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Le début d’année est marqué par un retour affirmé de l’interventionnisme américain sur la scène internationale, tandis que les banques centrales, en particulier la FED et la BCE.
Le début d’année est marqué par un retour affirmé de l’interventionnisme américain sur la scène internationale, tandis que les banques centrales, en particulier la FED et la BCE, disposent d’une marge de manœuvre accrue pour temporiser. Entre résilience macroéconomique, tensions géopolitiques et dynamiques sectorielles contrastées, les marchés financiers évoluent dans un environnement à la fois porteur et incertain.
Le point hebdo d'Edmond de Rothschild Asset Management daté du 9 janvier 2026
Le fait marquant de ce début d’année est le tournant interventionniste et international de Donald Trump.
Au niveau de la Zone Euro, les données d’activité restent par ailleurs positives avec une reprise du crédit qui se poursuit.
Dans ce contexte, EDRAM a maintenu son approche avec une allocation légèrement positive sur les taux, neutre sur les actions et négative sur le dollar tout en maintenant une vue constructive sur le crédit et les taux émergents.
Le fait marquant de ce début d’année est le tournant interventionniste et international de Donald Trump avec l’intervention directe au Venezuela avec l’arrestation du président Nicolas Maduro. En difficulté en interne en amont des élections des mid-terms, Donald Trump suit la doctrine Monroe avec l’objectif de prendre le contrôle des réserves et exportations de pétrole aux dépends de la Chine, accompagné d’investissements des entreprises américaines et l’expulsion des conseillers étrangers notamment chinois et russes. Au vu du prix d’extraction et du montant des investissements à réaliser pour rétablir la production de pétrole au Venezuela, l’impact à court terme sur les prix du pétrole devrait rester limité mais ceci devrait permettre de contenir les pressions inflationnistes à plus long terme.
Cette intervention vient s’ajouter aux tensions de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis avec le Yémen, des Etats-Unis avec l’Iran, et accentue les incertitudes géopolitiques avec des interventions potentielles des Etats-Unis au Groenland, en Colombie ou à Cuba. De son côté, la Chine démontre qu’elle est aussi susceptible d’intervenir à Taiwan avec des exercices militaires d’une ampleur inégalée et menace le Japon d’un possible embargo des biens à double usage civil et militaire après les propos de Mme Taikachi sur la protection militaire apportée par son pays à Taiwan.
Côté européen, cette intervention ne semble pas pouvoir faciliter des négociations qui patinent avec les Russes, même si l’on peut noter une avancée avec un accord entre européens et américains pour donner des garanties de sécurité à l’Ukraine.
Aux Etats-Unis, les données d’activité restent résilientes malgré la diminution du besoin de main d’œuvre avec des postes non pourvus à 7,15 millions versus 7,65 attendus. En effet, l’ISM des services a accéléré en décembre à 54,4 versus 52,2 attendus et 52,6 en novembre. Par ailleurs, la consommation ressort à +2,6% et la croissance à +4,3% sur le 3ème trimestre tandis que l’indice de confiance du Conference Board est également en hausse à 89,1 en décembre. Barkin, membre de la FED, a de fait souligné qu’une plus grande prudence était nécessaire après les dernières baisses de taux.
Après la fin de la réduction de son bilan en décembre, la Fed a pu gérer les tensions grâce à ces outils de refinancement et de reverse repo, bien qu’avec des montants à un plus haut depuis 2021. Elle pourrait envisager de reprendre la réduction du rythme de ses achats de bons du trésor si le marché interbancaire reste sous contrôle jusqu’à la période de prélèvement des impôts d’avril.
En Zone euro, la France n’a pas réussi à faire passer un budget avant la fin de l’année malgré la surprise sur le vote du financement de la sécurité sociale, portant la prévision de déficit à -5,3% pour 2026 et soulignant la nécessité de faire passer des mesures complémentaires pour le contenir à 5% éventuellement par décret ou recours au 49.3.
Au niveau de la Zone Euro, les données d’activité restent par ailleurs positives avec une reprise du crédit qui se poursuit : le taux de croissance des crédits au secteur privé s’élève à +3,4% en glissement annuel en novembre versus +3,0% en octobre. L’inflation de la zone reste sous contrôle avec une inflation totale en ligne avec les attentes à 2% sur un an glissant en décembre versus 2,1% en novembre et une inflation sous-jacente plus faible que prévu avec 2,3% versus 2,4% attendus, soutenue par le ralentissement du prix des biens durables et des services. Cette publication a diminué la possibilité d’une potentielle hausse de taux par la BCE fin 2026.
En Asie, Mme Takaichi a dû donner des gages lors de la présentation de son budget afin de calmer les craintes inflationnistes pesant sur les taux. En Chine, l’inflation est remontée de +0,7 % en novembre à +0,8 % en décembre, portée par les prix alimentaires. Cette donnée diminue l’urgence d’une intervention pour répondre à la faiblesse de l’économie, illustrée par des prix à la production qui restent en territoire négatif -à-1,9% versus -2,1%.
Dans ce contexte, nous avons maintenu notre approche avec une allocation légèrement positive sur les taux, neutre sur les actions et négative sur le dollar, tout en maintenant notre vue constructive sur le crédit et les taux émergents.
Les indices actions européens démarrent cette nouvelle année d’un bon pied, surperformant leurs homologues américains, en partie aidés par la très forte performance des semi-conducteurs et de la défense européenne. Les chiffres de l’inflation en zone euro sont ressortis en ligne, voire en deçà des attentes pour la France et l’Allemagne, alimentant l’optimisme de ce début d’année.
Sur le plan géopolitique, la semaine a été marquée par une série d’événements qui ont ravivé les tensions, notamment l’opération militaire américaine à Caracas ayant conduit à l’arrestation puis à l’exfiltration du président vénézuélien, Nicolás Maduro. Par ailleurs, la Russie a rejeté le plan de paix européen, tandis qu’un pétrolier russe a été ciblé par une frappe de drone en mer Noire, un contexte qui a bénéficié aux entreprises européennes du secteur de la défense.
Notons enfin une rotation nette des actifs en Europe. La thématique value, grande gagnante de l’an dernier, est pénalisée par le retour des investisseurs vers des segments plus chers. Le mouvement d’élargissement du marché s’accélère avec une surperformance spectaculaire des petites capitalisations notamment au profit de valeurs plus cycliques et domestiques.
D’un point de vue microéconomique, les évènements au Venezuela ont soutenu les valeurs de l’énergie et de la défense, à l’image de Rheinmetall, Leonardo ou encore SAAB, dans un contexte d’intensification des tensions. Dassault Aviation a publié des chiffres de livraisons et de commandes 2025 faisant ressortir des livraisons de Rafale supérieures aux attentes. Parallèlement, le secteur technologique bénéficie d’un net regain d’appétit des investisseurs : la révision à la hausse d’opinion sur TSMC, suivie d’ASML, ainsi que l’optimisme de Microchip Technology sur la vigueur de la demande et le relèvement de ses prévisions de chiffre d’affaires, ont de nouveau porté la technologie européenne, notamment STMicroelectronics.
Les marchés américains ont poursuivi leur progression en ce début d’année, portés par deux nouvelles clôtures record du Dow Jones et un nouveau sommet historique du S&P 500, malgré une consolidation en milieu de semaine. Sur la semaine, le S&P 500 et le Nasdaq s’affichent en légère hausse, tandis que le Russell 2000 surperforme, profitant d’un regain d’enthousiasme sur les valeurs cycliques et les Small caps.
Sur le plan macroéconomique, le message reste nuancé. En effet, l’ISM manufacturier de décembre demeure en zone de contraction, confirmant la faiblesse persistante de l’industrie, mais l’ISM services rebondit nettement (54,4), signalant une économie toujours tirée par les services. Les indicateurs d’emploi ADP et JOLTS pointent vers un marché du travail qui se normalise graduellement, bien que la productivité ressorte au dessus des attentes et que les coûts salariaux restent contenus.
L'indice MSCI EM a progressé de 1,64 % cette semaine en dollars américains, jeudi en clôture. La Corée, Taïwan, le Brésil et le Mexique ont progressé respectivement de 6,44%, 3,46%, 2,41% et 1,55%. L'Inde et la Chine ont reculé de 1,16% et 0,05%.
Les dynamiques nationales, qu’il s’agisse de la reprise manufacturière en Chine, de la vigueur des exportations taïwanaises, des accords stratégiques en Corée ou des décisions d’investissement en Inde, illustrent un ensemble hétérogène mais porteur d’opportunités sélectives.
2026 commence avec de très belles performances sur les marchés qui ne se préoccupent pas du risque géopolitique, et notamment sur le marché du crédit qui a très bien absorbé un marché primaire record. Le marché Investment Grade Euro a performé de 0,45% et le marché High Yield de 0.,57% sur la semaine.
Le marché primaire montre un fort appétit des investisseurs avec une semaine record d’émissions, 35 milliards € d’émission sur le marché Investment Grade Euro. La plupart des émissions ont été fortement sursouscrites. Les primes sont quasi nulles et parfois négatives pour certaines émissions. La demande des investisseurs a été soutenue sur les parties longues de la courbe de crédit. Sur la partie Corporate, Veolia, L’Oréal et Amprion ont émis des multi-tranches avec un intérêt plus important sur la souche 20 ans d’Amprion. Sur la parte financière, Deutsche Bank a émis 1 milliard € d’obligations Tier 2 de maturité 15 ans avec une première date de rappel en 2036 pour un carnet d’ordre de 7 milliards €. De même, BPCE a vu son obligation Tier 2, sursouscrite x12. Le primaire sur le marché High Yield devrait démarrer la semaine prochaine.