faire baisser les taux des dettes souveraines.
La trajectoire des marchés actions devrait rester heurtée, soumise :
• aux aléas des décisions politiques et des rapports de force géopolitiques
• à la nécessaire adaptation des modèles d’affaires des entreprises
• aux crispations sur les marchés monétaires
• aux effets de bord de la concentration des flux
Nous devrions connaître une poursuite de la hausse de la volatilité des indices mais également des titres pris individuellement.
Sur le plan géographique, nous conservons une appréciation toujours favorable de l’économie américaine au regard de ses avantages compétitifs, les investissements en Europe devant davantage être vus à travers le prisme de la souveraineté et de ses enjeux, en gardant en perspective la complexité des risques politiques et les difficultés à définir une stratégie commune.
Pour ce qui est des valeurs, nous privilégions celles qui évoluent dans des secteurs stratégiques ou qui disposent d’actifs stratégiques ou incontournables pour autant que les valorisations offrent des gages suffisants d’appréciation. Ces secteurs sont :
• les ressources critiques (uranium, cuivre, terres rares…)
• les infrastructures technologiques, de transport et de télécommunication
• l’électrification des économies
• la défense et le spatial
• l’automatisation des processus industriels (biens d’équipement) et des services (IA en descendant la chaîne)
Nous sélectionnons des entreprises en retard de performance, susceptibles de verser des dividendes soutenables tout en adaptant leurs modèles d’affaires.
Nous investissons par ailleurs dans des entreprises de petites et moyennes capitalisations qui sauront saisir les opportunités des plans d’investissement destinés à relocaliser les industries stratégiques.
Enfin, nous restons bien évidemment toujours à l’écart des sociétés dont les niveaux d’endettement sont trop élevés au regard de leur activité.
Ce document contient des opinions et analyses conçues par Covéa Finance à partir de données chiffrées qu’elle considère comme fiables au jour de leur établissement en fonction du contexte économique, financier ou boursier. Il est produit à titre indicatif et ne peut être considéré comme une offre de vente ou un conseil en investissement. Il ne constitue pas la base d’un engagement de quelque nature que ce soit. Covéa Finance ne saurait être tenue responsable de toute décision prise sur la base d’une information contenue dans ce document.