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Fidelity International analyse un marché obligataire entré dans un nouveau régime depuis 2022, avec des taux durablement plus élevés et une volatilité accrue. Dans ce contexte, la gestion active redevient centrale pour arbitrer entre dettes souveraines, crédit et diversification.
Dans un environnement obligataire profondément transformé par la remontée des taux, les tensions énergétiques et des signaux croissants de mutation macroéconomique, la gestion active apparaît comme un levier clé pour préserver la diversification et capter les opportunités de performance.
Une analyse de mars 2026 signée Marion Le Morhedec, Directrice Monde des Investissements Obligations chez Fidelity International
Un contexte obligataire inédit depuis 2022 : taux plus élevés, politiques monétaires moins accommodantes et volatilité accrue liée aux tensions géopolitiques.
Des divergences marquées entre taux souverains et crédit : volatilité sur les obligations d’État tandis que les spreads restent historiquement serrés.
Une allocation obligataire active et flexible privilégiée : accent sur la dette émergente locale, les protections contre l’inflation et une prudence structurelle sur le crédit.
La flambée récente des prix de l’énergie est le principal moteur de la volatilité, mais les marchés anticipent une baisse relativement rapide des cours du pétrole - passant d’un niveau au-dessus des 100$/baril aujourd’hui à environ 85$/baril d’ici à 6 mois. Le défi principal reste d’appréhender la durée du conflit.
Contrairement à 2022, les banques centrales ne sont plus en situation ultra-accommodante avec des taux à des niveaux plus élevés à présent et des bilans plutôt en contraction, notamment en zone euro.
Les anticipations du marché quant à leur orientation sur les taux ont très rapidement évolué depuis le début du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran : pour la Fed, les anticipations de baisse sont à présent beaucoup moins marquées pour 2026 (une seule baisse attendue) - pour la BCE et la banque d’Angleterre, elles laissent place désormais à des anticipations de hausse (deux et une respectivement, bien que l’action de la BCE soit encore difficile à cerner avec précision d’après nous).
En tout état de cause, les prochaines actions des banques centrales seront à suivre de près et pourront nécessiter des ajustements de stratégie en matière de duration dans les portefeuilles.
Les courbes de taux se sont aplaties avec des mouvements sur tout le spectre obligataire souverain (taux à 2 ans, 10 ans, 30 ans) si bien que les obligations d’Etat ont connu une volatilité marquée sur les dernières semaines.
Les spreads de crédit ont été résilients en revanche, restant à des niveaux historiquement serrés, indiquant une certaine complaisance du marché.
L’augmentation de l’offre obligataire (avec les importants volumes d’émissions liées à l'intelligence artificielle) peut générer des effets techniques sur le marché. Par ailleurs, si les marchés du crédit privé évoluent de manière relativement dissociée de la dette publique et les difficultés récentes dans cet univers ne devraient pas tellement se propager, elles pourraient avoir un effet de contagion surtout en raison de besoin de liquidités des investisseurs, notamment des assureurs, amenés à revoir leur allocation.
La hausse des prix de l’essence est significative, les prix moyens à la pompe ont franchi le seuil symbolique de 5$, mais reste inférieure aux pics de 2022.
Le marché du travail américain montre des signes de net ralentissement, ce qui pourrait éloigner le risque pesant sur l’inflation salariale en risque pour la croissance.
Certaines corrélations traditionnelles sont remises en cause : par exemple, les valorisations des actions évoluaient historiquement en lien avec les taux réels, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui : le S&P 500 continue de progresser tandis que les taux réels américains se sont repliés. L’or progresse également fortement depuis 2022 par rapport aux taux réels.
Les États-Unis bénéficient d'une politique budgétaire ultra-procyclique depuis l'élection de Trump en 2016, mais cette situation se renverse avec une reprise de la croissance dans d'autres pays développés comme le Japon et l'Allemagne. Sur ce point, les investisseurs doivent également prendre en compte la remise en question globale de la discipline fiscale. Ces dynamiques peuvent inciter les investisseurs à repenser la diversification des portefeuilles.
La stratégie du fonds se fonde sur une vue structurellement baissière sur le dollar américain, en raison des déséquilibres globaux persistants. À court terme toutefois, un positionnement tactique long sur le dollar a été initié en lien avec le choc géopolitique.
Les protections contre l’inflation sont jugées attractives en termes de valorisation. Dans ce contexte, les positions sur les breakevens en dollar américain et en livre sterling ont été renforcées, afin de bénéficier d’une couverture asymétrique en cas de surprise inflationniste.
Dans le fonds, la préférence va à la dette émergente en devise locale, en particulier en Amérique latine, par rapport à la dette souveraine américaine, compte tenu de taux réels plus élevés et plus attractifs. La gestion de la duration reste active et prudente, avec des prises de profits tactiques lors des épisodes de forte volatilité.
Le positionnement demeure structurellement négatif sur le crédit Investment Grade et High Yield, ces segments étant jugés chers. Les niveaux actuels de spreads impliquent historiquement des rendements futurs défavorables à horizon deux ans. En conséquence, la prise de risque est réorientée vers les marchés de taux émergents plutôt que vers le crédit.