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À l’aube de 2026, la synchronisation monétaire appartient au passé. Entre politiques divergentes, retour en force du levier budgétaire et primes de risque redéfinies, l’analyse des taux souverains.
À l’aube de 2026, la synchronisation monétaire appartient au passé. Entre politiques divergentes, retour en force du levier budgétaire et primes de risque redéfinies, l’analyse des taux souverains exige une lecture plus fine et géographiquement différenciée.
Une analyse proposée par Carmignac en date du 26 février 2026
Les politiques monétaires ne sont plus synchronisées entre les marchés développés, ce qui plaide pour une exposition différenciée.
Les risques inflationnistes demeurent orientés à la hausse aux États-Unis et au Japon, tandis que la désinflation est plus avancée en zone euro.
Nous privilégions une sensibilité aux taux acheteuse en Allemagne, restons prudents sur les États-Unis et le Japon, et sélectifs sur l’Europe non-cœur.
Sur les marchés émergents, le portage en devise locale et la résilience structurelle justifient un positionnement constructif, notamment en Europe de l’Est et en Amérique latine.
L’économie mondiale aborde 2026 dans une configuration de fin de cycle : croissance résiliente, poches d’inflation persistantes, valorisations d’actifs élevées et déficits publics historiquement importants. L’assouplissement monétaire synchronisé des deux dernières années laisse désormais place à une phase de divergence marquée des politiques. La Réserve fédérale (Fed) est en pause, le marché anticipant environ 50 points de base de baisses de taux ; la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre sont également en statu quo, avec des biais distincts ; la Banque du Japon poursuit une normalisation prudente ; tandis que la Banque de réserve d’Australie a procédé à une hausse de taux au ton restrictif lors de sa réunion de février.
Dans le même temps, la politique budgétaire s’est imposée comme la principale force macroéconomique. Aux États-Unis, le déficit devrait rester proche de 6 % du PIB en 2026¹, tandis que l’expansion budgétaire allemande redessine les perspectives de croissance et la dynamique d’offre au sein de la zone euro.
Ce basculement d’un leadership monétaire vers un leadership budgétaire modifie la nature des primes de risque intégrées dans les courbes souveraines. Dans un contexte d’émissions structurellement plus élevées, d’inflation non totalement résorbée et d’incertitude politique croissante, les dynamiques d’offre et les primes de terme deviennent aussi déterminantes que les fonctions de réaction des banques centrales. Les obligations souveraines ne peuvent plus être analysées uniquement à travers le prisme des taux directeurs : le risque de sensibilité aux taux reflète désormais davantage la soutenabilité budgétaire, la capacité d’absorption de la dette et la stabilité institutionnelle.
Dans ce contexte, nous privilégions une exposition différenciée en sensibilité aux taux : vendeurs sur les États-Unis et le Japon, acheteurs sur l’Allemagne, prudents sur l’Europe non-cœur et constructifs sur certains marchés émergents sélectionnés.
(1) Perspectives budgétaires du Congressional Budget Office (CBO), février 2026. The Budget and Economic Outlook: 2026 to 2036 | Congressional Budget Office.