Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Retour de la puissance européenne dans un contexte de supercycle de la défense.
Retour de la puissance européenne dans un contexte de supercycle de la défense : les marchés actions européens ne se contentent pas de rebondir, ils évoluent. La défense, les infrastructures, l’énergie et la souveraineté numérique ne sont plus des thèmes marginaux, mais sont au coeur d’une nouvelle dynamique pour les actions européennes.
Nous sommes au début d’une réévaluation structurelle des Actions Européennes, selon Anis Lahlou, CIO et Gérant Actions chez Aperture Investors, société de gestion de Generali Investments. Ce changement est porté par une réévaluation des secteurs longtemps ignorés, tels que la défense, les infrastructures énergétiques, les télécommunications et même le secteur bancaire.
L’année 2025 nous a rappelé que les marchés changent souvent de cap quand on s’y attend le moins. Malgré une volatilité qui a fait la une des journaux, entre chocs tarifaires soudains et tensions géopolitiques renouvelées, les actions ont fait preuve d’une résilience remarquable, l’Europe arrivant en tête des rendements mondiaux à la fois dans les devises locales et en dollars. Avec le recul, cette résilience des actions européennes n’est pas le fruit du hasard. Elle reflète, selon nous, un changement plus profond : l’émergence de l’Europe non seulement comme une valeur sûre, mais aussi comme une allocation stratégique fondée sur l’ambition budgétaire, la réévaluation sectorielle et la clarté des politiques.
En effet, nous pensons que nous sommes au début d’une réévaluation structurelle des actifs européens. La souveraineté dans des secteurs tels que la défense, les infrastructures, l’énergie et le numérique n’est plus un thème marginal, mais est au cœur d’une nouvelle histoire pour les actions européennes.
Il est intéressant de noter que, selon nous, les seuls flux réels observés vers les actions européennes ont été passifs et largement ciblés vers les banques. Celles-ci sont essentiellement devenues une classe d’actifs à part entière. Les investisseurs ont attendu les performances avant de s’engager, et une fois les résultats obtenus, ils ont réagi. Je pense que l’ensemble des actions européennes sont sur le point de suivre une trajectoire similaire.
Dans ce contexte, notre approche rigoureuse, axée sur la recherche fondamentale et une allocation dynamique, nous a permis de naviguer avec succès entre les fluctuations macroéconomiques tout en bénéficiant des tendances séculaires pluriannuelles.
Cette réévaluation structurelle est alimentée par la réévaluation de secteurs longtemps ignorés : la défense, les infrastructures énergétiques, les télécommunications et même le secteur bancaire. Ce n’est pas un thème commun qui les unit, mais un catalyseur commun : la quête d’autonomie stratégique et de renaissance industrielle de l’Europe. Cette période offre un exemple parfait de la finance comportementale, qui est au cœur de notre philosophie d’investissement. Pendant plus de 20 ans, les marchés européens ont sous-performé. Cette histoire a ancré le pessimisme dans les esprits. Les investisseurs surpondèrent instinctivement les aspects négatifs et ignorent tout signe de changement. Mais la situation évolue. La réévaluation des banques européennes en est un exemple clair. Alors qu’elles se négociaient autrefois à 1,5-2 fois leurs bénéfices, certaines des valeurs les plus mal aimées de la région se négocient désormais à près de 9 fois leurs bénéfices, soutenues par la hausse des taux d’intérêt, l’assainissement des bilans et la générosité des rendements sur le capital. Cette transformation n’est pas seulement le fruit du sentiment, mais aussi d’une transformation tangible du secteur à la suite de la crise financière mondiale et de la crise de la zone euro.
Le plan de relance européen de plusieurs milliards d’euros, d’une ampleur sans précédent, n’a pas encore touché l’économie réelle. Cela se produira vers la fin de 2025 et en 2026. Les secteurs exposés à cette relance, comme la défense, ont déjà enregistré de
solides performances. Il est important de comprendre comment ce type de dépenses fonctionne. La défense est une autre forme d’assouplissement budgétaire. Elle ne sert pas seulement à financer des chars d’assaut, mais stimule des écosystèmes industriels entiers : l’électronique, l’ingénierie, les matériaux. Elle aide également les secteurs en difficulté, comme l’automobile, dont les usines sous-utilisées sont reconverties à la fabrication de matériel de défense. Il ne s’agit pas seulement de défense traditionnelle. Aujourd’hui, les dépenses de défense stimulent l’innovation : technologie des drones, aérospatiale, satellites en orbite basse, IA à double usage. L’Europe investit dans tous les domaines, y compris le secteur privé et les start-ups. Ces changements sont structurels et généralisés.
L’Europe se négocie toujours à des valorisations très faibles. Parallèlement, la BCE assouplit sa politique monétaire et la reprise deviendra petit à petit plus tangible lorsque les mesures de relance seront mises en œuvre. Par rapport aux États-Unis, où l’instabilité
politique, les valorisations élevées et la marge d’erreur réduite prédominent, les arguments en faveur de l’Europe se multiplient. Certes, la Fed finira par baisser ses taux, et la politique pourrait influencer le calendrier, mais le point de départ est très différent. Tout comme pour les banques, les réévaluations ne se font pas de manière linéaire. UniCredit a connu une forte progression, puis a stagné pendant un certain temps au second semestre 2023, avant de reprendre sa hausse. La même chose pourrait se produire au niveau régional : des moments de pause suivis d’un regain de dynamisme.
Plusieurs valeurs du Fonds illustrent la manière dont ces changements stratégiques se traduisent au niveau des entreprises. L’une de nos positions, un fournisseur allemand de premier plan de systèmes de transmission pour chars et plateformes navales, a enregistré un carnet de commandes record grâce à des plans de dépenses de défense pluriannuels. La direction s’est engagée à augmenter sa capacité de production, financée par la trésorerie interne, ce qui témoigne de sa confiance dans la demande à long terme et souligne
le cycle de réarmement européen comme thème d’investissement durable. Un autre contributeur clé au deuxième trimestre est un leader européen des infrastructures énergétiques, dont l’action a rebondi après l’annonce de résultats solides et la révision à la hausse de ses prévisions. Exposée à l’électrification des réseaux, à la demande de turbines à gaz et à la décarbonisation industrielle, la société est en train de s’imposer comme un pilier de la transition énergétique et de la souveraineté énergétique de l’Europe. Dans le secteur des métaux précieux, une société minière cotée au Royaume-Uni a enregistré de solides performances, bénéficiant à la fois de la hausse des cours de l’or et de l’argent et d’une cession stratégique qui a permis de libérer une valeur latente. Dans un contexte de pression sur le dollar, le titre a par-ailleurs servi de couverture au portefeuille, ce qui s’est avéré particulièrement utile compte tenu de notre exposition aux sociétés technologiques et aux semi-conducteurs générant des revenus en dollars américain. Une autre valeur au sein de notre portefeuille est un spécialiste européen des semi- conducteurs de puissance reste une conviction à long terme. Bien qu’il ne se soit pas particulièrement distingué au deuxième trimestre, il est bien placé pour bénéficier à la fois de la reprise cyclique dans les secteurs de l’automobile et de l’industrie, et de la croissance séculaire des infrastructures d’IA, après avoir récemment été certifié pour une utilisation dans les centres de données de nouvelle génération.
Nous voyons également des opportunités dans le secteur industriel européen. Un grand groupe de matériaux de construction présent dans le portefeuille affiche un rendement élevé de flux de trésorerie disponible et a réussi à gérer ses prix et ses volumes tout au long du cycle. Ses investissements dans les technologies de capture du carbone renforcent encore sa capacité à imposer une prime de prix sur les marchés des infrastructures vertes.
L’analyse d’attribution de Brinson indique que la performance du Fonds au premier semestre a été tirée vers le haut par la sélection des titres. En fait, nous avons légèrement réduit notre allocation d’actifs. Cela reflète notre conviction dans la recherche fondamentale et notre conviction que nous entrons dans une phase où l’alpha se trouvera dans les détails plutôt que dans le style. L’époque où l’on achetait les « Magnificent Seven » et où l’on s’arrêtait là est révolue.
Dans le cadre de notre gestion des risques, nous ajustons notre concentration de manière dynamique. Lors de la volatilité qui a entouré le choc tarifaire du « jour de la libération » en avril, nous avons réduit nos 10 principales positions, qui représentaient environ 50 % du portefeuille, à 35 %, élargissant ainsi notre portefeuille de 40 à environ 50 titres. Cette flexibilité fait partie de notre stratégie visant à préserver la convexité tout en misant sur les changements structurels à long terme. Un tournant pour l’europe En résumé, les marchés actions européens ne se contentent pas de rebondir, ils évoluent. Les actions européennes se réévaluent, non pas parce qu’elles sont bon marché, mais parce que leur rôle dans le paysage mondial de l’investissement est en train d’être redéfini. Le second semestre 2025 pourrait offrir des opportunités intéressantes aux investisseurs qui disposent de capitaux à investir ; notamment sur le marché européen, qui est en phase de réévaluation bénéficiant d’un cycle de surperformance à long terme des valeurs liées à la défense, plutôt que de rester exposés sur le marché américain.