Actions
1Obligations
1Flexibles
1Perf. absolue
1L'essentiel de l'actualité patrimoniale et financière pour les CIF, chaque matin dans votre boîte mail.
Volatilité en hausse, tensions géopolitiques ravivées et nervosité politique américaine : les marchés naviguent entre actifs refuges, annonces erratiques et échéances institutionnelles.
Volatilité en hausse, tensions géopolitiques ravivées et nervosité politique américaine : les marchés naviguent entre actifs refuges, annonces erratiques et échéances institutionnelles à haut risque. Un climat instable qui renforce l’intérêt d’une diversification internationale accrue.
Le point hebdo d'Auris Gestion daté du 26 janvier 2026, par Sébastien Grasset, Directeur général
Une volatilité redevenue centrale : La flambée des actifs refuges, la nervosité persistante des marchés actions et l’attention portée aux prochaines publications technologiques confirment un changement de régime marqué par l’incertitude.
La géopolitique comme catalyseur de marché : Entre volte-face douanière de Donald Trump, fermeté européenne sur le Groenland et tensions avec le Canada et l’Iran, les rapports de force politiques pèsent directement sur les anticipations financières.
Un positionnement stratégique sous contrainte politique : À l’approche des midterms et d’une décision potentiellement explosive de la SCOTUS, la diversification internationale — notamment vers l’Asie — apparaît comme un choix de prudence face à la montée de la volatilité.
La semaine écoulée a été caractérisée par une volatilité marquée. Les données du VIX (cf. le graphique de la semaine) ou encore la flambée des actifs refuges l’illustrent (+8,5% sur l’or qui a dépassé la barre historique des 5000 USD ; +14,5% sur l’argent dépassant les 100 dollars l’once vendredi). Les indices S&P 500 et Dow Jones terminent la semaine en légère baisse tandis que le Nasdaq 100 reste en territoire positif témoignant d’une résilience spécifique de la Tech (secteur qui pourrait bénéficier d’une rotation favorable des investisseurs ayant privilégié en ce début d’année une exposition sectorielle US plus diversifiée). Après la déception de vendredi sur Intel, les publications attendues cette semaine notamment pour Apple, Tesla, Meta et Microsoft seront à suivre avec attention (sans oublier ASML en Europe). Le fort recul, la semaine passée, des marchés actions européens est à noter dans ce contexte.
Des menaces à l’accalmie, nous avons assisté à une semaine de « TACO trade » éclair. Si l’économie US reste solide (PIB T3 +4,4 % ; inflation 2,7 % ; chômage 4,4 %), le climat de nervosité persiste. Aussi, le FOMC (même si la probabilité d’un statu quo est très forte) et l’indicateur avancé de confiance des consommateurs US (baromètre de l’anticipation de consommation qui représente environ 70% du PIB américain) attendus cette semaine seront scrutés.
Cette volte-face provisoire de Donald Trump sur les nouveaux droits de douane brandis contre huit pays européens dans le dossier groenlandais reflète surtout l’effet immédiat de la volatilité des marchés sur le personnage. Trump affirme avoir obtenu, via l’OTAN, une coopération sécuritaire arctique renforcée, sans atteinte à la souveraineté danoise.
« Escalate to de-escalate » ou nouvel épisode de l’hubris du personnage cherchant davantage à afficher un territoire plus grand que celui de la Russie (et à en capter, un jour, les ressources) qu’à bénéficier d’un avantage sécuritaire nouveau (les accords de défense en vigueur entre le Danemark et les USA permettent déjà de déployer des infrastructures militaires permanentes et nombreuses au Groenland) ?
Toujours est-il que la fermeté des européens sur le Groenland (suspension de l’accord commercial conclu avec les USA et menace d’activation de l’Anti-Coercion Instrument de l’UE) semble avoir fonctionné, à ce stade… Sur un autre front, le Canada risque d’occuper la Maison Blanche alors que le premier ministre Mark Carney assume un pivot stratégique vers la Chine et une « rupture historique » avec les USA malgré la menace de Donald Trump de droits de douane de 100% sur toutes les importations canadiennes. Autre voix remarquée à Davos, celle du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, aux ambitions présidentielles évidentes, a sans doute donné une partie de la réponse : « grow a backbone and punch back at Trump ».
Cette fermeté n’empêche pas la Maison Blanche de continuer à souffler le chaud et le froid sur le dossier iranien et d’annoncer avoir positionné des navires « au cas où ». Que retenir aussi du Board of Peace, à part une initiative diplomatique presque comique (« Me, Myself and I ») si elle n’était pas tragique pour le droit international ? Cette entité, qui n’a aucun statut onusien, dépasse d’ailleurs de très loin ce que la résolution 2803 (2025) du Conseil de sécurité de l’ONU avait favorablement accueilli.
À Davos toujours, Trump a confondu plusieurs fois “Groenland” et “Islande”, ce qui a conduit plusieurs commentateurs à évoquer le déclin cognitif du président, qui fêtera en juin ses 80 ans, et le 25ème amendement de la constitution américaine. Tout aussi somnolant que « sleepy Joe », sa santé mentale redevient un sujet. Comment ne pas voir dans cette confusion le préfixe « ICE » (« Immigration and Customs Enforcement ») et un lapsus révélateur issu de l’esprit de notre Caligula américain ? Minneapolis est en effet en état de choc après la mort de Renee Good puis celle d’Alex Pretti. Comment rester également insensible face à l’image du petit Liam (5 ans) capturé avec son père puis utilisé comme « appât » pour tenter d’arrêter d’autres membres de sa famille avant d’être placé en détention ? L’ICE risque d’attiser le feu comme en témoigne le retour armé des Black Panthers notamment à Philadelphie et les mobilisations de plus en plus fortes !
Ces tensions ne sont pas étrangères à l’avance robuste des démocrates pour les midterms et qui ressort de tous les grands instituts de sondage, même si évidemment rien n’est acquis. Il ne manque plus que la décision, tant attendue (prochaine fenêtre plausible : le 20 février), de la SCOTUS dont le verdict pourrait être explosif sur la légalité des droits de douane issus de l’« International Emergency Economic Powers Act » (IEEPA). Une annulation pourrait susciter un rallye sur les marchés actions, enthousiasme qui pourrait être vite tempéré par un resserrement des conditions financières américaines, notamment en cas de tensions budgétaires liées au « sous-scénario » de remboursement des droits de douane.
Ce contexte confirme la pertinence de notre positionnement international et diversifié depuis ce début d’année 2026 qui devrait être marquée par l’attractivité de l’Asie (Chine et plus récemment, à certains égards, le Japon) ainsi que par la montée en puissance de la volatilité avant les midterms et les attentes autour de l’IA. L’allusion faite ici à « Ice and Fire » n’a évidemment aucun lien avec « Le Trône de fer » même si la réalité n’a rien à envier à l’imaginaire de George R. R. Martin. Restons positifs et réjouissons-nous des avancées tripartites entre russes, ukrainiens et américains à Abou Dhabi bien que l’Europe y brille encore par son absence.