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Entretien avec Axelle Pinon sur Carmignac : « 2024 est toujours l'année de l'obligataire ! Mais pas que... » Le tour des classes..
Benjamin : On se retrouve sur le plateau de Zoom Invest pour les 20 ans de l’ANACOFI, la convention de l’ANACOFI. Je suis ravi de recevoir Axelle Pinon, membre du comité d’investissement chez Carmignac.
J’imagine qu’Axelle est beaucoup trop jeune, mais cela fait des années que Carmignac participe à la convention de l’ANACOFI. Comment cela se passe ? Qu’est-ce que tu es venue chercher sur un événement comme celui-ci ?
Axelle Pinon : C’est très intéressant pour nous d’être auprès des partenaires, de prendre un peu la température. Ce que l’on voit, c’est que quand on a un bon début d’année boursier, forcément, cela aide pour la bonne humeur collective. On voit plein d’entrain, donc cela fait plaisir à voir.
Benjamin : Bonne ambiance sur le salon. On va rentrer dans le détail. En 2024, on va partir du principe que c’est une année avec de bonnes perspectives. Parlons d’abord de la dette. Est-ce qu’il faut faire de la dette en 2024, comment et pourquoi avec Carmignac ?
Axelle Pinon : Oui, nous pensons que 2024 est encore l’année de l’obligataire, notamment du crédit. Nous avons déjà eu de beaux mois sur les fonds crédit, mais nous pensons qu’il n’est pas trop tard et que les rendements restent extrêmement attractifs.
Si l’on regarde Carmignac Crédit 2029, nous avons plus de 6 % de rendement à échéance. C’est intéressant, mais il ne faut pas le faire en prenant des risques extrêmes. Il faut le faire de manière prudente, sélective, en étant fortement diversifié.
Il faut être fortement diversifié en nombre d’émetteurs, mais aussi utiliser toute la palette du crédit à notre disposition : les émergents, les pays développés, le crédit investment grade, le high yield, et se reposer sur une équipe de gestion expérimentée.
Chez Carmignac, nous avons une équipe en place depuis 2013, qui a connu les différents environnements de marché que l’on a pu voir sur les marchés du crédit et qui gère aujourd’hui quasiment 11 milliards d’euros sur le crédit. Donc : de l’expérience et de la sélectivité.
Benjamin : Pour traduire cela concrètement, le produit à mettre en avant pour aller chercher de la dette avec Carmignac ?
Axelle Pinon : Carmignac Crédit 2029, tout simplement. Six pour cent de rendement à échéance fin février. C’est le produit chez nous.
Benjamin : Deuxième sujet : tout le monde parle d’intelligence artificielle. C’est tout et n’importe quoi. Il faut vraiment s’approcher de ce sujet. Est-ce une thématique qu’il faut mettre dans les portefeuilles de nos clients en 2024 avec Carmignac ?
Axelle Pinon : Question piège. Cela a été la thématique depuis le début de l’année et sur les derniers mois. Nous en avons bien profité dans nos portefeuilles. Cela faisait déjà plusieurs mois, voire années, que nous étions positionnés dessus.
Aujourd’hui, la grande question est : est-ce que nous sommes face à une bulle ? Les chiffres font assez peur. Notre réponse est non, nous ne sommes pas sur une bulle, parce que cette expansion des cours de bourse sur l’intelligence artificielle a été accompagnée d’une hausse aussi impressionnante des résultats.
Nous sommes aujourd’hui sur des niveaux de valorisation inférieurs à 2000, mais surtout inférieurs aussi à 2020. Il n’y a donc pas d’expansion massive des multiples et la valorisation reste raisonnable.
Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas prendre ses bénéfices. Chez Carmignac, nous prenons des bénéfices sur les gros acteurs américains, comme Nvidia, qui ont déjà bien performé, pour les recycler vers des retardataires.
Nous trouvons ces retardataires en Europe, mais aussi en Asie, en Corée du Sud et à Taïwan. Il est aussi intéressant de s’intéresser à toute la chaîne de valeur, et pas seulement à la brique des semi-conducteurs. La chaîne de valeur est très profonde et très intéressante.
Benjamin : Nvidia est le symbole de l’intelligence artificielle, mais l’intelligence artificielle se retrouve dans le cloud, l’automobile, le spatial, les réseaux sociaux, notre vie quotidienne.
Axelle Pinon : Exactement. Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. C’est l’avantage d’un fonds comme Carmignac Investissement, qui en a bien profité sur un an. Le fonds fait quasiment 30 % à fin février et se situe dans le premier quartile de sa catégorie Morningstar.
Mais nous ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier sur l’intelligence artificielle. Nous allons aussi sur la santé, notamment la thématique des médicaments contre l’obésité, dont on a beaucoup parlé ces derniers mois, mais aussi sur des industriels, sur le luxe : bref, un portefeuille diversifié pour le bien-être de la performance.
Benjamin : Diversifié, opportuniste et raisonnable.
Axelle Pinon : Résumé parfait.
Benjamin : Dernière question, parce que c’est l’un des flagships du savoir-faire de Carmignac : est-ce qu’on s’intéresse encore aux émergents ? Sur cette convention ANACOFI, j’ai entendu pas mal d’informations et leur contraire sur ce sujet. Qu’en penses-tu ? Est-ce qu’on va encore sur les émergents, notamment à travers Carmignac Emergents ?
Axelle Pinon : Les émergents ont eu une année, voire plusieurs années difficiles. Ils sont bien à la traîne par rapport aux marchés développés. Ils ont souffert de la Chine et de la géopolitique. Aujourd’hui, nous avons des marchés en retard, ce qui est intéressant dans un marché où l’on a l’impression que tout a déjà beaucoup monté.
Quand on parle d’émergents, on pense directement à la Chine et au côté assez négatif de la Chine. Mais une nouvelle donne géopolitique est en train de s’installer, avec des leaders qui émergent, comme l’Inde, le Mexique ou le Brésil.
Comme pour l’intelligence artificielle, il faut voir la diversification dans les émergents. L’autre clé, c’est la sélection de valeurs, pour éviter d’avoir un risque pays trop important. C’est ainsi que Carmignac Emergents, sur cinq ans, surperforme son indice et sa catégorie Morningstar, en se situant dans le premier quartile grâce à sa sélection de valeurs.
Benjamin : En gros, on évite l’immobilier chinois.
Axelle Pinon : En gros, on évite l’immobilier chinois. Nous avons réduit ces derniers mois et ces dernières années notre pondération à la Chine. Mais nous ne sommes pas à l’abri d’un rebond du marché chinois soutenu par les autorités. Il y a encore d’excellentes entreprises en Chine, qui ont aujourd’hui des valorisations extrêmement faibles. Une fois que le marché deviendra plus discriminant concernant la Chine, on pourrait avoir un début de rebond.
Benjamin : Et là, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle ont leur place dans les pays émergents. C’est un bon moyen d’aller chercher du levier.
Axelle Pinon : Exactement.
Benjamin : Axelle, merci beaucoup.
Axelle Pinon : Merci beaucoup.