Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Les frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont ravivé les tensions au Moyen-Orient et immédiatement fait réagir les marchés mondiaux.
Les frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont ravivé les tensions au Moyen-Orient et immédiatement fait réagir les marchés mondiaux. Entre hausse du pétrole, progression de l’or et prudence des marchés actions, plusieurs gérants de Jupiter livrent leur lecture des premières conséquences économiques et financières du conflit.
L'actu marché du 02 mars 2026 par les équipes de Jupiter Asset Management
Le pétrole et l’or progressent : la perturbation du détroit d’Ormuz a fait grimper les prix de l’énergie tandis que l’or confirme son rôle de valeur refuge.
Les marchés actions restent relativement calmes : la réaction boursière demeure modérée, signe que les investisseurs anticipent pour l’instant un conflit limité.
L’incertitude domine pour l’inflation et la géopolitique : la durée du conflit et son extension éventuelle à d’autres pays seront déterminantes pour les marchés.
Par Piers Hillier, Directeur des Investissements
Les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes contre l'Iran ce samedi. L'Iran a répliqué en tirant des missiles et des drones sur des installations et alliés américains à travers la région, notamment en Israël, au Bahreïn, au Koweït, au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Jordanie.
L'activité maritime dans le détroit d'Ormuz, artère vitale pour l'approvisionnement mondial en pétrole, a été gravement perturbée par crainte d'une nouvelle escalade. Le conflit a provoqué une hausse marquée, bien que non menaçante pour l'économie globale, du prix du baril. Parallèlement, l'or, valeur refuge par excellence, a également progressé. Les marchés d'actions ne sont, pour l'instant, que modérément affaiblis, signalant peut-être que les investisseurs s'attendent à ce que le conflit reste relativement circonscrit.
C'est dans des moments comme celui-ci que les avantages de la gestion active de fonds prennent tout leur sens. Tout en surveillant de près la réaction des marchés, nos gérants se projettent également sur le long terme. Dans cet article, cinq de nos gérants de fonds partagent leurs analyses. Nous apporterons à nos clients de nouveaux éclairages à mesure que la situation évolue.
Nous espérons que les clients de Jupiter présents dans la région, ainsi que leurs familles, sont en sécurité et se portent bien en cette période difficile.
Par Ariel Bezalel et Harry Richards, Investment Managers, Fixed Income
Des questions se posent quant à la pression que le conflit exercera sur l'inflation. Cela dépend entièrement de la hauteur de la hausse des prix du pétrole et de la durée de la guerre. S'il s'agit d'un conflit court et intense, les cours du brut pourraient rapidement redescendre à des niveaux gérables.
Si les prix du pétrole se maintiennent à des niveaux élevés (par exemple, avec une hausse de 15 à 20 %), cela deviendra préoccupant. La perturbation de la libre circulation des marchandises dans la région pourrait également accentuer tout choc inflationniste si le conflit persiste.
Il n'y a pas qu'Israël ; d'autres pays de la région, comme l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, sont frustrés par l'Iran depuis longtemps, car ses relais — tels que le Hamas, le Hezbollah et les Houthis — fomentent l'instabilité dans la région depuis des années. L'Iran a désormais directement visé ces pays par des tirs de missiles et de drones. Un champ pétrolifère saoudien a été touché, et une base britannique à Chypre a également été attaquée. Bien que les États-Unis espèrent un engagement circonscrit, on craint que le conflit ne s'élargisse et n'entraîne d'autres pays de la région. Il est important de noter que la Chine achète près de 80 % du pétrole iranien, et que le conflit pourrait restreindre ses approvisionnements. L'incertitude est immense pour le moment, et nous suivrons de très près l'évolution de la situation.
Bien que le renseignement militaire israélien ait prouvé son efficacité, le régime iranien fera tout son possible pour survivre. Nous ne devons pas sous-estimer sa détermination. La question immédiate est de savoir si un pays se proposera pour négocier un accord. Le Qatar et l'Oman pourraient être des candidats potentiels, et il reste à voir si l'Iran est prêt à accepter un compromis.
En ce qui concerne le marché obligataire (fixed income), nous avons observé une légère pentification de la courbe des taux américains (US yield curve), les investisseurs s'inquiétant des répercussions inflationnistes et des coûts de financement.
Par Amadeo Alentorn and Matus Mrazik, Investment Managers, Systematic Equities
Ces événements sont, bien entendu, très préoccupants sur le plan humain, et nos pensées accompagnent nos clients présents dans la région.
Pour ce qui est de l'impact sur les marchés, la réaction des marchés d'actions a été jusqu'à présent assez modérée. Les indices boursiers ont reculé de manière limitée. Cette réaction contenue reflète en partie une certaine anticipation. Nous prenons soigneusement le « pouls » des marchés afin d'évaluer le sentiment des investisseurs. L'incertitude était déjà élevée cette année, et la situation actuelle ne peut que l'accentuer.
Dans de telles circonstances, une approche dynamique de l'investissement est un atout. Nous utilisons des signaux à court et à long terme, et notre modèle alterne entre différents styles d'investissement selon les besoins.
Par Jason Pidcock, Investment Manager, Asian Equity Income
Les marchés asiatiques hors Japon sont en baisse, mais pas de manière significative ; nous avons déjà connu de nombreuses journées avec des mouvements de marché similaires. Dans l'ensemble, cela ne change pas la donne pour l'Asie : la hausse du prix du pétrole enregistrée jusqu'à présent ne va pas freiner la croissance de la région. Toutefois, la Chine est un client clé du pétrole iranien et pourrait donc être impactée. Du point de vue des marchés, nous sommes sereins et pensons que, dans une perspective à long terme, l'impact pourrait être plus positif que négatif. Le prix du pétrole a augmenté, mais pas de façon excessive, en partie parce que cet événement était largement anticipé. Je ne pense pas que quiconque soit particulièrement surpris par ce qui arrive — nous ne le sommes pas.
Je trouve assez révélateur que le cours de l'or ait bondi — au moment où nous écrivons, l'or a progressé davantage que le dollar. Lors des crises passées, les investisseurs se seraient rués vers le dollar ; aujourd'hui, ils se ruent vers l'or. Ce dernier est peut-être en train de s'imposer comme la principale monnaie refuge.
Bien que les événements semblent chaotiques aujourd'hui, on peut certainement soutenir que si le Moyen-Orient est débarrassé d'un Iran menaçant et déstabilisateur, la région a plus de chances de prospérer et de devenir un endroit beaucoup plus pacifique.